L'invité de minuit

Published on septembre 15th, 2016 | by Baptiste Liger

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L’INVITE DE MINUIT #124 : CLÉMENTINE POIDATZ

Coucou! Il est minuit, et à minuit, à l’heure où le chaos règne, en attendant l’heure où blanchit la campagne, nous recevons une invitée: CLÉMENTINE POIDATZ

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clemQUOI DE PLUS CHAOS QUE CLEMENTINE POIDATZ? A vrai dire, on ne sait pas si elle se transforme à minuit, telle Cendrillon ou un mogwaï. Toujours est-il que l’occasion était trop belle d’interviewer l’une des comédiennes françaises les plus enthousiasmantes du moment. Si vous n’avez pas forcement retenu son nom, vous n’avez certainement pas oublié son visage chez Philippe Garrel, avec qui elle a tourné dans Les Amants réguliers et La Frontière de l’aube. On a pu aussi la croiser dans la série Les Hommes de l’ombre – où elle campait Valentine – ou récemment dans Vendeur de Sylvain Desclous. Également réalisatrice – on lui doit un beau court-métrage, Lupa -, elle intéresse aujourd’hui Hollywood puisqu’elle a intégré le casting de la série Mars et sera prochainement à l’affiche d’Oppression, thriller fantastique avec Naomi Watts (le 16 novembre en salles). Il devenait dès lors urgent de discuter un peu septième art avec cette fille ayant plus d’une corde à son arc, cinéphile dans l’âme, au sourire définitivement ravageur. De quoi laisser l’interviewer KO (chaos) debout…

Quel est votre rapport au cinéma ?
Clémentine Poidatz: Le cinéma est maintenant mon métier. Il a donc été à certains moments synonyme de frustration et, en même temps, je lui dois quelques-uns des plus beaux moments de vie. Mais c’est avant tout une passion, le moyen – comme la littérature – de me sortir de l’ennui.

Vous souvenez-vous du premier film que vous avez vu ? Si oui, lequel ?
Clémentine Poidatz: Oh oui! Willow de Ron Howard. Je pensais que tout était vrai, que les acteurs étaient sur scène. Ron Howard, justement, est le producteur de la série Mars, qui sort en novembre et où je tiens l’un des rôles principaux. On m’aurait dit ç ail y a quelques années, je ne l’aurais jamais cru !

Quels sont les films qui ont marqué votre parcours de cinéphile par leur intensité, par des séquences précises ou par la simple force des images ?
Clémentine Poidatz: Mon premier gros choc cinématographique, c’est La Fièvre dans le sang d’Elia Kazan. Natalie Wood, Barbara Loden, Warren Beatty! Magistral! Énorme! La scène finale où Natalie Wood – Deanie- vient voir Warren Beatty – Bud – après des années… Sa sublime robe blanche, son chapeau, son visage : ça fait pleurer mon cœur à chaque fois. Je pourrais aussi vous parler du talon brisé et de la démarche chaloupée de Marilyn dans Niagara, du chien qui saute de la barque dans L’Aurore ou de l’intégralité des Hauts de Hurlevent, version Andrea Arnold. Ce film me cisaille juste par son image.

Un film qui a failli vous faire quitter une salle ou la fait pour de bon ?
Clémentine Poidatz: Je quitte rarement une salle de cinéma. Je l’ai fait une fois pour Les Boys – un film québécois. Je suis complètement passée à côté.

Un film que vous n’aviez pas envie de voir et qui a été une révélation ?
Clémentine Poidatz: L’Economie du couple. Je n’avais pas envie… Ce film m’a absolument bouleversée. Cedric Kahn et Bérénice Béjo y sont incroyables. Et la mise en scène très sobre de Joachim Lafosse est saisissante. Ce film m’a renversée.

Est-ce que, dans votre parcours de cinéphile, il y a eu un « avant » et un « après » un film ?
Clémentine Poidatz: Oui. La Fièvre dans le sang m’a donné envie de faire du cinéma. Révélation.

Le film que vous emmenez sur une île déserte ?
Clémentine Poidatz: La Vie aquatique de Wes Anderson. Je ne m’en lasse pas

En 2050, pensez-vous que l’on fera encore du cinéma ?
Clémentine Poidatz: Bien sûr!!!! Pourquoi non?

