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Published on novembre 2nd, 2017 | by CHAOS REIGNS

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On a testé l’un des derniers cinémas porno de Paname

Dans une petite rue déserte à deux pas du Grand Rex, des hommes font encore le pied de grue devant la façade sobre du Beverley, temple du porno vintage et dernier cinéma du genre à Paris. Les aficionados du Carré Rose y sont aux anges.

Douze euros déposés au guichet depuis le hall décoré de vieilles affiches de films – Mémoires d’une petite culotte, Bananes mécaniques… – et les clients s’engouffrent dans l’unique salle aux 90 places! Tout est prêt. Ici, pas de séances, deux films tournent en boucle sept jours sur sept, de 12h à 21h. La programmation change toutes les semaines, alternant films des années 70-80 et films disons plus récents datant des années 90. Pas trop récents non plus. Ce jour-là, le bruyant projecteur datant de 1950 passe Extases. A l’écran, moustaches, poils, décors marron et jaune moutarde, musique d’ascenseur. Trop de chaos sur l’écran.

Le porno dit moderne, avec de l’abattage, ça, le patron ne veut pas en entendre parler. Les clients non plus. Ils viennent au Beverley parce qu’ils aiment le porno sur grand écran et l’anonymat: ici, « on n’est pas fliqué » comme sur les sites classés X. En vrai, les clients du Beverley n’ont pour la plupart pas internet, comme Jean-Pierre, 75 ans qui a deux passions dans la vie: « le porno et les danses de salon » -, ou Jean, 90 ans, béret sur la tête et veste sur ses épaules voûtées, qui assure venir « pour causer » et faire la sieste. Les entrées sont régulières à l’heure de pointe, 15h-17h, mais l’âge d’or du Beverley est loin. Une centaine de billets vendus les bons jours, contre deux à trois fois plus dans les années 90. Avant, ça ouvrait à 9h, ça fermait à 23h et on mettait les gens dehors. Aujourd’hui à 19h, il n’y a quasiment plus personne. Les « soirées couples« , deux fois par semaine, se vident aussi.

Après 34 ans d’activité, le patron, Maurice, interviewé par l’AFP, sait que le dernier des cinémas pornos authentiques de la capitale – les autres salles X ont le statut de sex-shop – vit ses derniers jours. A 74 ans, à la tête d’un business qui n’est plus rentable, il négocie avec des repreneurs potentiels. Nostalgique, il évoque le temps où l’on trouvait « une dizaine de cinémas porno entre République et Opéra« , avant « le téléphone portable, internet » qui ont « tout détruit« , quand on buvait « son petit noir sur le zinc à la brasserie des Auvergnats » dans ce quartier aujourd’hui prisé des start-ups et chaînes de bars et restaurants. A l’époque, on voyait s’arrêter ici des hommes « panier de poireaux à la main, qui disaient à bobonne qu’ils allaient faire le marché« . Dans un Beverley bien rempli, on joue La nymphomane perverse où Michel, fauché, demande à sa femme de se prostituer pour payer les réparations de sa moto. Dans la salle aux murs de briques que Maurice parfume d’huiles essentielles, un sol en caoutchouc remplace désormais la moquette, devenue « raide de tout le plaisir qu’elle a reçu« . Un client fait la bise à un autre et s’installe. Les sièges de skaï rouge grincent, les mains se baladent parfois jusqu’au pantalon du voisin et les allers-retours aux toilettes à plusieurs sont nombreux. Plus un problème de prostate qu’autre chose. Oui, vous aussi, vous avez envie de revoir Simone Barbes ou la vertu

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One Response to On a testé l’un des derniers cinémas porno de Paname

  1. Corvis says:

    Cet article me rend profondément triste. Et pourtant je suis trop jeune pour avoir connu l’époque des cinémas porno…

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