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Published on juin 12th, 2018 | by CHAOS REIGNS

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Toni Collette, exceptionnelle dans « Hérédité »

Parmi toutes les bonnes nouvelles de Hérédité, il y a Toni Collette, exceptionnelle en mère hyperstressée. Vous l’avez déjà vue dans Muriel, Sixième Sens, Little Miss Sunshine… Mais vous ne l’avez jamais vue comme ça.

Les acteurs australiens ayant réussi leur entrée à Hollywood sont nombreux, à commencer par Nicole Kidman, Hugh Jackman, Eric Bana, Geoffrey Rush ou encore Hugo Weaving. Autre expatriée dans la capitale américaine du cinéma, Toni Collette, de son vrai nom Antonia Collette. L’actrice australienne née le 1er Novembre 1972 à Sydney, vue dans le meilleur du cinéma indépendant des années 90-2000, de Velvet goldmine (1998) de Todd Haynes à 8 Femmes 1/2 (1999) de Peter Greenaway, est souvent associée au cinéma indépendant. Dans sa terre natale d’abord où, après une poignée de seconds rôles, elle explose littéralement en 1994 avec l’hilarante Muriel de P.J. Hogan. C’est la révélation d’une actrice grimaçante (c’est le rôle qui veut cela, Toni Collette ayant pris dix-huit kilos en sept semaines) dans la peau d’une fan éternelle d’ABBA, rigolote, gaffeuse, maladroite, touchante. Il y a des films comme ça qui du jour au lendemain vous propulsent à l’avant plan. Muriel peut s’enorgueillir d’un énorme succès outre-Atlantique remboursant ainsi cinq fois son budget : sur le sol américain les recettes s’élèvent à 15 millions de dollars. Forcément avec un succès pareil les nominations pleuvent : aux Golden Globes et aux Australian Film Institute où Toni Collette remporte le prix de la meilleure comédienne. Le succès de Muriel ne lui ouvre pas forcément tout de suite les portes de Hollywood et Toni Collette reste fidèle au cinéma indépendant. Elle se distingue tout de même par sa capacité à jouer tous types de personnages, passant d’un univers à l’autre avec aisance, de Jane Austen (Emma, 1997) au glam-rock du clinquant Velvet goldmine de Todd Haynes, à l’univers érotique et expérimental d’un Peter Greenaway avec 8 Femmes ½. Toni Collette aime à s’aventurer dans des expériences dissemblables et variées. Début 2000, M. Night Shyamalan lui offrira le rôle de Lynn Sear, la mère du petit Cole perturbé par un terrible secret dans Sixième Sens. En mère de famille dépassée par les évènements, Toni Collette impressionne et trouve ici l’un de ses rôles les plus marquants (elle reçoit quand même sa première nomination aux Oscars). Dès lors les rôles changent, les films aussi. L’australienne passée à l’étape supérieure, enchaîne avec des productions de tous genres : Shaft, Dérapages incontrôlés et The Hours de Stephen Daldry. Curtis Hanson l’impose dans In her shoes aux côtés de Cameron Diaz. En 2006, le succès est à nouveau au rendez-vous avec un petit film multi-primé à travers le monde, Little miss Sunshine. Toni Collette s’impose une fois de plus dans l’univers des réalisateurs Jonathan Dayton et Valerie Faris et prouve qu’elle excelle toujours autant dans un registre émotionnel. En 2009, elle obtient le rôle principal de la série United States of Tara, créée par Diablo Cody (scénariste de Juno), pour lequel elle a obtenu le Golden Globe de la meilleure actrice dans une série comique. On est content pour elle.

Aujourd’hui, Toni Collette incarne la figure centrale d’Hérédité, mère d’une famille hantée par le fantôme de leur grand-mère décédée. Ironie du sort : la comédienne s’était engagée à n’accepter que des films légers et drôles. Face à la robustesse du script et ayant vu les courts du virtuose Ari Aster, elle n’a pas pu refuser : « J’avais bien dit à mon agent : « J’ai assez pleuré. Je suis fatiguée. Je ne veux plus faire de films émotionnellement lourds. Je ne veux faire que des films drôles qui sont légers et qui font que tout le monde se sente bien, mais ce scénario-là, que mon agent m’avait sciemment envoyé, était tellement génial que j’ai fini par lui dire : « T’es un enfoiré de me l’avoir envoyé, parce que maintenant je suis obligée de le faire ! Quand on lui demande comment elle interprète Hérédité, qui manie l’art du malaise et de la surprise avec maestria, elle répond : « C’est un film sur l’éveil. C’est juste que la plupart des éveils tendent à avoir un sentiment d’espoir et de changement positif, et la partie la plus effrayante de cette histoire est que l’éveil est la réalisation qu’il n’y a pas d’espoir. Et c’est pourquoi c’est horrible. » Pas de quoi rire, effectivement… Une chance en tous cas qu’elle ait accepté ce rôle-là, elle y est époustouflante.

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