Quartier Interdit

Published on juillet 13th, 2017 | by Jeremie Marchetti

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QUARTIER INTERDIT. THE WEIGHT. Kyu-hwan Jeon, 2012

Don’t be surprise: tous les films sud-Coréens chaos n’ont malheureusement pas la chance de venir jusqu’à nous. C’est le cas par exemple pour The Weight qui, après une petite tournée des festivals fructueuse, rentra sagement dans son pays d’origine. Trop peu de budget pour une sortie salle? Trop glauque? Trop «trop»? On pourrait spéculer longtemps, on n’aura pas la réponse. Ce qui n’empêche pas The Weight d’être diablement intéressant, vraiment chaos par tous les pores.

C’est sur une Corée de rêve, amidonnée, chaleureuse, touristique, que s’ouvre le film: un carton annonce peu fièrement que tout ce que l’on voit ne ressemble en rien à l’univers où vit notre personnage principal. Morgue sous l’orage, atmosphère gothique, un gamin n’arrive qui plus à chanter pour son grand-père défunt: autour, s’active Jung, un bossu apathique qui vit, mange, respire avec les morts 24h sur 24. Son handicap ne lui donne guère envie d’aller ailleurs, trop marqué par une éducation abusive. Sa sœur traîne aussi un fardeau: transsexuelle, elle rêve de se faire opérer, mais vit un enfer en attendant le jour J.

Un tableau intime qui ne vit pour pour le beau bizarre et les détails scabreux: on ne parle pas pour une fois de vengeance ou de fantômes, et ça fait un peu du bien. Mais comme dans 90 % du cinéma sud-coréen, le tableau dressé du pays y est d’un nihilisme sans pareil, décrivant tous les personnages comme autant de monstres à la dérive. Les 20 premières minutes, hallucinantes, épousent même le point de vue des cadavres quelques heures avant leur décès, avant de voir un homme coiffé d’un casque de moto violer un corps inerte. Pas de cadeaux. Au milieu des macchabées, on voit deux corps, vivants eux, tentant tout de même d’aspirer à la vie, sans succès. On danse comme des marionnettes encore attachées à leur fil, ou dans des ballets imaginaires. On cherche le plaisir, sans jamais le trouver.

Oui, The Weight est pas franchement rose-bonbon, plutôt du genre à vomir sa bile noire en s’accrochant à une poésie inopinée (papillons et oisillons symboliques de rigueur). Mais il ne ressemble qu’à lui-même, et c’est très beau en soi, se refermant alors tel un un cercueil sur des amours mortes et impossibles. Ah oui, on aime bien.

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Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



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