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Published on décembre 7th, 2017 | by Jeremie Marchetti

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« Leatherface », massacre sans tronçonneuse

[JEUDI DE L’ANGOISSE] Planqué dans les tiroirs de Lionsgate depuis plus de deux ans, le Leatherface de Alexandre Bustillo et Julien Maury est enfin visible. Finalement, on aurait préféré ne pas le voir.

C’est toujours avec une tendresse non feinte qu’on suit le parcours plus qu’agité du duo Maury/Bustillo, qui avait apporté leur grain de sel à ce que les anglo-saxons aiment bien appeler le «new french extremism». Pris en sandwich entre Alexandre Aja et Pascal Laugier, le tandem n’avait certes pas signé un chef-d’oeuvre avec À l’intérieur, mais trouvait une voie réjouissante dans un jusqu’au-boutisme too much et radical, colmatant assez justement les quelques maladresses de ce home invasion ultra-gore. La suite, avec Livide et Aux yeux des vivants, moins réjouissante, accusait le coup de choix de mise en scène ou de casting qui ternissaient méchamment le tableau. Alors qu’on les imaginait ne plus poser un pied aux États-Unis après leur douloureuse expérience avec le projet de reboot d’Hellraiser, les voilà invités à reconduire à nouveau la saga Texas Chainsaw Massacre, dont les derniers volets avaient du mal se tenir à une chronologie stable: après le remake de Nispel, la prequel de Jonathan Liebesman tentait déjà d’explorer le passé de la famille 0 % Vegan (tout en ressemblant à un remake du Nispel) avant de voir le très stupide Texas Chainsaw Massacre 3D oublier toutes les suites et remakes de la saga pour broder tranquillou sur le premier film de Hooper. Comme si le yolo n’était pas assez total, ce Leatherface 2017 chamboule à nouveau à peu près tout, même si on devine que les passionnés que sont Maury et Bustillo se placent dans l’univers du premier opus. Dans la scène d’introduction, le petit Sawyer pas encore déglingué doit trouver sa place dans une famille pas franchement en or: séparé de sa bloody mama, il grandira dans un asile psychiatrique, soit une situation très proche du Michael Myers du Halloween à la sauce Rob Zombie. Une idée de préquelle pas franchement emballante à vrai dire, très vite escamotée par la difficulté de raccrocher les wagons avec la saga: la folle précipitation dans laquelle baignent les premières minutes ne facilite en rien l’immersion, avec déjà du grand guignol facile (le quidam découpé comme un gâteau d’anniversaire) et des choix d’écritures aberrants (qui suivrait une gosse à tête de veau au milieu de la cambrousse?). Une fois passé l’introduction, on peut reconnaître l’audace de chambouler les points de vues, et d’abandonner surtout l’habituel mélange de slasher et de survival pour un road movie meurtrier, où une infirmière se retrouve embarquée avec quatre barjos (dont fatalement Leatherface) dans une virée sanglante rappelant autant Rob Zombie (encore lui) que Sam Peckinpah. Ce qui coince, c’est que hormis une Lily Taylor déchaînée (succédant à une Angela Bettis initialement prévue), le casting et les personnages qui vont avec (l’oie blanche, le demeuré, le beau gosse et les chiens fous) peinent à susciter l’attention, à peine soutenu par les apparitions d’un Stephen Dorff en shérif grave en quête de vengeance (on a encore le droit de faire ça en 2017?). Comme souvent avec le duo, l’emballage se tient (de belles images crasseuses et une violence cintrée qui n’épargne personne), moins le contenu. On s’interroge une fois de plus sur l’envie de briser tout le mystère Leatherface, redessiné tel une figure tragique évoquant Norman Bates et Le fantôme de l’opéra. Confirmation: ce n’était vraiment pas nécessaire.

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« Leatherface », massacre sans tronçonneuse Jeremie Marchetti

Summary: Date de sortie 2 janvier 2018 en DVD (1h 25min) / De Julien Maury, Alexandre Bustillo / Avec Stephen Dorff, Lili Taylor, Sam Strike / Genres Epouvante-horreur, Thriller / Nationalité américain

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Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



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