Critique

Published on juillet 21st, 2017 | by Baptiste Liger

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[CRITIQUE] VALÉRIAN ET LA CITÉ DES MILLE PLANÈTES de Luc Besson

[CRITIQUE] VALÉRIAN ET LA CITÉ DES MILLE PLANÈTES de Luc Besson Baptiste Liger

STARCRASH

Summary: Date de sortie : 26 juillet 2017 (2h16) / De Luc Besson / Avec Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen, Rihanna, Ethan Hawke, Herbie Hancock, Kris Wu, Rutger Hauer, Alain Chabat... Genre : science-fiction / Nationalité : française

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La paire des étoiles. Il s’appelle Valérian (Dane DeHaan), et elle, c’est Laureline (Cara Delevingne). Tous deux forment un duo d’agents intrépides, écumant l’espace pour le compte du Pouvoir Central. Il y a bien quelque chose entre les deux mais, bon, ça ne se dit pas. Au XXVIIIème siècle, l’équilibre de la galaxie – et en particulier de la station orbitale Alpha – est toutefois menacé depuis que la paix entre les peuples a été ébréchée. Qui va réussir à avoir entre ses mains le Transmuteur de Gluxte qui reproduit tout ce qu’il ingurgite? Et quels sont les véritables desseins du commandant Arün Filitt (Clive Owen)?

Pluto(-t) Naze. Le voilà donc, le plus gros budget de l’histoire du cinéma français – et même mieux, européen! Il aura ainsi fallu pas moins de 200 millions d’euros à Luc Besson pour arriver à monter, après des années de galère, son rêve de toujours: signer l’adaptation de la fameuse BD de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, qui l’avait fait rêver quand il était gosse. L’obstination aura été payante puisque le géniteur du Grand bleu lance en fanfare ce qui devrait être, en théorie, l’aboutissement de sa carrière. Et c’est là où le bât blesse. Terriblement. Surtout au moment où Hollywood propose des blockbusters de l’ampleur formelle et théorique de, mettons, Logan, La Planète des singes – suprématie ou Dunkerque, renvoyant le Français copain des dauphins des décennies en arrière. Hélas sans le plaisir coupable du vintage. Le tout début de Valérian et la Cité des mille planètes, pourtant, laissait augurer d’une bonne surprise, avec Bowie en bande-son et ses poignées de mains diplomatiques entre aliens et cinéastes de la galaxie EuropaCorp (on notera les caméos d’Olivier Mégaton, Louis Leterrier, Xavier Gianolli ou… Benoît Jacquot!). Anecdotique, mais bonne entrée en en matière. Mais, bien vite, la naïveté de l’imagerie néo-moebiusienne, piochant au passage ouvertement dans Avatar, tombe dans un kitsch embarrassant – après tout, on peut s’en accommoder, acceptant les codes graphiques et chromatiques du genre. Par la suite, il y a bien une scène mêlant plusieurs niveaux de réalité et critique (pas finaude, mais plutôt jouissive) du tourisme commercial assez efficace et vertigineuse – même si l’on sent le recyclage de quelques œuvres du genre, et la volonté de séduire les ados gamers. Patatras!, on retombe bien vite dans la réalité, bien uniforme pour le coup, de l’imaginaire bessonien: une grenouille froggy qui se voudrait plus grosse que le bœuf – et tant pis si celui-ci est dopé aux hormones…
Le temps semble s’être arrêté pour Luc Besson depuis Le Cinquième élément et sa proposition d’esthétique rétro-futuriste ne convainc guère, malgré tous les efforts de son équipe techniquement plutôt compétente. Osons le mot: l’ensemble est laid, très laid. Et, surtout, terriblement ringard. Besson se rêve en George Lucas, mais c’est le spectre de Pluto Nash avec Eddie Murphy qui semble avoir contaminé son film. Le ratage de Valérian et la Cité des mille planètes tient aussi à un couple qui ne fonctionne pas. Jamais on ne croit à la fusion entre les deux. Si on l’avait récemment apprécié dans le sous-estimé A Cure for life, Dane DeHaan n’a ni la candeur, ni le panache, encore moins le charisme du héros-titre – surtout lorsqu’il rate magistralement ses punchlines. Et que dire de Cara Delavigne en Laureline qui, si elle maîtrise bien la moue boudeuse et porte admirablement le bikini, peine semble-t-il à comprendre ce qu’elle a à réciter (peut-être est-ce pour cette raison qu’elle fait la gueule, d’ailleurs?). Tu l’as vu, ton «strong female character» pour plaire aux adolescentes ? Oui, mais un petit sourire sur la photo ne ferait pas de mal… Le reste du casting a alors des airs de cache-misère: quelques vedettes disponibles qui cachetonnent (après Gangsterdam, la dégringolade Rutger Hauer continue…), comme d’autres auraient fait Danse avec les stars (mention à Clive Owen, qui semble s’en foutre comme du tirage de l’Euromillions, puisqu’il a déjà palpé…).
De toute manière, tout ce petit monde semble avoir pigé que le récit souffre d’un scénario qu’on qualifiera poliment de malade. Piochant librement dans l’album L’Ambassadeur des Ombres, le scénario s’étire en longueur sans la moindre notion de structure, se délite en cumulant les péripéties ayant laissé la tension aux vestiaires. Les morceaux de «bravoure» s’enchaînent comme des clips, notamment le «strip-tease» polymorphe de Rihanna, qui révèle la véritable nature de cette succession de séquences… Son personnage de Bubble, sacrifié, aurait mérité un meilleur sort, tout comme ses créatures arnaqueuses (les Shingouz), un trio sous-exploité. On trouvera bien sûr, ci et là, une poignée de bonnes idées, mais elles ne font que révéler en creux la faiblesse de l’ensemble. Qui, au fond, n’est guère différent de ce que nous propose – sans la carte de visite « auteur populaire» – ce bon vieux tâcheron de Paul W.S. Anderson. Moralité: toujours se méfier des compagnons de Milla Jovovich, toujours…

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One Response to [CRITIQUE] VALÉRIAN ET LA CITÉ DES MILLE PLANÈTES de Luc Besson

  1. pirate says:

    Besson quoi, un mauvais réalisateur immature, un pitoyable scénariste et un bon producteur du moins assez bon pour ramener 200 millions de budget pour faire un mauvais film. mais bon avec un budget publicitaire équivalent, le public devrait se précipiter. Et après tout c’est tout ce qui n’a jamais compté pour Besson, le cinéma il s’en fout.

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