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Published on mars 2nd, 2018 | by Thomas Agnelli

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« Mektoub, my love: cuanto uno »: Abdellatif Kechiche, définitivement chaos

A quelques semaines de la sortie, Abdellatif Kechiche (qui ne donne aucune interview) cultive l’art du mystère. Faut dire que son Mektoub, my love: cuanto uno (en salles le 21 mars) est explosif.

L’affiche, le synopsis officiel et la bande-annonce ont été révélés progressivement, à quelques jours seulement de la sortie, le 21 mars 2018. Pourquoi autant de mystère autour de Mektoub my love: cuanto uno de Abdellatif Kechiche, ce film de 3 heures présenté à la Mostra de Venise? Tout simplement parce qu’il n’est pas comme les autres. On mise aussi, surtout, sur le perfectionnisme de son auteur. En tout cas, la version que l’on a pu découvrir en projection de presse nous a emballé avec passion (il est notre Film du mois). Cinq ans après La Vie d’Adèle, Abdellatif Kechiche éblouit avec cette adaptation très libre du roman La Blessure, la vraie de François Bégaudeau. Trois heures de pur cinéma.
Août 1994. Amin, monté à Paris pour les études, descend voir ses proches à Sète. A peine arrivé, il surprend en plein ébat Tony, son cousin dragueur, et Ophélie, son amie d’enfance officiellement fiancée, dont il est secrètement amoureux. Sur place, il rencontre d’autres garçons et filles de son âge désirant profiter au maximum des vacances entre plage, bar et boite de nuit. Mais Amin, témoin passif et souriant de tous ces jeux de séduction, ne cédera pas à cette offre de jouissance collective, conscient avant tout le monde que cette euphorie durera le temps d’un été. Solitaire et quasi fantomatique, il se contentera d’observer les corps s’agiter, d’entendre les cœurs battre, d’éprouver la mélancolie du temps qui passe, de capter la beauté sur le point de s’évanouir. C’est sûr, plus tard, il sera artiste…

Première partie dionysiaque d’un futur triptyque très portée sur les choses (et la chose), Mektoub, my love: cuanto uno impressionne d’emblée par sa capacité à carburer à l’énergie (verbale, vitale, sexuelle, solaire…). A tel point qu’il y a un effet trompeur : tout est joyeux sur le moment alors que, dans le fond, tout est déchirant. Le spectateur, lui-même, ne sait pas pourquoi, par exemple, un premier flirt en pleine rue ou la mise bas de deux agneaux lui donnent l’impression d’assister à un miracle de la vie. Pourquoi il est ému aux larmes en les regardant. Peut-être qu’en filmant la montée du désir quasiment en temps réel et en offrant aux corps radieux de ses personnages de grandioses perspectives, Kechiche fouille dans nos souvenirs les plus intimes, de ceux qu’on tait par pudeur, en même temps qu’il nous invite fraternellement dans un groupe, dans une totale osmose. Les scènes durent au-delà du raisonnable, jusqu’au bout de la nuit. C’est tout ce qu’on attend du cinéma. On sort de ces trois heures rassérénés et ravis. On en reparle incessamment. Mais save the date: le 21 mars!

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