CANNES2017

Published on mai 14th, 2017 | by Jeremie Marchetti

0

L’INSTANT CHAOS SPÉCIAL CANNES : HENRY CHAPIER FEAT. ARIELLE DOMBASLE

Quoi de plus chaos qu’un tapis rouge animé par HENRY CHAPIER FEATURING ARIELLE DOMBASLE? Rien, bien sûr. C’était en 1989 et on espère que Thierry Frémaux a pensé, pour ce 70e Festival de Cannes, à les réinviter.

On rembobine. Et là, on parle d’un temps où l’ouverture du festival de Cannes était encore diffusée sur F3. Absolument, oui. 1989, avant l’ère Laurent Weil, un duo improbable tenait le micro pour guetter les stars sur le tapis rouge. Deux voix bien reconnaissables, deux langues bien pendues et fort mondaines, sans doute convoquées dans l’espoir de réunir le glam’ et la cinéphilie au milieu de la foule cannoise: Miss Arielle Dombasle et Mister Henry Chapier.
Elle sortait à l’époque de sa première réalisation (Les pyramides bleues) et d’un single hilarious (Amour Symphonique, dont le clip gentiment mégalo était signé Eric Rohmer), lui animait l’émission Le divan (dans lequel il invitera la jeune femme la même année). Reste à savoir si les organisateurs avaient conscience du potentiel irrésistible de cette association, véritable dialogue de sourds quatre étoiles et grand moment involontaire d’humour homo. Ils succédaient alors à Danièle Thompson et Daniel Toscan du Plantier, qui animaient le tapis rouge l’année précédente dans une ambiance façon «un suppôt et au lit». Là tout de même, il faut avouer qu’on ne comprend pas grand-chose, mais on aime. Déjà parce que Chapier n’a aucun usage du bouton «stop», ravi de planter la divine Arielle à chaque passage de stars («JACK LANG EST LA-HAUT» «GRACE JONES EST ICI» «ALAIN DELON!!!»), même quand elles n’ont aucun lien avec la compétition officielle. Entre quelques vocalises, Arielle avait manifestement rarement eu l’occasion de jouer les hôtesses d’accueil. Et ça se sent. Elle préfère donc zapper le brave Henry pour féliciter Isabelle Pasco et se jeter au passage quelques petites pétales de fleurs ni vu ni connu («vous êtes vraiment une actrice divine…et nous voilà, nous faisons partie de cette grande mythologie!»).

Pas dupe le Chapier, puisqu’il passera son temps à tirer la couverture sur lui dès que l’occasion se présente. Peu à peu, on abandonne ce qui agite le tapis rouge pour voir une ouverture de festival se changer en sketch flottant, carburant aux digressions d’un duo inimitable. Exemple flagrant: après une longue tirade de Chapier, Arielle ne sait que dire, distraite sans doute par quelques mots glissés dans l’oreillette.
«Non bien sûr. Mais enfin Henry…ce….
– Oui?
– ………OUI»

Arielle n’avait rien écouté évidemment (et nous non plus!). Quand elles ne dissertent pas sur la robe de Rosana Arquette, «entre le corail et le saumon parce que oui Le Grand bleu», les voix des deux trublions se perdent dans la foule. Au milieu de la marée humaine, Chapier on fire accoste Sophia Loren, oubliant Arielle sur le bas côté, se jette quasiment sur Alain Delon («mais vous reviendrez à Cannes????»), prend un vent de Caroline de Monaco, crie son amour pour Ettore Scola.

Arielle s’efface, se noie, engloutie par le bagou encyclopédique de Chapier. «Écoutez mon cher Henry, je crois que je vais vous laisser, j’ai été ravie d’être là! ». Traduction: «je me casse, j’ai autre chose à foutre», laissant alors Henry sur son petit bateau, dérivant jusqu’en haut des marches, insatiable, inépuisable. À l’heure qu’il est, Henry et Arielle sont toujours là: au nom du chaos, Thierry Frémaux, relâchez-les sur le tapis!

PartagezShare on Facebook0Tweet about this on TwitterShare on Tumblr0Pin on Pinterest0Share on Google+0Email this to someone

Tags: ,


About the Author

Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