Mon CHAOS à MOI

Published on septembre 17th, 2016 | by CHAOS REIGNS

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PHOTOMATON #09 : ANAÏS VOLPÉ

photomatonLa rubrique PHOTOMATON met en lumière ceux qui font le cinéma. Neuvième invitée: ANAÏS VOLPÉ

Quelle est votre profession?
A la base comédienne (principalement dans le théâtre) puis par la suite, depuis peu, réalisatrice.

Quel est votre parcours?
Plutôt chaos. Au début je voulais travailler dans les arts plastiques, je passais beaucoup de temps à l’Académie de Dessin de Toulouse quand j’étais au lycée. Mais je faisais aussi du théâtre, j’adorais ça. A dix-sept ans j’ai décidé de prendre un aller pour Paris et de m’y installer. J’ai commencé une Fac de théâtre et une école d’art dramatique, mais j’ai tout arrêté au bout de quelques mois. Je travaillais au centre d’appels de Velib en parallèle. Puis j’ai eu envie de découvrir l’atmosphère des tournages de films, par simple curiosité, donc je me suis retrouvée à être assistante réalisateur sur plusieurs tournages pendant deux ans. Pour finalement retourner au théâtre en tant que comédienne pendant quelques années. Un concours de circonstances, il y a 4 ans, m’a amenée à apprendre le montage via des Tutoriels. Pratiquer le montage, m’a donné envie de réaliser un court métrage, puis deux, puis trois etc…et maintenant je viens de finir de réaliser mon premier long-métrage HEIS (chroniques).

Sur quoi travaillez-vous actuellement?
Je travaille sur la sortie en salles de ce même long-métrage, en France et à l’étranger pour début 2017 (je l’espère!!). Puis en parallèle j’écris deux scénarios de long-métrages que j’espère pouvoir réaliser dans un futur proche. En attendant que tout cela se concrétise, je job à côté.

Quel est le film et/ou le cinéaste qui vous a donné envie de faire ce métier?
Ce n’est pas un film ou un cinéaste qui m’a donné envie de faire ce métier. D’ailleurs je n’ai pas vraiment eu «envie» de faire ce métier, ce n’est pas tellement le mot. C’est plutôt un besoin viscéral de créer et de m’exprimer au travers du cinéma, de l’écriture, du théâtre… qui m’a amené par ici. C’est donc plus «une passion/un besoin» qu’une «envie». Je dirais que les seules choses réelles qui m’inspirent et me donnent envie de faire ce métier c’est: la vie, tout ce qui me touche dans le monde, tout ce que je vis dans mon quotidien, tout ce qui me donne envie de dire des choses, le climat dans lequel on baigne, bien avant une œuvre artistique que je pourrai voir. Par contre j’aime, j’admire et je suis totalement fan d’un tas d’artistes chaque jour et je ne pourrai pas me passer d’être spectatrice de leurs créations. Ils me boostent de par leur persévérance et leur personnalité qui leur est propre. Ça me donne envie d’avancer. Par exemple, mon réalisateur français préféré c’est Léos Carax. En réalisateurs internationaux que j’adore, et qui me donnent envie de ne rien lâcher, je pense tout de suite à Peter Watkins, Sam Esmail, John Mond et Andrea Arnold.

