L'invité de minuit

Published on septembre 9th, 2015 | by Romain Le Vern

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L’INVITE DE MINUIT #69 : LUCILE HADZIHALILOVIC

Coucou! Il est minuit et, à minuit, à l’heure où le chaos règne, en attendant l’heure où blanchit la campagne, nous recevons une invitée: LUCILE HADZIHALILOVIC !

lh chaos

evolution filmQUOI DE PLUS CHAOS QUE LUCILE HADZIHALILOVIC ? Parce que voix singulière, rare, précieuse dans le cinéma français qu’il importe de préserver à tout prix, de soutenir vraiment. Parce que Gaspar Noé. Parce que La bouche de Jean-Pierre, son moyen métrage. Parce que son film X, Good Boys Use Condoms. Parce que Innocence, son très beau premier long métrage, sorte de Pique-nique à Hanging Rock français où là aussi de mystérieuses disparues possédaient la beauté miraculeuse des anges de Botticelli. Parce que Nectar, sa reine des abeilles, ses scènes de sexe crues et sa poésie merveilleuse. Parce que Evolution, son second long métrage, nous arrive dix ans après le coup d’essai. Parce que son cinéma, quelque part entre le cauchemar familier et le songe lointain.

Quel est votre rapport au cinéma ?
Lucile Hadzihalilovic : Intense

Vous souvenez-vous du premier film que vous avez vu ? Si oui, lequel ?
Lucile Hadzihalilovic : Merlin l’enchanteur, terrifiée par la course dans la forêt pour échapper au sorcier, mais émerveillée par les métamorphoses de Merlin. Sinon, premier « vrai film » et premier émoi érotique (à 6 ans peut-être) : Plein Soleil.

Quels sont les films qui ont marqué votre parcours de cinéphile par leur intensité, par des séquences précises ou par la simple force des images ?
Lucile Hadzihalilovic : Il y en a tellement ! Quelques uns dans le désordre: Les Oiseaux d’Hitchcock. L’oiseau au plumage de cristal de Dario Argento. A l’est d’Eden de Kazan. Eraserhead de Lynch. Stalker de Tarkovski. Element of crime, de Lars von Trier. Nosferatu de Murnau. M le Maudit de Lang. 2001 de Kubrick. Inauguration of the Pleasure Dome de Kenneth Anger. Nausicaa de la vallée du vent de Miyazaki. L’année dernière à Marienbad de Resnais. Possession de Zulawski. L’incinérateur de cadavres de Juraj Hertz. Le décalogue de Kieslowski. Stille Nacht des frères Quay

Un film que vous n’aviez pas envie de voir et qui a été une révélation ?
Lucile Hadzihalilovic : Récemment, P’tit Quinquin

Le film que vous emmenez sur une île déserte ?
Lucile Hadzihalilovic : 2001

En 2050, pensez-vous que l’on fera encore du cinéma ?
Lucile Hadzihalilovic : Muet, sonore, en 2D, 3D, sphérique, immersif, olfactif, abstrait, narratif, en salle, en plein air, chez soi, en DVD, VOD, sur smartphone, en hologramme, avec lunettes, casque, en pilule, en injection… peu importe, oui je crois qu’il y aura toujours du cinéma…

Le dernier film vu et aimé ?
Lucile Hadzihalilovic : The Duke of Burgundy

2001QUIZ CHAOS DU CINEPHILE
Un film : 2001
Une histoire d’amour : La fièvre dans le sang de Elia Kazan
Un sourire : celui de Kitano dans Furyo
Un regard : ceux du Dr Mabuse
Un acteur : Jack Palance
Une actrice : Gene Tierney
Un clown triste : Harry Langdon
Un début : En Quatrième vitesse de Robert Aldrich
Une fin : la barque qui emporte la jeune fille et le jeune homme qui n’arrive pas à la rattraper à la fin de Tabou
Un coup de théâtre : dans Dracula de Todd Browning lorsque le magicien remballe tous les accessoires du vampire
Un générique : Tous ceux de Godard
Un plaisir coupable : Maladolescenza
Une révélation : Apichatpong Weerasethakul
Un fou rire : le doigt coupé dans 2000 Maniacs
Un film malade : Duffer de Joseph Despins et William Dumaresq
Un rêve : la seconde partie de Tropical Malady
Une mort : celle de Dave Bowman dans 2001
Une rencontre d’acteur : Jenny Agutter et David Gulpilil dans Walkabout
Une scène de cul : L’homme qui venait d’ailleurs
Une réplique : « You are one of us » dans Freaks
Un silence : 2001
Un plan séquence : Le cheval de Turin
Un choc : 2001
Un artiste sous-estimé : Nicolas Roeg (en France)
Un traumatisme : L’exorciste
Un souvenir de cinéma qui hante : Suspiria
Un film français : Judex
Un réalisateur : Murnau
Allez, un second : Tarkovski
Un fantasme : le carnaval de Valérie au pays des merveilles
Un baiser : celui des deux enfants dans P’tit Quinquin
Une bande son : Duke of Burgundy.
Un frisson : ceux de l’angoisse
Un monstre : le père ou le mari (ou les deux) de Martha de Fassbinder
Un torrent de larmes : La fièvre dans le sang de Elia Kazan

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About the Author

C'est en découvrant la scène où le renard prononce un sublime "le chaos règne" dans "Antichrist" de Lars Von Trier qu'il a eu l'idée de créer ce blog.



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