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Published on avril 14th, 2018 | by Alexandre Comte

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Miloš Forman tribute

Je déteste lire ou écrire des nécros d’artistes dont j’ai suivi et aimé le travail au moment où lui (elle) était en vie en même temps que moi. Je n’ai pas envie de revenir sur la filmo de Milos Forman, parce que ou vous la connaissez déjà -ou sinon, la seule chose à conseiller, à crier, à dire, c’est regardez, regardez tout. Moi j’ai commencé par le début, ses trois premiers films tchèques que j’avais miraculeusement trouvés dans une médiathèque de province et que j’ai matés sur une télé du genre 10X20 centimètres. Pas grave, je les ai dévorés, ça parlait de la jeunesse, avec beaucoup de tendresse, ça parlait de l’ennui, de l’envie d’une autre vie, ça parlait de liberté, ça disait que ça s’essaye. Mais que ça marche jamais. Et jusqu’à la fin, ses films ont parlé de ça – c’est comme s’ils tentaient, quand même, de trouver une solution, un truc, quelque chose, un remède au poison, au moins une pause, allez une toute petite pause, une parenthèse enchantée avant de déchanter – parce qu’à la fin il n’y a pas de liberté, jamais. Mais avant de tout quitter, d’abandonner, d’arrêter d’essayer, y aura eu de la passion, de la vie, et puis de la compassion, comme étouffer un ami, mal en point, avec un coussin. Milos Forman est mort. Il n’essaiera plus. N’empêche, chaque fois que je reverrai un de ses films, je ferai semblant d’y croire: à la possibilité de s’en sortir, à l’illusion d’un espoir. Merci Milos Forman, merci my man, c’est grâce à des gens comme toi, à tes films qui ont toujours essayé, pour toujours conclure raté… mais pas tant pis. C’est grâce à ça, figure-toi, que même toi mort, je me maintiendrai en vie.

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