Inédits CHAOS im-nt

Published on janvier 8th, 2017 | by Jean-François Madamour

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[INÉDIT CHAOS] I AM NOT A SERIAL KILLER de Billy O’Brien

serialkillerAvec I’M NOT A SERIAL KILLER, présenté en compétition au PIFFF, le réalisateur britannique BILLY O’BRIEN que nous avions découvert avec le passionnant ISOLATION, donne de ses nouvelles dans un thriller haletant soutenu par la prestation du Christopher Lloyd. PRETTY CHAOS.

Dans une petite bourgade américaine, un lycéen perturbé (Max Records, la découverte du Max et les maximonstres de Spike Jonze), diagnostiqué sociopathe par les psychiatres, décide de traquer le tueur en série qui sévit dans la région, un homme qui pourrait bien être l’un de ses voisins au comportement étrange (Christopher Lloyd, aux antipodes de tout ce que vous savez de lui au cinéma). Peut-être que vous vous en souvenez: on avait découvert Billy O’Brien avec Isolation, un thriller fantastique original et efficace relevant jusqu’au bout son pari a priori précaire: filer les jetons avec des vaches mutantes.

Interviewé par nos soins, le cinéaste révélait sur ce coup d’essai: « le fantastique est un genre que j’affectionne particulièrement parce qu’il fait partie de ma culture. En revanche, je n’avais pas envie de faire trop de citations à d’autres films parce que je trouve que ce système a ses limites. Adolescent, j’ai vu plein de thrillers horrifiques des années 70 qui ont une âme, avec des personnages fouillés pour lesquels on souffre. Avec Isolation, j’avais envie d’insister sur des sensations très humaines. Mais également jouer avec le suspense graduelle comme dans Alien, le septième passager, de Ridley Scott. Ce qui m’intéressait dans le fait de montrer un groupe aux prises d’une menace, c’était de faire en sorte que le spectateur ne devine pas la prochaine victime. Mon pari de scénariste était là d’autant qu’il n’y a que cinq personnages qui comptent dans le film. On a tous vu un nombre incalculable de fictions dans lesquelles on savait d’emblée que tel ou tel personnage allait mourir en premier, en second etc. J’avais envie de secouer les règles. La seule partie linéaire du film, ce sont les 20 dernières minutes puisqu’il ne reste plus que deux personnages avec la créature. Là, on retombe dans le plaisir immédiat et on est moins dans l’installation d’une atmosphère. Quand on évoque Isolation, on me cite souvent The Thing comme référence et je revendique, bien sûr. »

Dans I’m not a serial killer, adaptation du best-seller de Dan Wells tournée en analogique, sur de la pellicule 16mm (ce qui donne un beau cachet vintage et cracra), Billy O’Brien cherche à déstabiliser le spectateur, à poser un climat (la ville de Clayton, en apparence tranquille, en réalité bouleversée par des meurtres) et à prendre à rebours les clichés comme les expectatives. C’est tant mieux pour sortir du tout-venant aseptisé. Première bonne idée: le protagoniste est un ado taraudé par des pulsions morbides, dont la maman tient un salon funéraire, passionné par les autopsies comme les tueurs en série. Par la grâce de la photo de Robbie Ryan (celui qui est derrière American Honey de Andrea Arnold) qui joue sur les couleurs pour amplifier la dualité psychologique, le cinéaste joue évidemment sur la santé mentale d’un ado qui est convaincu, au fond de lui, d’être voué à un destin de serial killer, et dont on se demande au début s’il ne confond pas fantasme et réalité. Heureusement, il ne s’agit que du postulat de base et l’intrigue dérive puisqu’on découvre assez rapidement qui est le fameux tueur et que ledit lycéen perturbé va commencer à le traquer et à entretenir une relation ambiguë avec lui. Jusqu’au climax final, qui ruine un peu tout par ses effets spéciaux approximatifs et son virage soudain dans l’explicitation, là où l’on aurait préféré plus de suggestion. Le même écueil que dans Isolation, d’ailleurs, quand on y repense.

On retient néanmoins l’originalité de la démarche. Du thriller psychologique au film de monstre, il n’y a qu’un pas. Et puis c’est agréable de retrouver Christopher Lloyd dans ce rôle-là, plus substantiel qu’à l’accoutumée (et plein de surprises). Et puis toute cette ambiance de teen movie mélancolique, enrichie d’une réflexion sur la différence, démontre que non seulement O’Brien n’a rien perdu de son savoir-faire, dans la gestion du suspense par exemple, mais surtout que ses films méritent d’être découverts en salle dans l’Hexagone.

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