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Published on octobre 11th, 2017 | by Alex Masson

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FRIEDKIN, CATTET, FORZANI, GOOSSENS… TOUS À STRASBOURG!

Le Festival européen du film fantastique de Strasbourg s’est déroulé cette année du 15 au 24 septembre 2017 et c’était prima. Notre correspondant Alex Masson y était in the name of chaos.

Faute d’agenda concordant, on a loupé la grande attraction du 10e FEFFS (Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg), un William Friedkin parait-il très en forme. Du coup, c’est surtout celle d’un festival à la réputation croissante qu’on à observé le temps de quelques jours. Bon signe, le FEFFS rayonne d’une parfaite chaleur humaine, d’un esprit bon enfant. Même l’annulation, pour raison de sécurité, de la rituelle Zombie Walk a été accueillie sans trop de râlerie des aficionados…Pas de morts ambulants dans les rues donc mais une programmation aux airs de cadavre exquis, assez symptomatique du flou artistique dans lequel baigne le cinéma fantastique depuis quelques années, entre purs films dans les canons du genre et embardées sur d’autres terrains, tentatives de bousculer les codes. Les puristes pourraient effectivement se gratter à la tête en découvrant au sein d’une «compétition fantastique» des titres comme Laissez bronzer les cadavres ou Mise à mort du cerf sacré en côtoyer d’autres plus dans les rails usuels. Les autres y verront une saine envie d’ouvrir les chakras. Les films de Cattet & Forzani ou Yorgos Lanthimos faisant office d’expérience sensorielles, à leurs manières assez anars (vigoureuse pour Laissez bronzer les cadavres transformant des lingots d’or en golden shower; trop froidement théorique pour Mise à mort… trop biberonné à une misanthropie kubrickienne) éclaboussant les autres compétiteurs, pas moins inquiets mais pelotonnés dans une poésie plus (Earth & Light, The endless, The crescent) ou moins (Dave made a maze et son joli labyrinthe existentialiste en carton à la Gondry) envahissante. Ajoutons-y un sud-coréen réglementaire mais aussi efficace qu’anonyme (A day) ou la curiosité Thelma, relecture bergmanienne de L’exorciste II: l’hérétique, qui égare sa vision noire d’une émancipation adolescente dans d’inutiles digressions.

En plus d’une compétition invitant aux pas de côté, une autre section Crossovers changeait carrément de trottoir. Notamment pour un cahiers des doléances et revendications féminines (Bitch et sa dissection d’une famille, apparition de Marianna Palka, forcément à suivre quand les aboiements de sa femme-chienne résonnent comme une voie de traverse entre le sens du malaise d’un Todd Solondz et l’absurdité buñuelienne; The little hours, sympathiquement égrillarde nunsploitation et ses médiévales bonnes sœurs en chaleur, un autre sud-coréen réglementaire – The villainess, plus intéressant pour ses cascades que pour sa lucbessonienne tueuse à gages en mal d’amour). Et pendant qu’Andrès Muschetti faisait mumuse avec la nostalgie du cinéma d’horreur teenage des années 80 (Ça, film d’ouverture), Kevin Phillips allait fouiller dans les années 90 avec l’intrigant Super dark times. Si cette énième chronique du spleen ado s’emmêle les pinceaux dans un dernier virage du côté d’un serial killer en germe, la combinaison entre un cafard hivernal dans une ville pavillonnaire et les montées de sève de mômes dépassés par leurs hormones en fait un inattendu rejeton désabusé du cinéma de John Hughes.

L’humeur est plus bidonnante dans le film le plus surprenant vu au FEFFS, et pas seulement parce qu’il n’a aucun lien de parenté avec le cinéma fantastique. Ron Goossens, low stuntman budget croque le portrait d’un tocard patenté, pochtron de compétition devenant cascadeur malgré lui pour reconquérir sa femme qui ne le laissera revenir au foyer que s’il se tape une star de cinéma. Glauque? Non, admirablement kamikaze quand une version hollandaise, et finie à la bière, d’un personnage à la Zoolander persiste à se fracasser le corps et la tête. Le tandem Steffen et Philip en profite pour tacler, en étant à peine plus soft que le Verhoeven première période, une société toujours plus décomplexée. Fier de ses mauvaises manières jusqu’à son épilogue se torchant dans les règles usuelles des génériques de fin, Ron Goossens, Low stuntman et sa population dégénérée renvoient les comédies de Judd Apatow comme celles de n’importe quel zozo du SNL dans les cordes en étant plus offensif. Mais surtout plus touchant par son anti-héros, Sisyphe de la lose se remettant toujours en selle pour foncer de nouveau dans le mur.

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Jurait petit qu’il serait réalisateur. A rapidement renoncé quand il a découvert Michael Powell, Masahi Kobayashi, Miklos Jancso et quelques autres, constatant qu’il ne serait jamais à la hauteur.



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