Quartier Interdit

Published on mars 8th, 2017 | by Jeremie Marchetti

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QUARTIER INTERDIT. EMOÇÕES SEXUAIS DE UM CAVALO. Sady Baby, 1984

Sady quoi? Baby qui? Tout est dans le nom: tête d’ange, diable au corps. Ça ne vous dit rien? Non évidemment, et c’est normal. Même votre serviteur a des doutes, c’est dire. Au pays de Jose Mojica Marins, l’autre icône ultra-chaos du Brésil, il y avait Sady Baby, quelque part entre la star chaos oubliée et la légende urbaine, barjo du ciné underground, équivalent tropical de notre bon Michel Ricaud (Corps de Chasse et autres Sexandroïde, grands classiques du hard dégueulasse). Un mec improbable, tendance boucle d’or version serial niqueur, prônant une sexualité libre et la levée des tabous: devant ou derrière la caméra (souvent en compagnie d’un certain Renato Alves), il compte à son actif quelques productions improbables, tendance porno à deux sous tournés dans des conditions insensées durant les 80’s. Et le contenu lui aussi, est totalement, absolument, follement, insensé. Vraiment. Partez, pauvres fous, il est encore temps.

Aux dernières nouvelles derrière les barreaux (pour des abus sur une mineure de 17 ans «très épanouie», selon ses dires), papa d’une quarantaine d’enfants (???), l’homme n’en démord pas: le cinéma n’est (toujours) pas assez transgressif. Alors Sady Baby lâche tout, montre tout, chaos portes ouvertes. En digne représentant du bonhomme, Emoções Sexuais de Um Cavalo (ce qui signifie Sexual Feelings of a Horse, ce qui veut dire..bref, vous avez compris) est peut-être le film préféré de son auteur, qui y aurait mis selon lui «beaucoup de lui même». Ah oui mais à quel point? Justement, ça on ne sait pas…

Trimballant sa carcasse dans la cambrousse, Sady Baby se dispute un bout de viande avec un chien et viole une fille dans un cercueil. La suite, elle, fait tout ce qu’on n’attend pas d’un porno: un couple gay est violé par un militaire travesti (avec la musique de Xanadu parce que bon, quand même), puis remet ça dans une chambre avant d’être interrompue par deux harpies (très excitées par le spectacle). Pendant ce temps, une fille nue se frotte contre un âne. Ah. Quand Sady Baby ne viole pas une femme ou ne tue pas des gens, tout le monde se réunit dans une partouze façon tournée des bars chez Ginette, où ça s’enfile sur fond de Abba et d’accordéons. Un cheval arrive, et les participants, manifestement très gourmands et très «open», se ruent sur son gigantesque membre. Brigitte Bardot adore déjà. En guise d’apothéose, Sady Baby découpe des gens à la tronçonneuse et part vers de nouvelles aventures.

Beaucoup de questions, une petite envie de vomir (ou une grosse, tout dépend de votre tolérance) et peu de réponses: d’un côté, une violence anarchisante et crasse; de l’autre, une célébration de toutes les sexualités, de tous les corps, dans un hédonisme cracra ou ça s’enfile dans la bonne humeur. Tantôt mignon (deux filles s’ébattant dans une cascade, deux hommes s’aimant sur du Vangelis), tantôt atroce, tantôt joyeux, tantôt déglingué. Le doute est immense, le mystère demeure. La même année, d’autres films aussi similaires qu’improbables verront le jour: le très violent No Calor bo Buraco (avec un cochon à la place du cheval) ou le plus «gentil» Mafia Sexual, où on assiste à un cunnilingus sur fond de Oh Susie de Secret Service. Beaucoup trop chaos, on vous dit.

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Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



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