Quartier Interdit

Published on mars 27th, 2017 | by François Cau

0

QUARTIER INTERDIT. GARV: PRIDE AND HONOUR. Punit Isarr, 2004

Dans mes jeunes années, j’avais la rébarbative habitude de qualifier de « fasciste » toute œuvre un peu olé-olé avec la notion de justice expéditive. C’était avant de voir Garv: Pride and Honour de Punit Isarr (rien que le prénom du réalisateur exhale la rétribution). Un brûlot sécuritaire à faire passer Paul Kersey et l’inspecteur Harry pour des putains de hippies pleurnicheurs. Cet étalon de radicalité, à l’échelle duquel tout élan de gourmandise sanguinolente pour le respect de la loi se mesure, mérite bien un roman-photo.

Ouf.

Indice chez vous : le titre du film en superposition du drapeau indien, généralement, c’est très bon signe.

Notre héros, Arjun, apparaît entravé aux portes du tribunal de Mumbai. « Pendez-le !« , « Assassin ! » scande la foule.

Inflexible, dur et turgescent comme la justice,

il résiste à la torture en transpirant un peu.

Comment en est-il arrivé là ? Time for un flash-back muscu.

Gni.

Gniiiiiii drôle de façon de commencer un flash-back, quand même.

Ah, le vif du sujet : Arjun et son pote viennent d’assister à la relaxe d’un maquereau qu’ils avaient pourtant coincé en bonne et due forme. D’où cette métaphore vestimentaire un peu hardie.

Le gangster, chaud chaleur, ose la familiarité de trop avec Arjun.

Le truc à pas faire.

Et c’est parti pour un gros passage à tabac, interrompu au bout de deux minutes par les collègues d’Arjun et l’avocat du pimp.

Arjun se calme lors d’un interlude chanté-dansé mouillé-mouillé avec une danseuse de cabaret sous le charme de ses pectoraux.

Sur le chemin du retour, Arjun recroise le mac relaxé, accompagné de quelques amis et d’une fille de mauvaise vie, une bouteille d’alcool à la main. Le mec n’a décidément rien compris et dit en gros qu’il va trouver la sœur d’Arjun et la prostituer.

Oh boy.

Arjun lui latte les burnes,

descend tous les hommes de main,

s’empare du pimp et lui pète une jambe,

le roue de coups puis lui pète un bras,

puis l’autre bras,

avant de lui tirer DIX balles dans le buffet.

Le lendemain, Arjun se fait réprimander par ses supérieurs, sous le fallacieux prétexte qu’il a exécuté une demi-douzaine de personnes en pleine rue.

Arjun ne se démonte pas.

Il a bien bossé son argumentaire. En gros, « vous savez très bien que j’ai raison et que c’est comme ça qu’il faut faire ».

Regardez comme le pleutre de gauche (#CommeParHasard) baisse la tête.

Inspirée par tant de virilité, la police de Mumbai crée une brigade spéciale d’intervention, dont la mission consiste à tirer sur les suspects à vue.

A chaque exécution sommaire,

Arjun apparaît en surimpression et fait une croix avec la main comme pour cocher la vermine abattue sur son cahier Clairefontaine.

Les mecs ne laissent aucune chance.

Pendant ce temps, dans un pays random qui ne trahit absolument pas l’obédience des bad guys,

le boss final, Zafar Supari, attend la 47e minute pour se montrer, pas super jouasse qu’on lui bute ses hommes comme des malpropres.

Forcément, il est de mèche avec la valetaille politicarde droit-de-l’hommiste.

Arjun en a vu d’autres.

BAM !

Point Godwin !

Assieds-toi sur ma rhétorique et dandine.

– T’inquiète sœurette, personne ne te prostituera tant que mes abdos luiront dans le soleil d’automne.

– Hmmm ok

– Dansons, sœurette.

– Hmmm ok

Arjun et son bro poulaga s’en vont pister des tueurs de Zafar dans un nightclub, et c’est une deuxième choré d’affilée, avec la danseuse chaudasse de tout à l’heure.

Les mecs sont faciles à repérer : ce sont ceux qui fument et sniffent de la coke littéralement en plein milieu du club.

D’où gunfight, où les fumiers abattent de l’innocent clubber à la dizaine avant de décéder sous les balles du Bien.

Zafar envoie des sbires menacer la sœur d’Arjun…

… qui descend le sbire de 7 balles. Il s’adoucit.

La preuve, il retourne voir sa danseuse.

Il lui fait même une choré médiévale (?) pour la séduire.

Accusé de corruption du fait de sa confession musulmane, le bro d’Arjun file la métaphore vestimentaire inaugurale et se désape pour montrer ses blessures par balles. Chaud.

Non mais c’est vrai mec, calme-toi un peu putain.

– Alors, ça va pas mieux ?

– Si j’avoue

Allez zou, choré en chemise rose.

Le supérieur ripou d’Arjun tente d’étouffer son enquête sur Zafar.

Le con.

La croix, toujours.

Zafar en a ras la casquette d’Arjun. Mais plutôt de s’en prendre à lui directement, il bute son bro.

Arjun est tristesse.

Retour au procès. Le procureur insulte copieusement la sœur d’Arjun.

Oh boy.

Forcément.

La sœur d’Arjun, quitte à perdre son honneur, vient raconter l’horrible vérité à la cour.

Elle s’est faite kidnapper et gang raper en fisheye par tous les bad guys du film, ripoux, politiciens et mafieux réunis.

Inévitablement, Arjun a débarqué en force,

a buté tous les gardes à l’entrée,

il a vidé ses chargeurs,

s’est défoulé au marteau,

à l’épée,

puis a tabassé Zafar pendant deux minutes

avant de le transpercer une bonne dizaine de fois dans une pose équivoque.

Les méchants sont mis en examen, et Arjun libéré.

OK, le mec est un sociopathe, mais son cœur est au bon endroit.

Et on avait dit « pas les sœurs ».

PartagezShare on Facebook0Tweet about this on TwitterShare on Tumblr0Pin on Pinterest0Share on Google+0Email this to someone


About the Author

Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