Quartier Interdit

Published on septembre 30th, 2017 | by Jeremie Marchetti

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QUARTIER INTERDIT. HIDDEN. Jack Sholder, 1987

En 1987, le cinéma de genre sentait un souffle chaud sur sa nuque, un vent de folie et de nouveautés qui ne mènera hélas sur…rien. Au milieu de Hellraiser, Histoire de fantômes chinois, Evil Dead 2, Prince des ténèbres ou Angel Heart (excusez du peu), trônait aussi Hidden, série b engageante et pas prétentieuse pour un sou qui combinait SF, body horror et buddy-movie, genre grand public qui connu également l’année suivante un sacré croisement avec le film de zombie dans Flic ou Zombie. Quelle époque les enfants.

Revenons à Hidden, et sa mémorable affiche française: le label Avoriaz qui bouffait alors 2/3 de l’espace, une image qui s’imprimait sur la rétine (un rayon émergeant d’un corps flingué), le petit médaillon NRJ qui venait s’incruster et cette tagline qui ne voulait rien dire (personne ne peut se cacher de…HIDDEN). Bref, on était bien. Hidden ne valait peut-être pas un Grand Prix à Avoriaz (à une époque où ça voulait encore dire quelque chose), mais il remplissait clairement son office. L’idée d’un film à la fois carré et décomplexé, avec un concept trop con/trop bon, soit une une larve de l’espace passant de corps en corps dans l’espoir de foutre le boxon à Los Angeles. Trop chaos.

Comme il se doit, la première scène en met plein la vue: une vidéo de surveillance qui tourne mal en guise de générique de début, un lettrage fluo de bon goût, et un monsieur tout le monde en plein pétage de câble. À bord de son bolide vrombissant, le bonhomme plante une mère de famille dans le décor, écrase un handicapé, force les barrages de police tout en se dandinant sur un air de hard rock. Il faudra une armée de flics et plusieurs balles pour seulement le calmer! À l’hôpital, la créature à l’intérieur du quidam quitte son enveloppe humaine (un grand moment gerbant) pour posséder un autre malade, qui s’en va gambader dans les rues pour continuer son œuvre destructrice. La police est évidemment sur les dents, jusqu’au moment où un agent du FBI paraît comprendre exactement tout ce qui se trame. Et là, il faut saluer la choix de Kyle Maclachlan, sorti de Blue Velvet, en agent déterminé et un peu cryptique, cachant un drôle de gun dans sa poche arrière. Un rôle qui trouve une résonance désopilante aujourd’hui, tant le personnage semble être un condensé avant l’heure de l’Agent Cooper de Twin Peaks et même de Doogie, le RainMan lynchien de la saison 3. Mention spéciale à la découverte des cachets d’aspirine, so Doogie.

Pendant ce temps, l’alien masqué s’offre des scènes méchantes et jouissives, avec un modus operandi créant malaise et interrogation dans la foule: il voit, il veut, il prend. Même venu d’une autre galaxie, pas de problème pour comprendre notre beau système capitaliste, devenant alors vite un grand fan de Ferrari devant l’éternel. Des scènes parfois «autre» qui pourraient rappeler là encore quelques scènes de la saison 3 de Twin Peaks, où les personnages ne se gênaient pas pour faire des choses horribles et absurdes sans que la mise en scène s’emballe.

On rit jaune lorsque l’on comprend aussi que la créature veut graver les échelons pour devenir peut-être un grand homme politique! À l’heure actuelle où le président des états-unis est une grosse carotte blonde qui regarde une éclipse sans lunette, ça se passe évidemment de commentaires.

En guise de grand moment bis, la possession d’une strip-teaseuse, inoubliable Claudia Christian, maniant le gun comme jamais et permettant à la créature de se découvrir de nouveaux talents charnels. Spectaculaire juste comme il faut, gentiment fun sans à avoir appuyer sur tous les boutons, Hidden exhale encore une jolie vapeur de vidéo-club.

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Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



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