Interview

Published on mars 7th, 2018 | by Romain Le Vern

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[INTERVIEW] PASCAL LAUGIER

Une mère et ses deux filles. Une demeure flippante. Deux psychopathes toqués de poupées. Avec GHOSTLAND, Pascal Laugier signe un vrai film d’horreur pour adultes: dérangeant, malsain et non exempt de mélancolie, de lyrisme, de beauté. De quoi nous rappeler cette si précieuse phrase de Pier Paolo Pasolini au spectateur actuel: «scandaliser est un droit, être scandalisé, un plaisir. Quiconque refuse le plaisir d’être scandalisé est un blême moraliste». Entretien garanti sans question sur comment-elle-est-Mylène-en-vrai (même si la Farmer y est formidable)

Ghostland de Pascal Laugier a triomphé au dernier Festival de Gérardmer, recevant le Grand Prix, le prix du public et le prix Syfy. Rien de moins et l’on parie qu’il aurait pu glaner d’autres prix, afin d’asseoir son incontestable réussite de pur film d’horreur. L’histoire, garantie sans spoilers: Pauline (Mylène Farmer) et de ses deux filles héritent d’une (étrange) maison. Mais dès la première nuit, des meurtriers pénètrent dans la demeure et Pauline doit se battre pour sauver ses filles. Un drame qui va traumatiser toute la famille mais surtout affecter différemment chacune des jeunes filles dont les personnalités vont diverger davantage à la suite de cette nuit cauchemardesque… Et on n’en dira pas plus. Dévoiler toutes les surprises que contient ce rollercoaster de l’angoisse se révèle être une mauvaise option. Tout juste dira-t-on qu’il y a dans Ghostland un double plaisir: celui, ludique, d’être séduit par un pur film d’horreur comme on n’en ose plus, multipliant les faux-semblants, les degrés, les niveaux, les réalités; et celui, pervers, d’être bousculé, dérouté, dérangé par une expérience misant sur l’intelligence d’un spectateur adulte, capable de ne pas tomber dans les pièges volontairement tendues. Bref, c’était le grand film d’horreur de ce début 2018 et sa sortie en salle le 14 mars fait figure d’événement.

10 ANS DE «MARTYRS»
«Quand je faisais Martyrs, je pensais sincèrement que je ne ferai plus jamais de film après.» Lire la suite

FILMS INTERDITS
«L’interdiction aux moins de 16 ans pour Ghostland me parait totalement hérétique.» Lire la suite.

100% LIBRE
«J’ai totalement eu les coudées franches pour réaliser GhostlandLire la suite.

LOVECRAFT
«Cela m’intéressait beaucoup de créer un personnage de 14 ans actuel qui ne soit pas sur les réseaux sociaux, qui soit en décalage, à l’ancienne, qui ait des modèles et des héros à atteindre. En l’occurrence, Lovecraft qui est ma seule raison de faire ce film.» Lire la suite.

FRANCE VS ÉTATS-UNIS
«Je suis un cinéaste profondément européen, je n’ai jamais joué au yankee. Alors, si c’est pour partir aux États-Unis, jouer au mercenaire et me faire humilier par un système qui te dit dès le début «ton film est à nous», c’est non.» Lire la suite.

ENFANT DU XXe SIÈCLE
«J’ai 46 ans, je suis un enfant du XXe siècle ayant grandi avec le cinéma des années 70, avec des films comme La horde sauvage et Taxi Driver. Et je sens bien qu’une partie du cinéma actuel ne s’adresse plus à moi.» Lire la suite.

POLÉMIQUE
«Je ne nourris aucune amertume, je partage juste un constat sur une époque difficile quand on est cinéphile. J’ai du mal à m’adapter à la culture digitale car elle a détruit ce à quoi je tenais le plus.» Lire la suite.

ART VS MORALE
«Passer l’art par la morale est un vrai problème franco-français. Les Américains, ils ont un autre problème: ils passent tout le cinéma par le prisme unique qui est le pognon; ce qui donne l’état absolument catastrophique du cinéma américain actuel.» Lire la suite.

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C'est en découvrant la scène où le renard prononce un sublime "le chaos règne" dans "Antichrist" de Lars Von Trier qu'il a eu l'idée de créer ce blog.



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