CHAOS 2.0

Published on mai 5th, 2017 | by Jeremie Marchetti

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L’INSTANT CHAOS #17 : DAVID HASSELHOFF – Hooked on a feeling

Parce qu’un clip, c’est lorsque la musique commence, et que l’image – et donc le cinéma – prend le relais. Voilà le chaos en quelques minutes.

On ne peut pas y échapper, c’est comme ça: David Hasselhoff est un concentré de pop culture à lui-seul. Parce que, quand on enchaîne Les feux de l’amour, K2000 et Alerte à Malibu, c’est déjà foutu. Une espèce de «true american hero» improbable tellement il synthétise déjà une parodie de lui-même. Le comble du chaos, ce ne sera pas sa carrière d’acteur, mais bien son virage musical, au timing imparable: Looking for Freedom fait un carton en Europe, bien aidé par l’apparition de David en pleine chute du mur de Berlin, veste clignotante et écharpe piano. On pourrait passer en revue une longue série de singles jamais passé par la France, tous plus cheesy les uns que les autres: Je t’aime means I Love you, une abomination quatre étoiles, côtoie une tentative de «dance de l’été» (Do the Limbo Dance), un générique de DA (Pingu Dance) encore une ballade en allemand (Du). Presque trop chaos pour être vrai.

Mais ça c’était avant le clip de Hooked on a feeling, reprise d’une chanson de Blue Swede, qui était déjà elle-même une reprise. Nous sommes en 1997, et David Hasselhoff n’a aucune raison de faire ça. Aucune. En fait, la seule hypothèse, assez farfelue, tiendrait à un détail: la même année, la première saison de Ally McBeal débute et la chanson de Blue Swede est utilisée lors d’une scène d’hallucination wtf à base de bébé dansant. Un étrange et tout petit fil weirdo certes, mais il est probable qu’un producteur cocaïné ou que Hasselhof lui-même ait vu la chose. On a les explications qu’on peut, hein, ma bonne dame. À la vision de la vidéo, les interrogations germent de toute part: Quoi? Comment? Pourquoi? Où? Quel dealer? Très excité à l’idée de faire n’importe quoi sur un fond vert, le brave David fait donc tout ce qu’il peut et ce qu’il veut devant des stock-shots de paysages variés. Faire de la luge en Antarctique? Bien sûr. Voler avec les oiseaux migrateurs? Allons-y. Conduire une moto debout? On tente. Manger un poisson en plastique? Soyons fous. Avec un plan prudemment filmé à la grue sur la banquise, c’est limite si Hasselhoff n’était pas persuadé de brouiller les pistes («mais si, ils verront pas la différence»). Si les effets visuels évoquant les économiseurs d’écran Windows 95 ne vous ont pas perdu, les détails impossibles s’en chargeront. Il faudra évidemment que le réalisateur (inconnu et anonyme évidemment) explique un jour le besoin d’incruster des gamines volantes, des teckels sauvages ou une créature extra-terrestre sautillant dans le coin de l’écran. Mais au fond, on ne veut finalement rien savoir: par ce si bel accident, on avait rarement eu autant l’impression d’avoir gober un acide par mégarde. Thanks David, c’est trop. OOGA CHAKA OOGA OOGA!

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Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



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