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Published on avril 5th, 2017 | by Baptiste Liger

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TOP 5 «CHRISTIAN CLAVIER ET LE RACISME»

On a souvent présenté CHRISTIAN CLAVIER comme le symbole du comédien sarkozyste, en raison de son amitié avec l’ancien Président de la République. Mais, à y regarder de plus près, son œuvre montre une proximité naturelle avec une droite encore plus à droite, notamment dans son rapport aux étrangers. Raciste? Ben, euh… A l’occasion de la sortie d’A bras ouverts, retour sur cinq Clavier movies qui, pour une raison ou une autre, peuvent réconcilier Marine, Marion, Florian, Louis et leurs amis.

ON NE CHOISIT PAS SA FAMILLE (2011) de Christian Clavier
Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, ce cher Jérôme des Bronzés a imaginé une comédie autour de l’adoption par les couples homosexuels (ou, en l’espèce, de lesbiennes) en Asie. Deux ans après avoir campé un député socialiste (plutôt) intègre dans La Sainte Victoire, on aurait pu imaginer Clavier sur une pente très progressiste. Mais, voilà, On ne choisit pas sa famille nous offre quelques scènes en Thaïlande que même Luc Besson trouverait limite. Passons sur l’épouse décédée de Jean Reno, dans le film, qui chante comme un chat qu’on égorge, pour mieux nous concentrer sur l’essentiel. Christian Clavier nous prouve en effet qu’en 2011, on pouvait encore oser, avec force accent ultra-prononcé à la Michel Leeb, les plaisanteries sur les grandes oreilles (qui grandissent) et le petit zizi (qui rétrécit) des Asiatiques. Voilà, voilà, voilà…

QU’EST-CE QU’ON A FAIT AU BON DIEU? (2014) de Philippe de Chauveron
Le débat n’en finit pas sur ce succès de box-office cocardier: film qui joue avec le racisme pour mieux le condamner ou prétexte moral pour rire ouvertement de manière raciste? Revival «fédérateur» Oury ou cynisme cherchant à agréger les haines communautaires? Quoi qu’il en soit, on ne compte plus les vannes sur les Noirs, les Chinois, les Arabes – une sur les «roms» aussi… -, résumant pour l’essentiel les personnages en général à leur simple appartenance à une catégorie de la population. Un peu court? D’autant que, rayon cinéma, Philippe de Chauveron n’a aucun sens du rythme ou du cadrage… Son point de vue reste définitivement celui du bon bourgeois français – le père Verneuil un peu réac, campé par Christian Clavier -, héritage à peine assumé des vieux de Funès… Alors, c’était mieux avant?

LES VISITEURS (1993) de Jean-Marie Poiré
«Mais tu es fou, dit?» Tels sont les mots que l’on aimerait lancer à Jean-Marie Poiré en revoyant, aujourd’hui, cette scène dite «culte», qui faisait hurler de rire au début des années 90. «Messire ! Un Sarrasin!» : LA réplique du fidèle serviteur (vaguement) futé mais vilain et nauséabond de Godefroy de Montmirail, terrifié à la vision d’un facteur en 4L jaune qui se trouve avoir la peau quelque peu foncée. Anachronisme, tout ça. C’était tellement drôle qu’il fallait bien remettre le couvert dans Les Visiteurs II – Les Couloirs du temps, avec cette autre punchline de la mort: «Ils sont revenus les malades »… Enfin, les accents prononcés de protagonistes noirs semblent particulièrement amuser le toujours finaud Jean-Marie Poiré, à l’image du serveur black s’exprimant comme un Wallon dans Les Anges gardiens. Il faut avoir de la cohérence et des obsessions, dans une œuvre, non?

TWIST AGAIN A MOSCOU (1986) de Jean-Marie Poiré
On en revient à Jean-Marie Poiré. Toujours. Dans les années 80, l’anticommunisme était monnaie courante dans les films d’action hollywoodiens – de Rocky V à Rambo II en passant par L’Aube rouge ou Invasion USA. Le cinéma français n’étant guère spécialiste de ce genre, il fallait dès lors que cet état d’esprit à la mode passe par notre bonne vieille comédie gaudriole. En effet, pourquoi ne pas se moquer des Ruskofs, hein? Ainsi, ils sont fainéants, alcooliques, combinards – lorsque, bien sûr, ils n’ont pas rejoint le clan des fonctionnaires zélés, obsédés à l’idée de faire des rapports. Et, sachez-le, «même avec une tête de con, un communiste reste un communiste». Ah, aussi, n’oublions pas le mauvais goût musical et les looks atroces des jeunes… C’est ainsi que Poiré, transcendé par Papy fait de la résistance, se lance dans une critique débridée du pays des camarades. Twist again à Moscou? Le «premier film soviétique 100% français», selon la pub. Christian Clavierov y côtoie Philippe Noiretov, Agnès Soralsky ou Marina Vladimirovna. Ah, et histoire de rester à l’Est, Monsieur Preskovic dans Le Père Noël est une ordure, on en parle ?

LES BRONZES FONT DU SKI (1979) de Patrice Leconte
Effet pervers de la cinéphilie, la vision d’une œuvre peut en contaminer d’autres. Ainsi, au vu des titres précédemment évoqués, il est difficile de ne pas voir d’un autre œil la trilogie des Bronzés (le mot gênait d’ailleurs les créateurs, de l’aveu-même de Gérard Jugnot), à savoir sous l’angle d’un certain racisme. Le premier volet montrait naturellement une certaine ironie, sur le tourisme en tant que nouvelle forme de colonialisme. Mais où sont les Ivoiriens, dans le film? Aussi, dans la suite – si savoureuse soit-elle -, on notera que les énergumènes transalpins croisés au refuge s’avèrent, comme le cliché l’entend traditionnellement, très actifs au lit. Au grand dam de Popeye, Jean-Claude Dusse et du malheureux Gilbert (de Jérôme, aussi). Relativisons: on a les french lovers qu’on mérite…

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