Critique

Published on août 11th, 2017 | by Jean-François Madamour

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[CRITIQUE] UNE VIE VIOLENTE de Thierry de Peretti

[CRITIQUE] UNE VIE VIOLENTE de Thierry de Peretti Jean-François Madamour

History of violence

Summary: Date de sortie 9 août 2017 (1h 53min) De Thierry de Peretti / Avec Jean Michelangeli, Henry-Noël Tabary, Cédric Appietto / Genres Thriller, Drame / Nationalité français

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V for Vendetta. Malgré la menace de mort qui pèse sur sa tête, Stéphane décide de retourner en Corse pour assister à l’enterrement de Christophe, son ami d’enfance et compagnon de lutte, assassiné la veille. C’est l’occasion pour lui de se rappeler les évènements qui l’ont vu passer, petit bourgeois cultivé de Bastia, de la délinquance au radicalisme politique et du radicalisme politique à la clandestinité.

Génération perdue. Dès la première scène par trop volontariste et en cela instantanément clivante, le spectateur comprend que cette histoire-là, brutalement exposée sous nos yeux, se poursuivra dans une intense confusion (euphémisme) et se terminera dans un inéluctable bain de sang. S’il ne prend pas le train immédiatement, ledit spectateur risque de rester sur le quai et donc de passer à côté de ce film, en rejetant tout en bloc, à commencer par la noirceur. Allons, calmons-nous et buvons frais.
On a bien compris que l’on n’était pas venu ici pour rire: les personnages suivent une marche funèbre façon tragédie moderne ancrée dans la réalité corse. Soit des hommes qui marchent vers leur destin, sous le regard de mères qui se sont résolues, depuis des générations, à voir leurs fils mourir sous les balles, et de sœurs et de petites amies qui préfèrent fermer les yeux. Voilà le tableau d’une île où la lutte armée s’est abîmée dans les dérives mafieuses, le sectarisme et les guerres intestines et il est sans la moindre concession.
Sous couvert de réciter les codes du film de mafia et de gangster, Une Vie Violente interroge les fins et les moyens du combat politique. L’action se déroule dans les années 90 mais elle est à mettre en résonance avec ce qui se passe actuellement; la fièvre décrite ici n’est guère retombée dans une partie de la jeunesse nationaliste. Ce bruit et cette fureur contiennent autant de maladresses que de beautés, de tremblements que d’incompréhensions. En d’autres termes, c’est à prendre ou à laisser. Et malgré les réserves, on prendra car ce très très rare représentant du cinéma made in Corse qu’est de Peretti fait du cinéma qui bouillonne, qui infuse pour mieux questionner.
Dans la veine de son précédent et épatant Les Apaches, il réussit à capter quelque chose de cru, de vivant et de juste, fortement puisé dans le vécu et puissamment communiqué aux profanes, à la manière d’une immersion mentale et physique. Une forme heurtée et heurtante, vibrionnante, synchrone avec la volonté de (dé)peindre le portrait d’une génération meurtrie par la lutte armée et les guerres fratricides. Pas convaincus? Essayez quand même. On reproche trop souvent au cinéma franco-français de ronronner pour ne pas se réjouir lorsqu’il fait joliment tache.

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Ours plumitif.



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