Story

Published on décembre 9th, 2016 | by Jean-François Madamour

0

VIKINGS STORY

vikingDu sang, de la brume, des batailles homériques, des drakkars et des glaives fièrement brandis. Tels sont les ingrédients des films de Vikings. Kirk Douglas, inoubliable et veillant Viking fêtant ce vendredi ses 100 ans, nous donne envie de revenir sur ce genre épique par excellence.

Les vikings (Richard Fleischer, 1958)
S’il ne devait rester qu’un film sur les Vikings, ce serait celui-ci. Haletant et épique, le long-métrage bénéficie d’un casting en or (Kirk Douglas, également producteur, mais aussi Janet Leigh, Tony Curtis et Ernest Borgnine. Excusez du peu!) et de la splendide photographie de Jack Cardiff. Kirk Douglas, borgne et le visage barré d’une cicatrice, incarne une véritable ordure sans scrupules, ce qui nous change des habituels héros propres sur eux du cinéma d’aventures. Impeccablement mis en scène par un Richard Fleischer en pleine possession de ses moyens, le long-métrage se double d’une reconstitution crédible du mode de vie viking, un peuple finalement trop méconnu. Autant de qualités qui font des Vikings un des plus grands films d’aventures de tous les temps. Rien que ça.

La rue des vikings (Mario Bava, 1961)
Comme cela se faisait couramment dans le cinéma de genre italien, Mario Bava profita du succès du film de Richard Fleischer pour proposer sa propre version du film de Vikings qui n’a d’ailleurs pas à rougir face au classique précité. Malgré un budget beaucoup moins important, Bava signe un film aux images à couper le souffle, dont la photographie superbe bénéficie du charme du Technicolor. Le cinéaste transalpin collabore pour la première fois avec le très charismatique Cameron Mitchell, qu’il retrouvera une seconde fois dans Duel au couteau. Contrairement au chef-d’œuvre de Fleischer, la violence s’avère beaucoup plus frontale et Bava parsème son film de touches érotiques et sadiques propres au cinéma bis transalpin. Un vrai régal pour les amateurs.

Les drakkars (Jack Cardiff, 1964)
On connaissait Jack Cardiff comme brillant chef-opérateur, notamment de African Queen et… Les Vikings, il se révèle faiseur habile avec cette relecture assez opportuniste, il faut le dire, du classique de Richard Fleisher. Historiquement, on peut émettre quelques doutes sur la vraisemblance de tout ce qui nous est raconté (les mecs, par moment, sérieux, c’est pas sérieux). Mais on se réjouit de quelques scènes bien torchées (la tempête avec la drakkar) et surtout de la présence du toujours remarquable Richard Widmark qui a quand même fier allure en viking.

Duel au couteau
(Mario Bava, 1965)
Mario Bava a toujours témoigné dans chacun de ses films un plaisir à varier les genres et un amour pour le cinéma dans tous ses états. Malgré l’inévitable usure du temps, ses œuvres contiennent encore des moments de génie qui se manifestent dans l’utilisation de la lumière, la composition des plans et, plus généralement, la qualité de fabrication. Réalisé sept ans après Les Vikings de Richard Fleischer, Bava propose une nouvelle variation odinesque quatre ans après La ruée des Vikings en pillant beaucoup comme la tradition le veut. A travers l’odyssée de Rurik, joué par le charismatique Cameron Mitchell, notre chouchou transalpin s’amuse à tordre les conventions d’un genre pour en livrer une définition hautement personnelle. Le résultat est stupéfiant, encore aujourd’hui.

Erik Le Viking (Terry Jones, 1989).
Quand l’un des Monty Python s’attaque au film de Vikings, cela donne évidemment une œuvre totalement absurde et décalée, dans la droite lignée d’un Sacré Graal ! Bourré de jeux de mots nonsensiques et de situations over the top, Erik le Viking déploie une mécanique comique proprement jubilatoire. Tim Robbins, bien entouré par John Cleese, Terry Jones lui-même et Mickey Rooney, s’avère franchement génial en Viking bien décidé à en finir avec un mode de vie fait de meurtres et de pillages. Loufoque de bout en bout, Erik le Viking est la preuve que les codes du film de Vikings peuvent donner d’excellentes comédies.

