BREAKING

Published on avril 13th, 2018 | by CHAOS REIGNS

0

Festival de Cannes VS Netflix

Le directeur des contenus de Netflix Ted Sarandos a indiqué que le géant du streaming serait absent cette année du Festival de Cannes à cause de la réglementation hexagonale. Thierry Frémaux, de son côté, ne ferme pas la porte tout en évoquant un gâchis artistique. Ambiance.

Pour faire simple, d’un côté, selon la nouvelle règle, les films sans distribution en salles en France sont exclus de la compétition au Festival de Cannes. De l’autre, la plateforme refuse de projeter ses productions qui ne concourraient pas. Au centre, une évidence: la plateforme américaine continue d’inquiéter les professionnels du secteur. « Netflix veut tout garder pour lui. La seule chose qu’il veut, c’est que les spectateurs s’abonnent et n’aillent nulle par ailleurs« , regrettait sur Europe 1 Marc-Olivier Sebbag, le directeur général de la FNCF, qui regroupe les exploitants de cinéma. Dans un entretien au magazine spécialisé dans l’industrie audiovisuelle Variety publié mercredi, soit un jour avant la si attendue conférence de presse du Festival de Cannes, Ted Sarandos a expliqué que le festival avait mis en place une nouvelle règle interdisant à tout film sans distribution en salles en France d’être en compétition. « Nous voulons être sur un plan d’égalité avec les autres cinéastes », a relevé Sarandos, estimant par ailleurs que projeter des films hors compétition ferait courir aux films et aux cinéastes produits par Netflix le risque de subir un « manque de respect (…) Je ne pense pas que ce serait bien pour nous d’y aller ». Interrogé sur cette épineuse question lors de la conférence de presse, Thierry Frémaux a répondu: « Netflix est le bienvenu à Cannes (…) contrairement aux apparences, nous avons un dialogue fructueux (…) Je lance un appel à Ted Sarandos et Reed Hastings pour venir et nous continuerons à parler« . Et poursuit en insistant sur le gâchis artistique d’un tel retrait: « Nous avions fait à Netflix deux propositions. L’une pour un film en compétition et l’autre pour le film inachevé d’Orson Welles, The Other Side of the Wind, hors compétition. Mais pour des raisons qui leur incombent, Netflix a décidé de les retirer. C’est dommage, la place de ce film était à Cannes« . Désemparée, Beatrice Welles, la fille du cinéaste, a envoyé un email à Sarandos que Variety a pu, en partie, se procurer dans lequel elle écrit: « j’ai vu comment les grosses maisons de productions avaient détruit sa vie, son travail et un petit peu de l’homme que j’aimais tant. Je ne pourrais supporter que Netflix devienne comme ces entreprises » et supplie Sarandos de revenir sur sa décision pour que « le travail de son père soit le point de ralliement entre Netflix et Cannes ».
Netflix avait fait couler beaucoup d’encre l’année dernière à Cannes en refusant de diffuser en salles Okja qu’il avait produit, pour pouvoir le fournir sans délai à ses abonnés. Il avait aussi en compétition The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach. Le nouveau poids lourd de l’audiovisuel mondial a dit être ouvert à  une sortie de ses films dans les salles françaises mais pas à garantir une  fenêtre de 36 mois après la sortie avant qu’ils soient disponibles en streaming.La réglementation française prévoit pour un film: une sortie au cinéma, puis quatre mois après en DVD ou en vidéo à la demande à l’acte (VàD) et, au bout de dix mois, à la télévision. Il ne peut être diffusé sur une plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) que 36 mois après sa sortie. Cette chronologie est considérée en grande partie comme obsolète à cause de l’essor du piratage et des plateformes de SVOD comme les Américains Netflix et Amazon. Un rapport commandé par le gouvernement pour moderniser ce système proposait en mars de ramener de quatre à trois mois la période d’exclusivité dont disposent les cinémas pour diffuser la plupart des films. La disponibilité sur les plateformes de vidéo par abonnement serait avancée à quinze mois après la sortie en salles, mais uniquement pour celles dites vertueuses, c’est-à-dire qui respecteraient une série d’engagements assez stricts en termes de financement de la création française. Des conditions que Netflix et Amazon notamment sont loin de remplir.Les plateformes non vertueuses verraient leur période de diffusion commencer à 27 mois. Affaire à suivre.

Spread the chaos
  • 10
    Shares

Tags: ,


About the Author



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑

error: Chaos Reigns !