Cannes2018

Published on mars 24th, 2018 | by CHAOS REIGNS

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[LE DOSSIER DU MOIS] CES FILMS DÉTESTÉS AU FESTIVAL DE CANNES, ADORÉS PLUS TARD

Le lynchage cannois dans la presse est une forme relativement bénigne de comportement collectif incontrôlé dont on trouve des équivalents plus extrêmes dans les stades de foot lorsqu’une partie du public envahit la pelouse pour agresser les arbitres ou les joueurs. Dans les festivals de film, ce genre de manifestation est moins le résultat d’une frustration liée à la nature binaire du jeu (gagné ou perdu) que l’expression immédiate d’une pensée réflexe, donc partielle et passablement imbécile. Elle a toujours existé, mais elle s’est aggravée aujourd’hui avec la multiplication des réseaux sociaux et des nouveaux médias dont les adeptes rivalisent pour être les premiers à poster un avis lapidaire, parfois avant même avant la fin de la projection. La précipitation alliée à la simplification ne risque pas d’élever le débat.

PAR MORGAN BIZET, ALEXANDRE COMTE, GERARD DELORME, SINA REGNAULT & GAUTIER ROOS

Dernier exemple en date: le traitement critique de Faute d’amour de Andrey Zvyagintsev. Film totalement snobé par la presse le jour de sa présentation en compétition au dernier Festival de Cannes, brusquement réévalué au moment de la sortie en salles, comme le confesse Le Nouvel Obs.

Sans mea culpa, Les Inrocks ont par exemple publié deux avis diamétralement opposés: d’un côté, le nouveau film du cinéaste russe déçoit lors de sa présentation à Cannes mais c’est son meilleur à sa sortie. Deux plumes différentes, certes, mais n’est-ce pas commode au fond? Et surtout n’est-ce pas symptomatique de la presse cinéma depuis quelques années (au-delà même des embargos imposés par les studios à des journalistes robinets à promotion, des films pas montrés à la presse, des projections fliquées par des cerbères confisquant les smartphones etc.), à la recherche de son modèle économique et prise dans la course aux clics, aux avis expéditifs sur les réseaux sociaux et aux selfies fan-attitude avec les stars?

Finalement, est-ce que tous ces retournements de veste et toutes ces dérives ne justifient pas la démarche de Thierry Frémaux consistant à ne plus donner l’exclusivité du film aux journalistes Cannois? Une bonne nouvelle pour nos Eric Neuhoff et Pierre Murat qui, peut-être, retrouveront le sourire dans le sempiternel tableau des étoiles du Film Français.

Assassin(s): Kasso cassé

Adieu au langage: Pierre Troll Jacques

La malédiction James Gray

Southland Tales, la descente aux enfers de Richard Kelly

Frankenheimer vexé de l’accueil pour Seconds

Les fous, ils ont sifflé Taxi Driver (1976)

Never forget Jane Campion (Sweetie, 1989)

Pialat, certes, mais Lynch aussi (Sailor et Lula, 1990)

Lynch encore, toujours (Twin Peaks: Fire Walk With Me, 1992)

Dans ta gueule, Trainspotting

Crash, c’est chaud, c’est chaos (mais c’est bâché par la presse)

Requiem For a Dream adulé et haï, culte et plus-culte

The Brown Bunny, «pire film de l’histoire de Cannes»

Elle a un problème, Rosetta?

COMME DIRAIT GUS VAN SANT…
«Il y a beaucoup de films que j’aime qui ont été sifflés à Cannes: Kids de Larry Clark, The Brown Bunny de Vincent Gallo – j’étais d’ailleurs dans la salle – et même les frères Coen avec O’Brother. Les Français ont cette culture du tapage. Et puis, j’ai eu des mauvaises réactions à Cannes pour Elephant. Quand j’ai gagné la Palme d’or, une personne dans la salle a d’ailleurs fait un geste comme si elle allait vomir.» in Le Point

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