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Published on juin 3rd, 2017 | by Jean-François Madamour

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« TWIN PEAKS – THE RETURN », AU-DELÀ DU CHAOS

Les quatre premiers épisodes de cette nouvelle saison de TWIN PEAKS ont ravi les fans de la légendaire série de David Lynch. Mais une nouvelle génération découvre cet univers fascinant, peuplé de monstres humains et ouvert aux décrochages surréalistes. MERVEILLE CHAOS.

Au début des années 90, la série Twin Peaks a captivé toute une génération des téléspectateurs avec un mystère opaque et une question inhérente au whodunit du film noir: « Qui a tué Laura Palmer ? ». C’est peu dire qu’à l’époque, David Lynch a révolutionné le genre, laissant volontairement des zones d’ombre, quand la télévision traditionnelle, elle, les évitait à tout prix. Mieux, les téléspectateurs qui connaissaient le travail de David Lynch sur Eraserhead, Dune et Blue Velvet, pouvaient enfin découvrir une série qui ressemblait à du cinéma. Les années ayant suivi la diffusion du programme (sur feu La Cinq, dans l’Hexagone) ont permis à de nombreux aficionados de disséquer tous les secrets et les mystères de Twin Peaks. Et Dieu sait s’ils sont nombreux.

Dans de pareilles conditions, on peut comprendre que la reprise de Twin Peaks pour une 3e saison en 18 épisodes de 52 minutes, 26 ans après la série originale, constitue l’un des événements les plus attendus de l’année dans le monde des séries télévisés. Le scénario de Twin Peaks – The Return, écrit par David Lynch avec le co-créateur Mark Frost, reprend l’histoire avec l’agent du FBI Dale Cooper dans le « Black Lodge », là où Laura Palmer (Sheryl Lee) lui avait dit qu’elle le reverrait dans 25 ans.

Bonne nouvelle pour ceux qui souhaiteraient un rattrapage avant de commencer la nouvelle saison: Twin Peaks : Fire Walk With Me, le film tiré de la série et dont l’histoire se déroule avant, est ressorti en salles ce mercredi. Dans ce film, la mort mystérieuse de Teresa Banks dans la tranquille petite ville de Twin Peaks donne du fil à retordre aux agents Dale Cooper et Chester Desmond. Ces derniers vont mener une enquête en forme de charade et découvrir que bien des citoyens de la localités ont impliqués dans cette affaire. Un an plus tard, ce sont les sept derniers jours de Laura Palmer, qui se termineront par la mort brutale de cette dernière, annonçant ainsi le début de Twin Peaks, la série. Donc passer du film à cette nouvelle saison ne comblera pas tous les manques. Pour ceux qui veulent prendre leur temps, il est donc préférable de voir la série avant car l’identité du tueur de Teresa Banks et Laura Palmer est clairement révélée dans le film. La série, plus dense, facilite en outre la compréhension de ce cauchemar halluciné aux allures de rébus, grattant le vernis des apparences pour laisser apparaître un monde en proie aux forces du mal. C’est beau, bizarre, fascinant jusqu’à l’hypnose.

Quid alors de cette nouvelle saison? Pour l’heure, c’est un bonheur. Et ceux qui craignaient un simple revival pour fans sont rassurés. David Lynch n’a pas perdu la main: même sens de l’espace, de la composition des cadres, même tempo anxiogène, même sens de l’humour à la fois grotesque et anxieux. On retrouve tout ce qui fait la puissance -et les fondements- du cinéma de Lynch: routes sans fins qui ne mènent qu’aux pires cauchemars, démons et dualités chargés en symbole, personnages schizos, Amérique perverse, séduction de surface et miasmes pathologies en profondeur… On retrouve aussi d’anciens personnages (l’agent Dale Cooper, Laura Palmer, la femme à la bûche…) et de nouveaux (cet « arbre qui parle », nouvel inconnu dans le « Black Lodge »…). Loin de céder au rabâchage d’effets connus, Lynch en invente de nouveaux, mélangeant passé, présent et futur avec la même puissance que dans Mulholland Drive qui, rappelons-le, était initialement prévu comme un pilote de série. Au dernier Festival de Cannes, c’était l’extase.

Beaucoup imité, Lynch nous rappelle en 2017 à quel point il ne ressemble qu’à lui-même, capable d’instiller une atmosphère profondément déstabilisante par des moyens visuels et sonores. Evidemment, nous n’émettrons d’avis définitif sur cette nouvelle saison que lorsque nous l’aurons finie. Faute de tout comprendre, a fortiori au bout de quatre épisodes seulement, on pourrait presque regarder Twin Peaks sans fil narratif et sans raison, comme une illustration de nos peurs les plus enfouies. Un pur objet de trouille, sur toutes les trouilles, pour le simple plaisir de se foutre la trouille.

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Ours plumitif.



One Response to « TWIN PEAKS – THE RETURN », AU-DELÀ DU CHAOS

  1. ghib says:

    Les 2 premiers épisodes étaient très bon, malheureusement les 2 suivants sont plutôt ratés. Répétitifs, sfx cheap, trop ésotériques, énervants, lents, le côté sitcom disparu et puis Dale Cooper qui joue les gogols pendant 2 épisodes c’est largement suffisant et gonflant.

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