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Published on juin 12th, 2017 | by CHAOS REIGNS

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NAOMI KAWASE BELIEVES IN NETFLIX

Naomi Kawase se dit prête à travailler avec Netflix pour se libérer du carcan des sponsors nippons qui étouffent selon elle la créativité du cinéma de son pays.

«Si une firme comme Netflix ou toute autre société de production étrangère a des moyens pour travailler avec une réalisatrice qui a acquis une réputation internationale, ce peut être une façon pour moi d’exprimer librement ce que je veux (…) Je ne rejetterais pas une telle occasion que je vois plutôt comme un défi à relever

Oui, Naomi balance. La cinéaste s’est confiée à Tokyo à son retour de la Croisette. Son dernier film, Vers la lumière était en lice pour la Palme d’Or et n’a rien eu (en même temps que serait une compétition Cannoise sans Naomi?). Comme vous l’avez suivi sur le site, la présence en compétition, pour la première fois, de deux films produits par Netflix dont Okja de Bong Joon-ho avait créé la polémique à alors que le géant américain de la vidéo en ligne a refusé de les sortir dans les salles françaises. C’est en écoutant des propos de Bong Joon-ho, qui s’est publiquement félicité de la liberté donnée par la jeune société américaine partie prenante à son film, qu’elle est venue à envisager de prendre une voie similaire.«Bong Joon-Ho dit que Netflix lui donne tout l’argent dont il a besoin et n’intervient pas, et que c’est un environnement formidable pour les réalisateurs. Et je pense qu’il a bien raison!» CHAOS REIGNS!

Le vrai souci selon Naomi Kawase, c’est que les investisseurs japonais ne prennent pas le risque d’investir dans un film basé sur un scénario original dont ils ne peuvent pas prévoir les profits. En ce sens, les cinéastes nippons sont pas vraiment en mesure de créer ce qu’ils veulent vraiment, d’autant que les sponsors sont, d’après elle, «obnubilés par la notoriété des acteurs: ils ne veulent que ceux qui peuvent rapporter de l’argent. Par conséquent, nous devons chercher des financements étrangers mais alors, ces films peuvent ne pas être couronnés de succès au Japon

Quelque 610 films ont été produits dans l’archipel l’an passé, dont beaucoup sont basés sur des mangas à succès ou des romans déjà déclinés en dessins animés ou séries TV et qui sont transposés en long-métrage d’animation ou film incarné par des stars du petit et grand écran. Les trois quarts des 40 plus gros succès de 2016 sont des adaptations d’œuvres existant sur un autre support. Ce «mediamix» tend à resserrer considérablement les possibilités de réaliser un film sur la base d’un scénario créé ex-nihilo, car la mécanique en œuvre est celle d’un financement à tiroirs qui va vers les dérivés d’une même histoire exploitée à outrance. La plupart de ces films ne sortent pas à l’étranger et n’attirent pas les récompenses.

Le point de vue critique de Naomi Kawase rejoint celui d’autres grands du septième art japonais, comme Hirokazu Kore-eda. Le réalisateur de Tel père, tel fils avait dit fin 2016 «craindre que le cinéma japonais ne finisse par péricliter, à force d’être renfermé sur lui-même et de ne pas du tout se tourner vers l’étranger». «Dans un contexte où l’objectif premier est de vendre, un contenu audiovisuel ne peutpas prendre de la hauteur en tant qu’objet culturel», soulignait-t-il alors. Naomi conclut à son tour: «Plus de réalisateurs vont à l’avenir vouloir travailler avec Netflix ou Amazon. S’il reste comme il est, tout le secteur va couler»

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