Le 13e guerrier (John McTiernan, 1999).
Magnifiées par une musique de Jerry Goldsmith rappelant les scores de Basil Poledouris sur La Chair et le Sang et Conan le Barbare, les aventures guerrières d’Ibn Fahdlan (Antonio Banderas, impeccable) et de ses compagnons vikings constituent un grand morceau de bravoure. Comme à son habitude, John McTiernan délivre une mise en scène limpide montrant à bien des cinéastes actuels qu’il n’y a pas besoin de secouer la caméra dans tous les sens pour réaliser de bonnes scènes d’action. Seulement voilà, si Le 13ème guerrier est incontestablement réussi sur un plan formel, impossible de ne pas être frustré par les nombreux trous et ellipses que l’on dénombre dans le scénario. La faute au producteur Michael Crichton, qui fit couper une quarantaine de minutes. Reste un trop court moment de pur cinéma, dont on rêve de voir un jour le director’s cut.

Le légende de Beowulf (Robert Zemeckis, 2007).
Robert Zemeckis ou l’innovation technologique au service de l’histoire, la performance capture permettant au cinéaste une liberté totale de mise en scène. Un pari relevé haut la main, tant celle-ci se révèle ample, lyrique et entièrement pensée pour la 3D. Résultat, un spectacle hautement immersif d’une violence franchement inattendue venant de la part du réalisateur de Qui veut la peau de Roger Rabbit ? et Retour vers le futur. Depuis Conan le Barbare, insurpassable en matière de récit épique, il y avait bien longtemps que l’on n’avait pas apprécié un récit d’heroic fantasy narrant l’épopée d’un guerrier légendaire pris dans l’étau d’une histoire familiale tourmentée et malsaine.

Pathfinder (Marcus Nispel, 2007)
Après une post-production compliquée, Pathfinder reçut une sacrée volée de bois vert lors de sa sortie tant le dédain des spectateurs n’avait d’égal que le rejet des critiques. Pourtant, il est indéniable que ce simili-remake du norvégien Le Passeur (Nils Gaup, 1987) offre une illustration passionnante des hommes du nord que furent les vikings. Parce que s’il concède à une certaine volonté de réalisme en les confrontant aux amérindiens, rétablissant ainsi une supposée vérité historique, ça s’arrête là: pour le reste, on baigne en plein dans l’heroic fantasy! Marcus Nispel filme une nature baignée par la brume et le mystère, percée d’éclairages surnaturels, et y installe de zolis vikings. Plus massifs, brutaux et cornus que jamais, menés pour ne rien gâcher par un Clancy Brown à qui le vieux norrois sied fort bien.

Outlander, le dernier viking (Howard McCain, 2008).
N’ayant pas eu l’honneur d’une sortie en salles, cette sympathique série B propose un mélange audacieux de science-fiction et d’aventures barbares. Il fallait oser. Howard McCain s’en tire pourtant plutôt bien et délivre une mise scène maîtrisée, forte de nombreux plans iconiques à souhait. Dotée d’effets spéciaux très corrects, cette libre relecture de la légende de Beowulf, située quelque part entre Le 13ème Guerrier et Predator, ne démérite pas.

Le guerrier silencieux (Nicolas Winding Refn, 2010).
Plutôt que de proposer une énième tentative de cinéma épique, Nicolas Winding Refn, qui avait déjà brisé les codes du biopic avec le génial Bronson, signe le récit contemplatif et sensitif de la descente aux enfers d’une bande de vikings emmenée par One-Eye, un mystérieux guerrier borgne (Mads Mikkelsen, époustouflant). Si quelques rares éclats de violence brutale parsèment la narration, le cinéaste danois préfère mettre en scène un nouveau Aguirre, la colère de Dieu au pays de Thor et d’Odin. Le résultat est ébouriffant de maîtrise et le trip sensoriel ressenti devant ces images déliquescentes est à la hauteur des ambitions déployées.

Spread the chaos

Tags:


About the Author

Ours plumitif.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