heis_chronicles_feature_film_posterQuel est votre meilleur souvenir professionnel?
Travailler sur le projet HEIS! C’était une aventure complètement dingue et unique ! C’est en fait un projet multimédia composé d’un long-métrage, d’une série et d’une installation artistique. Ça m’a pris trois ans. J’ai pu tourner ce projet dans trois pays différents (France, Chine et USA) en auto-prod, en totale liberté, entre plusieurs jobs alimentaires, avec le temps que ça prendrait, en équipe ultra réduite et avec des comédiens extraordinaires… On a tellement eu une bonne ambiance sur ce projet, c’était idyllique. Le meilleur souvenir a été lors de la première projection officielle de la partie long-métrage au Festival de Los Angeles en Juin 2016, où il était sélectionné en compétition internationale. Déjà, avec l’équipe on ne s’attendait pas à une telle sélection, on avait juste envoyé une copie de travail, le film n’était ni mixé ni étalonné à l’époque. Ce moment de projection a été très intense, on était ensemble. Après ces années de tournage, de travail, on avait enfin le cul posé sur un fauteuil pour observer -autrement qu’en post-production- le résultat! J’étais accompagnée des acteurs principaux Alexandre Desane, Emilia Derou Bernal et Matthieu Longatte. L’actrice principale du film, l’incroyable Akéla Sari, venait de décéder soudainement quelques semaines plus tôt. On accusait encore le coup. C’était les montagnes russes en nous. On était complètement partagés entre joie et peine, c’était pour nous un hommage en pleine projection. Il y avait cette cohésion et cette force ce jour là, que je n’oublierai jamais. L’histoire qu’on a vécu sur ce projet, jusqu’à la fin, reste unique.

Quel est votre pire souvenir professionnel?
Faire les sous-titres du long-métrage et de la série de HEIS. Avec Alexandre Desane, on avait cinq jours pour sous-titrer l’équivalent de 148 minutes. On devait incruster les sous-titres à l’image. Avec tous les rendus que cela implique, sous-titre par sous-titre. On s’est partagé la moitié. On était dans la même pièce de 9m2 dans le plus grand des calmes. Il nous a fallu beaucoup beaucoup d’amour.

Citez-moi quelqu’un de bien/pro/formidable dans ce métier si cruel?
Denis Côté!

Ce que vous avez fait de plus chaos depuis que vous faites ce métier?
Mon expérience de tournage en Chine. CHAOS ABSOLU. Des semaines complètement absurdes, des moments forts et durs. Je suis arrivée le jour de l’attentat sur la Place Tian’anmen. Je dormais dans un quartier vraiment typique, loin des expats, dans les Hutongs. Au bout de quatre jours mon téléphone s’est cassé, je n’avais plus aucun numéro et très peu de connexion wifi. J’ai expérimenté la solitude sur place. Mais finalement c’est en étant là bas, si loin de la France, et dans la phase opposée du monde, que j’ai eu envie d’écrire tout le projet HEIS. Puis au fur à mesure j’ai fait des rencontres, j’ai intégré une collocation dans un autre quartier. J’ai voyagé à Tianjin et à côté de la Mongolie, dans un petit village, avec ma caméra. J’ai reçu de l’aide de l’Institut Français de Pékin pour rester un peu plus longtemps. Tout ça pour finalement me retrouver illégale sur le sol chinois. J’ai dépassé mon droit de séjour sur place, par un concours de circonstances absurde. Quand j’ai voulu rentrer en France, j’ai été embarquée au service de l’immigration à l’aéroport. Les gardes ne voulaient pas me laisser rentrer avec mon avion, voulaient me faire payer une caution et me mettre cinq jours en cellule. Mon portable français était toujours cassé et je n’avais plus de crédit sur mon portable chinois. J’avais deux manteaux sur moi car le second ne rentrait pas dans la valise. Les gardes ne parlaient pas anglais, j’avais du mal à communiquer. Finalement ils m’ont laissée prendre mon avion, mais j’ai bien galéré. J’ai la phobie de l’avion, mais cette fois ci, je n’ai jamais autant prié pour vite entrer dans l’avion et décoller. Apparemment, suite à cette histoire, ça va être très compliqué de retourner en Chine pendant dix ans. Enfin, bientôt plus que sept maintenant. Mais au final j’avais pu tourner tout ce que je voulais pour HEIS!

A quel film ressemblera le monde de demain?
Another Earth de Mike Cahill

A LIRE. Anaïs Volpé, pionnière du « CROSS-MEDIA »

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