Critique

Published on mars 14th, 2017 | by Jeremie Marchetti

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[CRITIQUE] ZOOLOGIE de Ivan I. Tverdovsky

[CRITIQUE] ZOOLOGIE de Ivan I. Tverdovsky Jeremie Marchetti

COUP DE COEUR - MARS 2017

Summary: Date de sortie 15 mars 2017 (1h 27min) / De Ivan I. Tverdovsky / Avec Natalya Pavlenkova, Dmitri Groshev, Irina Chipizhenko / Genres Drame, Fantastique / Nationalités russe, allemand, français

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Original mais pas queue. Il pousse une queue dans le bas du dos de Natacha. Résignée jusqu’alors à une vie plutôt terne, cette étrangeté lui offre une liberté nouvelle.

Queue je t’aime. Une femme avec une queue? Et non, on ne vous parle pas de la dernière horreur d’Audrey Dana. Car il s’agit d’une queue, une vraie. Et n’y voyez surtout un moyen détourné de parler de la même chose mais en bas du dos: Zoologie n’a vraiment rien en commun avec le bidule transphobe de la Dana. On ferme le dossier et zou, on fait la rencontre de Natacha, une vieille fille russe à la vie moche et terne. Travaillant pour l’administration d’un zoo, encore placardée chez sa mère, la pauvre femme a laissé sa vie couler entre les doigts depuis longtemps, ne trouvant qu’un semblant de bonheur dans le contact avec les animaux de son travail. Mais une douleur et un évanouissement plus loin, Natacha se retrouve donc avec un looooong appendice dans le dos, visiblement doué d’une vie propre et assez envahissant. Inutile de crier au fond: Zoologie n’a rien d’un body horror cronenbergien, encore moins d’une comédie trash à la Frank Henenlotter ou d’une farce façon Farrelly bros. De manière très déstabilisante (et donc chaos), la surprise est d’ailleurs révélée au public de manière très naturelle, comme une énigme venue de nulle part. Ce qui est intéressant, ce n’est donc pas d’où vient cette queue, ni comment ou pourquoi, mais ce qu’il adviendra de Natacha, pas si bouleversée d’ailleurs. Cette même queue l’amènera à rencontrer un séduisant radiologue qui va très vite lui redonner quelques couleurs. Rom Com? Parfois oui, et en fait pas du tout. Zoologie ne cherche même pas à slalomer entre les genres, juste à poser un portrait de femme où l’élément surréaliste est un simple déclencheur pour conter les tourments et les joies d’une femme d’âge mûre, qui va se redécouvrir sous nos yeux. On peut penser parfois à Gloria, autre portrait de senior qui embrassait la vie, mais Zoologie n’est peut-être pas aussi optimiste. En réalité, il y a même une amertume qui laisse place à une parabole plus qu’évidente: Natacha c’est Mama Russia qui tente de s’émanciper, et qui n’y arrivera peut-être pas. L’absence de tolérance (la cruauté pernicieuse des scènes au bureau), le slut-shaming, le fanatisme religieux, la peur: Natacha voudrait contrer ça, et nous avec. Mais la réalité, la sick sad réalité, sera toute autre. Au bout de tout cela, une Natalya Pavlenkova épatante, qui se métamorphose plan après plan, une belle scène chaos malaise (mais chuuuut) et même de la pop russe (qui vous pourrira le cerveau jusqu’à la fin de la semaine). Bref, pour une jolie surprise, c’est une jolie surprise.

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Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



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