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Published on octobre 15th, 2017 | by Gautier Roos

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WEINSTEIN GATE: ROSE MCGOWAN CHAOS ARMY

Un flingue et des roses. Hommage à notre grande dame prêtresse du chaos pour ce mois d’octobre: ROSE MCGOWAN.

C’est un peu la revanche de cette copine grande gueule de 4ème qui défend des causes justes, mais qui gueule bien trop fort pour qu’on la prenne au sérieux. Rose McGowan flingue sur l’hypocrisie hollywoodienne depuis une dizaine d’années, mais il aura fallu attendre cet étrange automne 2017 pour que sa croisade enragée dépasse le cadre du militantisme de salon.
Ok, elle baragouine des trucs pas toujours très clairs sur Twitter; oui, son sens de la ponctuation n’est probablement pas au goût d’Alain Rey; et oui, il lui arrive aussi de produire des inepties de 140 signes à la chaîne. Reste que la petite Rose disait vrai depuis le début. Et qu’on n’avait rien trouvé de mieux, protégés par le confort des cibles faciles, que de se fiche de sa gueule animorphée.

Mardi 13 octobre restera sûrement son coup d’éclat, son apothéose chaos, Twitter passant pas loin de l’implosion fatale. Après avoir, comme bien d’autres, mis en cause l’aîné des frangins Weinstein, Rose constate que son compte Twitter a été suspendu. Elle en fait l’annonce sur Instagram, appelant publiquement à boycotter le réseau censeur, complice de l’oppression des femmes, de l’avilissement des victimes de prédateurs sexuels, et des petites manipulations cracra d’Hollywood. Peu importe que Twitter invoque un autre viol, celui des règles d’utilisation du réseau, en guise de justification (Rose aurait posté une photo avec le numéro de téléphone d’une personnalité publique, ce qui aurait déclenché son bannissement). Le mot d’ordre était lancé, et il était appelé à être entonné par une ribambelle d’artistes avides de justice sociale: #WomenBoycottTwitter.
Janelle Monae, Mark Ruffalo, Anna Paquin, Alyssa Milano, John Cusack, Jane Lynch, ou encore Beau Willimon (scénariste de House of Cards) rejoignent vite le club de soutien, avant tout constitué par une masse anonyme comme Twitter sait les fabriquer. Jack Dorsey himself, le boss dudit réseau, sera sommé de clarifier cette histoire de contenus licites ou non sur la plateforme. La bombe était lancée. Mais le détonateur était activé depuis un bon moment.

Sur Twitter, les gens me disent ‘comment peux-tu parler de sexisme alors que tu as porté ça ?’ Parce que je peux, p*****. Espèce de p***** d’idiot. Parce que si je ne veux rien porter, c’est mon p***** de choix. P*****

(dans la vidéo, Rose McGowan s’explique sur son absence de tenue, 17 ans après les VMA 1998)

Ce n’est qu’un exemple de la prose de Rose, magnifiée par une VF jamais très heureuse (remember son meurtre dans Scream #1). Ce n’est pas un hasard si les doubleurs français l’ont souvent faite passer pour une cruche: la filmo de madame, partagée entre l’épouvante et le teen movie fin de siècle, y a évidemment contribué.

C’est qu’elle est une particularité unique dans le cinéma US récent (on n’ose pas étendre la catégorie à « l’histoire », mais ce serait pas franchement absurde): elle est autant la poupée standardisée qu’on s’arrache sur un campus universitaire que la punkette destroy impossible à foutre dans une case. C’est une princesse autant qu’une weirdo, et contrairement aux déliquescents Lindsay Lohan et Macaulay Culkin, elle a toujours incarné les deux versants en même temps.

Son pétard lancé le 13 octobre 2016 n’avait à l’époque pas alerté grand monde: l’ex en question, c’était Robert Rodriguez, et le distributeur, le sympathique Monsieur Harvey. Alors peut-être que oui, « tout le monde savait ». Mais alors tout le monde se taisait, à l’exception donc de notre distributrice de charbon, pas vraiment soucieuse de soigner ses relations avec les grands studios puisque blacklistée de Hollywood. La suppléante de Prue dans Charmed l’affirme aujourd’hui: c’est un contrat passé avec Weinstein en 1997, calibré à hauteur de 100 000 dollars, qui l’empêchait de parler.

Reconvertie dans la chanson, Rose distribue des châtaignes à foison, et n’épargne pas les tartuffes: son « fuck off » à Ben Affleck reste à ce jour un chef-d’œuvre de concision asséné à l’acteur au menton croupier.

Virée par son agent à l’été 2015, après avoir partagé une note de casting mentionnant « un débardeur noir moulant qui dévoile le décolleté (soutien-gorges push-ups encouragés) », la muse de Gregg Araki est aujourd’hui un cas à part dans l’univers corseté du spectacle US, muselé par des chantages carnassiers.

Depuis Hollywood Babylone, on sait à quel point ce petit monde a partie liée avec le luxe, le stupre, le crime, la drogue, la banque, et ce grand sourire all bright servant à dissimuler le Laguiole planté dans le dos. Qu’on ne se cache pas derrière son (notre?) petit doigt: c’est aussi ce qui le rend fascinant et désirable.

Pour ce qui est du futur biopic de trois heures consacré au producteur déchu de Miramax, un truc par définition scorsesien, on pensera évidemment très fort à toi Rose. #ROSEARMY

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