Story

Published on octobre 26th, 2017 | by Jeremie Marchetti

0

STEPHEN KING STORY

2017, avec sa rasade d’adaptations Kingienne (Ça, La tour Sombre, Mr Mercedes, 1922, Jessie, la série The Mist et bientôt Castle Rock) et de ressorties (CARRIE!), a donné envie de dépoussiérer les étagères et de refaire une ballade dans le Maine. Sans aucun doute le romancier horrifique le plus porté à l’écran, STEPHEN KING a été responsable du pire comme du meilleur, avec ou sans sa permission. Pour le bon roi, le chaos fait un un tour d’horizon express et non exhaustif en guise d’état des lieux.

Les plus frustrants Salem’s LotITUn élève doué
Tobe Hooper était un choix parfait pour adapter le sublime Salem’s Lot. Pas les contraintes télévisuelles. Résultat? Une adaptation fidèle et polie qui rame à retrouver la sève morbide du bouquin. Même constat mais en pire pour le mastoc Ça, petit frisson de millenials prompt à ramener à de l’horreur grand public. Sorti du succès de Usual Suspects, Bryan Singer tente d’adapter une des nouvelles les plus extrêmes de King, où un lycéen psychopathe fait chanter un vieux nazi. Trop risqué et ne supportant point la liposuccion hollywoodienne, le résultat fait flop malgré un bon cast.

Les plus «honnêtes»  La part des ténèbres Dead Zone
Soient respectivement George A. Romero et David Cronenberg. Deux réalisateurs qui sortent de leur zone de confort (l’horreur sociale pour l’un, les tourments de la chair et de l’esprit pour l’autre) pour adapter Stephen King, et à défaut de livrer des chefs-d’œuvre impérissables, livrent deux film solides et racés. On pourra peut-être lui préférer Dead Zone avec son Christopher Walken magnétique et Charlie Sheen en Donald avant Trump.

Les «plus jamais ça» Le fléauLes TommyknockersLes Langoliers
On aime bien la sublime intro de The Stand, avec son charnier filmé sur fond de Don’t fear the reaper. Moins les 4h qui suivent. Personne n’apprend de cet échec (tant que l’audimat fait oui oui), et on se retrouvera avec Les Tommyknockers et Les langoliers, deux autres mini-séries maxi dégâts pas loin du bon nanar boursouflé.

Le plus contesté Shining
Le Shining de Kubrick, c’est un peu l’élève brillant qui n’a pas voulu suivre les consignes de son professeur. Désintéressé par le bouquin, désintéressé par les personnages (surtout celui de Wendy, réduite à une serpillière hurlante), désintéressé par King, Kubrick en fait son jouet, devenu l’indémodable et vertigineux cauchemar que l’on connaît. En 97, le brave Mick Garris en fera une version ultra fidèle pour la télé pour venger l’honneur du King. Un résultat plus sympathique qu’on ne le dit…

Les plus «on s’en fout quand même un peu» Dreamcatcher 1408Fenêtre secrète
Alors que le grand nabab hollywoodien Lawrence Kasdan nous sert des aliens venus du cul (Dreamcatcher), David Koepp (Fenêtre secrète) et Mikael Håfström (1408) nous font du sous (sous) Polanski. Les gars, c’était vraiment pas la peine.

Le plus émouvant Stand By Me
On peut dire ce qu’on veut, mais le paquet de kleenex reste toujours vide lorsque le générique de fin de Stand By Me défile. Un teen movie amer et mélancolique, fifties jusqu’au bout de la gomina, loin des clowns bouffeur de gosses. Quelle merveille.

Les plus «noir c’est noir» The MistSimetierre
On pourra toujours reprocher à Frank Darabont son petit budget ô combien visible (photo et fx très télévisuels), mais on ne se remettra jamais de cette montagne russe du désespoir en guise de final pour The Mist. Pour la première fois, une adaptation ose aller plus loin que la nouvelle qu’il adapte, le tout à une époque on l’on attendait plus rien de l’addition King + Cinéma. À tel point qu’aujourd’hui, la simple évocation de Lisa Gerard fait frissonner et nous renvoie dans cette brume venue d’ailleurs, sous les pieds des géants. En 1990, une autre adaptation mettait elle aussi tellement mal à l’aise qu’on avait la crainte d’y retourner. C’était le coup de génie de Mary Lambert qui avec Simetierre s’emparait d’une œuvre si morbide que même King l’avait renié. Pari réussi.

Le plus «revoyez-le tout de suite maintenant» Christine
Le «Carrie masculin» de King (si on veut). Une série b d’une classe infinie, aux images ciselées et hypnotiques, qu’on range très bizarrement et trop facilement dans les petits Big John. Eh, remontez en bagnole, ça vaut le coup. Vraiment. Infiniment. Totalement.

