Fox Populi

Published on mars 11th, 2018 | by CHAOS REIGNS

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TOP 5 DES LECTEURS – CÉSAR LEONI #34

[FOX POPULI] Tout le monde peut publier son top 5 sur Chaos Reigns! Vous aussi, donnez vos 5 films chaos préférés au monde pour donner envie de (re)découvrir des chefs-d’œuvre. Sortez vos plus belles plumes, on a tous hâte de vous lire. En attendant, voici le top de César Léoni. Sous vos applaudissements.

Une femme disparaît d’Alfred Hitchcock (1938)
Période anglaise du gros Hitch qui n’allait pas attendre la couleur pour créer du suspense comme plus personne depuis. Un hôtel enneigé, un train qui doit partir coûte que coûte et une passagère qui disparaît semant le trouble chez un couple de néo-enquêteurs formés pour l’occasion. Entre Michael Redgrave et sa dégaine d’Errol Flynn ahuri et ce couple de policiers Dupond(t)esques, l’heure est au croisement du polar et de la comédie. Mais du vrai polar avec rebondissements et intrigue tout autant que de la vraie comédie avec bouche qui s’ouvre et dents qui se montrent. Des images d’effroi reviennent cependant hanter la mémoire de ceux qui l’ont vu comme cette galerie de personnages plus qu’étranges hantant le wagon mystérieux. Un des plus grands Hitchcock.

Wake in fright de Ted Kotcheff (1971)
Rares sont le cinéastes ayant touché du doigt le vrai cauchemar sur pellicule. Ted Kotcheff en est, rejoignant ainsi le Polanski du Locataire, le Boorman de Délivrance ou le Walter Hill de la dernière partie de Sans retour. Des mondes réels, arriérés, peuplés de vrais gens pour qui vie ou mort sont égales. Des rednecks, des hillbillys, des alcooliques, des consanguins: voilà ceux qui peuplent ce bled du bush australien dans Wake in Fright. Un homme « bien sous tous rapports » va tomber en quelques jours dans cet enfer tangible. Jeux pervers, gnôle à s’en faire charcler le palais, bastons contre des kangourous (!!!): le temps est long même si le ciel est bleu dans ce film culte, incrusté dans la rétine de tous ceux qui l’ont découvert. Une version orange bleue de la série Le Prisonnier sans flegme et sans espoir de s’échapper.

Ce cher Victor de Robin Davis (1975)
Le réalisateur de Hors-la-loi et J’ai épousé une ombre de sinistre mémoire. Bernard Blier avec une perruque. Jacques Dufilho en roue libre. L’approche peut faire peur et, pourtant, Ce cher Victor est l’un des plus grands films français des flamboyantes 70’s. Jeu de massacre entre quatre murs, le film évite rapidement les écueils du théâtre au cinéma grâce à des dialogues puissants et à une mise en scène alerte. Voir ces deux vieux amis, forcés de vivre ensemble, se détester peu à peu est un plaisir d’orfèvre pour qui aime le chaos. La veulerie de Blier mise en miroir avec la haine misanthrope de Dufilho atteignent de réguliers sommets jusqu’à une scène de salle des fêtes qui atteint un malaise assez inédit. Étonnant que personne ne se soit penché sur ce film pour un remake ou une adaptation théâtrale (mais tant mieux au vu de la perfection de l’original).

Notre histoire de Bertrand Blier (1984)
Le meilleur Blier + le meilleur Delon = un film OVNI dans la production française. L’ex-séducteur trimballe ses yeux délavés le long de dérives alcoolisées auprès d’une Nathalie Baye pas vraiment charmée par cet égaré, transi d’amour. Le style Blier est poussé à son paroxysme et l’absurde côtoie le poétique à de très nombreux moments. Le curseur morbide de Buffet froid est ici déplacé de la grisaille de la Défense à des hameaux montagnards sans âme. Michel Galabru, Jean Réno ou Jean-Pierre Darroussin errent tels des ectoplasmes mis en vie par les mots de l’un des meilleurs scénaristes/dialoguistes hexagonaux. Alain Delon tord son image et se révèle parfaitement à sa place dans un rôle qui échoirait aujourd’hui à un Poelvoorde ou à un Damiens. Une BO italo-kitsch achève de faire de ce Notre histoire une étrangeté indélébile.

Mort un dimanche de pluie de Joël Santoni (1986)
Il fut un temps où le cinéma de genre français ne s’exprimait pas forcément par le gore. Ce thriller glauquissime plonge les excellents Jean-Pierre Bacri et Nicole Garcia dans les tenailles d’un couple démoniaque (Dominique Lavanant et Jean-Pierre Bisson). Bourgeois VS Prolos dans un home invasion au ralenti où la tension monte crescendo pour s’achever dans des images d’une rare cruauté, impossibles à tourner en 2018. Quelques intermèdes musicaux hors de propos ne viennent pas nuire au traumatisme vécu par cette famille vivant dans une maison à l’architecture étrange, sorte d’Amityville du Pré-Saint-Gervais. La torture psychologique est à son paroxysme et l’expression jouée par Bacri lors dune scène macabre en remontre à tous les comédiens du cinéma de genre. Un film culte qui sort de l’oubli chaque année davantage.

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One Response to TOP 5 DES LECTEURS – CÉSAR LEONI #34

  1. yves says:

    Ah cela fait du bien de lire de bonnes critiques de film !!! et quel style! percussif, imagé, avec un sens de la formule au summum de son art.

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