L'invité de minuit

Published on juin 8th, 2016 | by François Cau

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L’INVITEE DE MINUIT #120 : CHRISTIANE JEAN

Coucou! Il est minuit, et à minuit, à l’heure où le chaos règne, en attendant l’heure où blanchit la campagne, nous recevons une invitée: CHRISTIANE JEAN!

CHRISTIANE JEAN

QUOI DE PLUS CHAOS QUE CHRISTIANE JEAN? Inutile de se mentir, un nombre dommageable d’entre vous ne l’identifie qu’à travers sa participation à une sitcom de proximité ou en premier rôle féminin des Spécialistes…

ET POURTANT Christiane Jean fut, d’un bout à l’autre de sa filmographie, une grande prêtresse du Chaos. Indispensables rappels pour vous, pour nous, pour Elle.

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Quels souvenirs gardez-vous du tournage de L’Amour Braque?
Christiane Jean : C’est un immense souvenir de plaisir, d’investissement… Tourner avec Zulawski, c’était vraiment formidable parce que c’était un homme d’une grande richesse, d’une culture inouïe, un grand homme. Sur le tournage, on était tous là comme une troupe de théâtre… De ce que j’ai pu vivre, c’est le seul tournage où même quand on ne tournait pas, on venait sur le plateau quand même. Toujours là, tous, en permanence. On y passait parce que ça nous manquait. On était toujours dans un état de surexcitation absolue et c’était formidable. L’énergie générale ne se limitait pas aux comédiens, les techniciens aussi, il y a eu un rapprochement incroyable entre tout le monde. Franchement, c’est mon meilleur souvenir de tournage. Ça m’a apporté beaucoup de choses, une liberté… Zulawski adorait ses comédiens, vraiment. C’est vrai qu’il essayait de nous pousser à l’extrême, mais c’était pour obtenir le meilleur des gens qui l’entouraient.

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Vous avez joué également dans un grand classique de vidéoclub, Les Prédateurs de la Nuit de Jess Franco, un film très étrange avec un casting complètement fou…
Christiane Jean : Complètement fou, oui, avec Helmut (Berger, NdC) qui était vraiment adorable… Pour moi, Helmut, c’était les posters dans la chambre de ma meilleure amie, qui en était raide, donc c’était assez rigolo… c’était un tournage très rapide. C’était une époque où finalement, il y avait moins de soucis financiers et en même temps une souplesse de production qui certainement n’existe plus aujourd’hui. La production de séries B était possible. Je pense que ça tient à l’époque, parce que des comme ça, aujourd’hui… on n’en voit plus trop. C’est marrant parce que les comédiens, même ceux qui sont devenus de grandes stars, on a tous des films de ce type-là dans notre CV…

Mais ça ne vous embête pas d’en parler ?
Christiane Jean : Ah non, du tout, j’assume complètement tout ce que j’ai fait. C’est un métier, c’est en le faisant qu’on a des chances de s’améliorer. Il n’y a rien de honteux, c’est tellement difficile de travailler dans ce métier, surtout pour les femmes. C’est déjà une chance de pouvoir travailler, on ne va pas faire la fine bouche… Et puis vous savez, la réussite, la célébrité, quelque part c’est un accident.

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Le problème des inégalités hommes / femmes dans le milieu du cinéma revient fréquemment sur le devant de la scène, mais rien ne bouge vraiment…
Christiane Jean : Rien ne se passe. D’ailleurs, je fais partie d’une commission qui s’appelle «Le Tunnel de la comédienne de 50 ans», qui vient d’être créée par Marina Tomé, une magnifique comédienne. On travaille pour essayer d’attirer l’attention des producteurs, des metteurs en scène, des gens de télévision pour qu’ils se rendent compte du peu de rôles pour les femmes dans ce créneau d’âge, que ce soit en France ou ailleurs. Il y a quelques années, j’avais vendu un synopsis à une boîte de production. On m’a renvoyé le projet avec pour note de changer le personnage principal, écrit pour une femme de 40-50 ans, pour en faire un homme.

