CHAOS 2.0

Published on mars 14th, 2017 | by Jeremie Marchetti

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L’INSTANT CHAOS #15 : CHRISTEENE – Butt Muscle

Parce qu’un clip, c’est lorsque la musique commence, et que l’image – et donc le cinéma – prend le relais. Voilà le chaos en quelques minutes.

Christeene? And the queens? Nan nan. Christeene IS the queen. Reine du sale, de la tâche qui part pas même avec dix flacons d’eau écarlate. Reine du queer bizarre, qui gratte, qui coule. Pour contrer une imagerie queer qu’il considère comme de plus en plus mainstream et propre, Paul Soileau a inventé un personnage qui aurait sans doute eu sa place entre Edith Massey et Divine, une Christeene dégueulasse et cauchemardesque, croisement improbable entre la pute à crack et Ozzy Osbourne. S’incrustant là elle n’a rien à faire dans African Mayonnaise, ou chantant dans un colon dans Bustin’Brown, la «dragterrorist» a privilégié d’abord les clips lo-fi: à présent, les moyens ont pris de l’ampleur et les vidéos de cette créature sans sexe et sans retenue tapent cette fois dans le crados léché. Mais crados quand même. Preuve ultime que ce Butt Muscle, où Christeene a invité le créateur Rick Owens et sa goule Michèle Lamy pour une orgie qui colle de partout. Ayant œuvré pour d’autres groupes queer (Hercules & the love affair, Mykki Blanco, Austra), le clippeur Matt Lambart, a toujours baigné dans un univers aussi soigné que tourmenté, comme le prouve son court Cellar Door, qui évoque du Ulrich Seidl fantasmagorique sous amphétamine. Du coup, même dans sa version censurée, Butt Muscle est un clip qui ne prend de gants nulle part, où l’on manipule les culs sans complexe, où ça se mélange et ça se roule des pelles gluantes. Les corps sont multiples, androgynes, couverts de fluides non identifiables. On est à cent lieues de la gentille partouze du Cochon Ville de Tellier, et on voisine plutôt du côté de Society. Dans la confusion, ça fiste, ça s’auto-fiste même, et on assiste même à du hair-fucking (promis) ou à une douche dorée façon manneken-pis trashy. Tout est sale, déglingué, à l’image de sa chanson titre, qui semble baigner dans un jus métallique indéfinie. Franchement, bonne chance pour faire plus chaos cette année!

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Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



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