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Published on décembre 30th, 2017 | by Jeremie Marchetti

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LÉA MYSIUS, PROMESSE CHAOS

Après Caroline Poggi et Jonathan Vinel promesses chaos 2016, Léa Mysius, réalisatrice de Ava, est LA promesse chaos 2017. Ne cherchez pas ailleurs, le cinéma chaos de demain, c’est elle.

Amazone bleue, seins dehors, fusil en joue: l’affiche d’Ava a quelque chose qu’on oublie pas, qui s’éloigne déjà de tout ce qu’on peut s’imaginer d’une bluette d’été ou d’un teen movie élégiaque. C’est là où Léa Mysius frappe fort: elle est loin de tout. Loin des assiettes qu’on casse dans les apparts du 16ème, loin des apéritifs en terrasse improvisés façon contes moraux, loin du récit initiatique couleur menthe à l’eau. Ava, c’est un cocktail acide qu’on a beaucoup remué. À y regarder de plus près, Grave est peut-être ce qu’il y a de plus proche cette année dans le giron du premier long-métrage de Mysius, premier long de réalisatrice aussi, avec ce même regard frondeur, jamais effarouché. Il y a une incorrection qui trouble dans ce Ava au fil de l’eau salée et du sable: une mine boudeuse qu’on aime et qu’on déteste, une ado dont le monde s’éteint au sens propre, qui cherche un sens à sa vie dans le chaos. Une petite silhouette nue à la Robbe-Grillet qui se lance dans les vagues, qui crapahute sur les dunes pour détrousser les nudistes (idée vilaine et absurde comme on aime), qui adore un gitan Pasolinien à en crever, à en faire des conneries. «Je veux le sauver, et je veux être sauvé». On pourrait voir du Jacques Doillon, du Pauline à la plage: Mysius fait du Mysius, en accord avec la beauté du paysage et sa laideur, avec les corps, avec le bizarre. Dans son premier court Cadavre exquis, une gamine solitaire trouvait le cadavre d’une femme et le conservait loin des regards. Malaise beau, malaise chaos, preuve déjà que quelqu’un derrière la caméra n’avait pas peur. Dans Ava c’est ça aussi: une frontalité qui évoque en germe le cinéma des 70’s. Objet râpeux, objet solaire, entre le confort et le réconfort, l’abrasif et le maniérisme, entre ce qui est pop (la ballade magique sur Sabaili) et ce qui ne l’est pas. Avec Léa (également scénariste sur les Fantômes d’Ismaël de Desplechin) et grâce à Ava, une nouvelle aventure chaos commence.

NB. Notons que notre Philippe Rouyer avait prédit la chaosattitude de Léa Mysius en attribuant, au moment de notre bilan du Festival de Cannes 2017, sa Palme du chaos à Ava.

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Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



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