Quel est votre rapport au cinéma ?
Christiane Jean : Ces dernières années je suis davantage allée au théâtre qu’au cinéma… on devient de plus en plus exigeant avec les années qui passent, et je trouve aujourd’hui que les séries télé sont souvent supérieures à ce qui se joue en salles. Elles sont plus libres, pas forcément politiquement correctes, elles ont pris une place très importante et je trouve que le cinéma est à la traîne derrière. De temps en temps, le cinéma français connaît un film formidable.

Quel est le premier film que vous avez vu ?
Christiane Jean : Je ne m’en souviens pas… certainement des westerns à la télévision… je me souviens des Pétroleuses avec Brigitte Bardot, que j’avais adoré. J’étais déjà adolescente.

Quels films ont marqué votre parcours de cinéphile ?
Christiane Jean : Je suis très portée sur la musique et sur la danse alors je vais vous répondre Turning Point avec Shirley MacLaine, West Side Story, Certains l’aiment chaud qui est un miracle absolu du début à la fin… j’adore des films comme Le Limier, aussi.

Y a-t-il eu un avant et après un film ?
Christiane Jean : Sur la route de Madison. C’est un film qui parle tellement aux femmes, avec un réel retentissement sur l’intime. Une prise de conscience de ce qu’était la trajectoire d’une femme, son engagement à partir du moment où elle décide d’avoir des enfants, sur ce que ça crée comme emprisonnement quelque part, entre guillemets…

Pensez-vous qu’on fera toujours du cinéma en 2050 ?
Christiane Jean : Oui, bien sûr ! Bien sûr. Je pense qu’on va faire de plus en plus de cinéma. J’ai peur par contre que le spectacle vivant ne devienne de plus en plus obsolète. Je vois peu de jeunes gens au théâtre…

Le dernier film que vous avez vu et adoré ?
Christiane Jean : 9 mois ferme d’Albert Dupontel.

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Un film : Brice de Nice. J’adore.

Une histoire d’amour : Autant en emporte le vent.

Un sourire (et un acteur) : Benoît Poelvoorde.

Une actrice : Marie Gillain.

Un clown triste : Bourvil.

Un début : Les trois premiers quarts d’heure de Fatal Bazooka.

Une fin : Voir pour la 50e fois West Side Story, se dire pour la 50e fois qu’on ne va pas pleurer, échouer.

Un twist : ceux de Marivaux ou de Molière.

Une scène clé : Le baiser dans La Vénus à la fourrure de Polanski.

Un plaisir coupable : Les meringues à la chantilly.

Un film malade : ça risque de ne pas faire plaisir à tout le monde, mais L’Inconnu du lac, je ne comprends pas.

Un artiste sous-estimé : Michaël Youn.

Un réalisateur : Cédric Klapisch.

Allez, un second : Laurent Bouhnik.

Un baiser : Clark Gable et Vivien Leigh dans Autant en emporte le vent.

Une chanson parfaite pour le cinéma (qui n’a jamais été utilisé dans un film) : La légende Carlos Gardel de Florent Pagny, j’aimerais beaucoup voir un film sur la vie cet homme.

Une chanson qui n’a jamais été aussi parfaite qu’au cinéma : Le thème de Bagdad Café.

Un torrent de larmes : Marion Cotillard, dans Les Petits mouchoirs par exemple.

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Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



2 Responses to L’INVITEE DE MINUIT #120 : CHRISTIANE JEAN

  1. NoNo says:

    Une grande actrice avec beaucoup de talent et de courage !
    Le cinéma français a besoin de plus de femmes comme Christiane Jean ! Allez les producteurs et réalisateurs, on se réveille !!
    Je suis de tout coeur avec la commission «Le Tunnel de la comédienne de 50 ans» !
    Merci pour cet article et plein de bises à Christiane !
    A.

  2. Timothee Pécout says:

    vous apportez énormément aux filles d a cote. Vous étiez ma préférée avec Marc et Daniel. J aimais bien aussi Hélène le Moignic qui jouait Magalie. Pour la saison 2 je ne regardais que parce que vous étiez la mais les autres filles étaient trop connes, heureusement il y avait encore un peu Marc et Gérard. Quant à Charly, il ne servait à rien. Vous êtes très belle et très sensuelle dans votre voix et votre façon de être. Je serais rezlisateur, je ferais appel à vous. Vous me manquez

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