Le plus franchisé Les enfants du maïs
Qui aurait cru qu’une simple nouvelle (présente dans le recueil Danse Macabre) puisse ouvrir la voie à une saga de plus de 9 films?! Un mystère complet qu’on ne vous invitera pas à vérifier, excepté peut-être pour le premier film, remake ricain pas assumé des Révoltés de l’an 2000 qui brille par une ambiance inquiétante et de jeunes acteurs aux gueules déglinguées. Pour le fun, laissez vous tenter par les épisodes 2 et 3, de gentils hits de vidéos-clubs 90’s, mais évitez d’aller plus loin sous peine d’ingestion de pop-corn périmés.

Les plus à réhabiliter Sleepwalkers, Le Bazar de l’épouvante, Les ailes de la nuit
Adaptation d’un scénario original de King, Sleepwalkers (ou La nuit Déchirée) se traîne une vilaine réputation de Z depuis des années à cause de ses maquillages craignos. C’est pourtant le meilleur film de Garris avec son Critters 2, jeu de massacre orchestré par un couple incestueux issu d’une lignée d’hommes chats craignant…les chats. Bref, si on aime Alice Krige (ici impériale), Madden Amick, les caméos improbables (King, Clive Barker, Tobe Hooper, Joe Dante), Enya et les félins, on a tout gagné. S’attaquant quant à lui à un pavé indigeste (faut le dire) du maître, Le bazar de l’épouvante s’en sort avec les honneurs même dans sa version salles (le film atteignait les 3h en version tv). Et difficile de ne pas avoir une certaine tendresse pour le très glauque Les ailes de la nuit (ah ce final…), où un journaliste poubelle a la malheur de rencontrer un Dracula volant.

Le plus beau Carrie au bal du diable
On pourrait le dire daté et pas si spectaculaire que ça. Mais le maniérisme baroque de De Palma a fait du roman, plutôt moyen, de King un teen movie triste et dévastateur toujours aussi inébranlable.

Les plus «une petite place pour Stephen» CreepshowDarkside
Deux anthologies sinon rien. D’abord avec copain Romero où King s’est amusé à rafistoler des histoires issues des bd Tales from the Crypt, qui vaut aujourd’hui principalement pour son visuel cartoonesque. Puis dans une adaptation ciné d’une série d’horreur populaire outre atlantique, le temps d’un récit, King lance un chat noir à l’assaut d’une famille bourgeoise. C’est évidemment très con et en même temps peu de chance de revoir au cinéma un matou bouffer les entrailles d’un quidam de l’intérieur.

Les plus «Kathy Bates Show» MiseryDolores Claiborne
Un oscar et un Golden Globes: le décollage sensass de Miss Bates passera par la voie Kingienne. Après Stand By Me, Reiner récidivait brillamment avec Misery, grand thriller «casse-pieds» toujours aussi réjouissant. Après un caméo dans Le Fléau en animatrice radio, l’actrice, génialement éloignée des standards hollywoodien, frappe un fois de plus très fort dans Dolores Claiborne, drame familial somptueux et rude où elle fait face à la géniale Jennifer Jason Leigh. En l’état, le roman est splendide, le film peut-être encore meilleur. Bonne pioche.

Les plus eighties Cat’s eyeFirestarterPeur BleueCujo
Le label King est lancé, et on ne l’arrête plus. Ce qui explique l’hallucinant enchaînement d’adaptations au début des 80’s, grâce à Dino de Laurentis, toujours prêt à flairer le bon coup. Le bilan est joyeusement positif: des films bien emballés qu’on revoit toujours avec grand plaisir, même s’ils frôlent la cata (Firestarter sauve le coup avec un final incendiaire, Silver Bullet rachète ses maquillages minables avec une chouette ambiance). Cujo et son huis clos baveux donnent toujours envie de s’accrocher au siège. Cat’s Eye amuse la galerie avec ses histoires gentiment cruelles.

Les plus «MEH» Running Man – Maximum Overdrive – Le cobaye
Dans l’intérêt général, on les évite, mais la fascination (malsaine) demeure. Running Man transforme un brûlot incendiaire en sous-Rollerball dans la production la plus oubliée de Schwarzy. Maximum Overdrive donne l’occas à King de briller derrière les caméras, et rate son coup passé une introduction apocalyptique (avec des gosses écrasés au rouleau compresseur et un distributeur de canettes psychopathe). On finit avec un festival de camion qui font tutut sur fond de AC/DC. C’est non. Le cobaye quant a lui, est une fausse adaptation de King voulant faire mumuse avec les premiers effets spéciaux par ordinateur: c’était assez affreux à l’époque, encore plus aujourd’hui, mais pas autant que sa suite.

Les plus «I want my Oscar»: Les évadésLa ligne verte
D’abord scribouillard pour séries b horrifiques, Darabont se révèle élève appliqué et classieux avec deux adaptations très éloignées de la verve horrifique du King mais qui feront du bruit. De beaux films académiques qui auront la chance de marquer alors toute une génération mais ne rafleront paradoxalement aucun Oscar.

Spread the chaos

Tags:


About the Author

Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑

error: Chaos Reigns !