Votre dernier coup de cœur (le dernier film vu et aimé) ?
Clémentine Poidatz: L’Économie du couple, justement.

vincentQUIZ CHAOS DU CINÉPHILE
Un film : Vincent, François, Paul et les autres (Claude Sautet, 1974)
Une histoire d’amour : Pierrot le fou (Jean-Luc Godard, 1965)
Un sourire : Mark Ruffalo
Un regard : Rooney Mara (N.B. : l’intervieweur n’est pour rien dans ce choix…)
Un acteur : Michel Piccoli
Une actrice : Michelle Williams
Un clown triste : Bill Murray
Un début : Somewhere (Sofia Coppola, 2010)
Une fin : C’est la fin (Seth Rogen et Evan, Goldberg, 2013), quand les Backstreet boys débarquent au Paradis !
Un coup de théâtre : Quand on découvre la véritable personnalité d’Eve (Joseph L. Mankiewicz, 1950).
Un générique : Celui de mon premier film, Marie Antoinette (Sofia Coppola, 2006). Parce que c’est assez fou de voir son nom sur un écran pour la première fois.
Un plaisir coupable : American trip (Nicholas Stoller, 2010)
Une révélation : Le travelling “Marisa Berenson” dans Barry Lyndon (Stanley Kubrick, 1975)
Un gag : La scène de la météo de Steve Carrell dans Anchorman 2 – Légendes vivantes (Adam McKay, 2013). Je ne m’en lasse pas .
Un fou rire : Eh bien, cette même scène.
Un film malade : Les Nains aussi ont commencé petits (Werner Herzog, 1970). Ce film est fou!
Un rêve : La Dolce vita (Federico Fellini, 1960)
Une mort : Melancholia (Lars von Trier, 2011). Dans le tipi en bois. Une mort qui donne presque envie tellement c’est beau.
Une rencontre d’acteur : Définitivement Naomi Watts!
Une scène de cul : Celle dans Elle et Lui (Leo McCarey, 1957). Ne cherchez pas, elle n’existe que dans ma tête et elle suit le plan sublime sur les pieds de Deborah Kerr dans l’escalier ou l’on comprend que Cary Grant est en train de l’embrasser.
Une réplique: Dans Pierrot le fou, Pierrot demande à Marianne pourquoi elle est triste. Marianne répond: « parce que tu me parles avec des mots et moi je te regarde avec des sentiments »
Un silence : La scène de fin d’Un homme qui me plaît (Claude Lelouch, 1969). Annie Girardot qui attend Belmondo qui ne descendra jamais de l’avion. Ce qui se passe dans ses yeux est indescriptible.
Un plan séquence : Le long plan-séquence où l’on suit de dos un des ados au collège sur la sonate au clair de lune dans Elephant (Gus Van Sant, 2003)
Un choc : Le Couteau dans l’eau (Roman Polanski, 1962)
Un artiste sous-estimé : Malheureusement, ils sont beaucoup trop nombreux…
Un traumatisme : L’Épouvantail (Jerry Schatzberg, 1973)
Un gâchis : Pourquoi ne voyons-nous plus Michelle Pfeiffer?
Un souvenir de cinéma qui hante : Rosemary’s baby (Roman Polanski, 1968)
Un film français : Remettons une couche de Pierrot le fou !
Un réalisateur : Vous vous doutez bien que je vais répondre Jean-Luc Godard
Allez, un second : Andrea Arnold et j’en rajoute encore quelques un: Jerome Bonnell, Bertrand Bonnello Xavier Beauvois, Elia Kazan, Joseph L. Mankiewicz, Denis Villeneuve, Claire Denis, Sébastien Betbeder
Un fantasme : Ben, Mark Ruffalo…
Un baiser : Rose et Jack dans Titanic (1997)
Une bande son : L’Appolonide (Bertrand Bonello, 2011)
Une chanson pour le cinéma (et qui n’apparait dans aucun film) : I Wanna Go to Marz de John Grant et Midlake.
Une chanson de cinéma (et qui n’a jamais été mieux qu’au cinéma) : The Ocean de Richard Hawley dans À trois on y va (Jérôme Bonnell, 2014)
Un somnifère : La Femme des sables (Hiroshi Teshigahara, 1992). Film sans doute magnifique, mais tellement hypnotisant qu’à la fin…Zzzzzzz
Un frisson : La scène dans les toilettes entre Amy Adams et Bradley Cooper dans American Bluff (David O. Russell, 2013)
Un monstre : Celui du Loch Ness
Un torrent de larmes: La Fièvre dans le sang, encore et toujours…

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