Critique

Published on février 7th, 2018 | by Jeremie Marchetti

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[CRITIQUE] REVENGE de Coralie Fargeat

[CRITIQUE] REVENGE de Coralie Fargeat Jeremie Marchetti

Horreur, malheur

Summary: Date de sortie 7 février 2018 (1h 48min) / De Coralie Fargeat / Avec Matilda Lutz, Kevin Janssens, Vincent Colombe / Genre Thriller / Nationalité français

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She wants revenge. Comme une Lolita sortie d’un Gregg Araki, Jen déboule dans une villa au milieu de nulle part, où l’attend un riche et odieux golden boy, qui trompe évidemment une mère au foyer trop occupée à préparer des papillotes. Dommage que deux autres compagnons de fortunes s’incrustent dans ce paysage, tous (slips) tendus face à la créature de rêve. Le masculin l’emportera: violée mais pas défendue par son hôte, l’objet du désir finira empalé sur une branche au fond d’un ravin. Mais au cinéma, tout est possible, même l’impossible: après une renaissance dans la douleur, Barbie s’en va t-en guerre pour dégommer les trois mâles. Vous avez lu non? RE-VEN-GE.

I spit on your grave made in France. Tout est dans le titre me direz-vous. Après le «rape», le «revenge». Et on met en valeur le «revenge». Pour un premier film, Coralie Fargeat ne s’embarrasse d’aucun scénar tarabiscoté et va à l’essentiel. On soupçonne alors la jeune réalisatrice d’être sans doute un poil écrasée par la notoriété Grave au rayon film de genre français à la fois sanglant, assumé et féministe. Le geste, tout aussi frontal, n’a cependant pas la même subtilité, ni le même ton. Un rape & revenge français ça ne court pas les rues, encore moins réalisé par une femme: le (triste) comble pour un des rares sous-genre qui a éveillé autrefois une conscience féministe trouble, pour ne pas dire opportuniste ou accidentelle, chez des margoulins de première.
En mood snipe ton porc, la Coralie contrebalance la sécheresse évidente du script avec une réalisation rutilante et stylisée, qui transforme un désert à perte de vue en palais de mort. Les matières et les couleurs s’imposent et se disputent, comme avec cette pluie de sang devenant pluie de météorites pour une petite fourmi passant par là. Bien vu. L’histoire évoque évidemment les survivals australiens qui piquent (Les traqués de l’an 2000, Fair Game ou Storm Warning) ou l’excellent Week-End Sauvage (avec la même configuration «une femme et trop d’hommes»), le tout relevé avec une sauce barbecue évoquant ce que les anglo-saxons aiment souligner comme le «new french extremism», avec cette violence hardcore auquel pris goût le cinéma de genre français durant la décennie dernière. Le body horror fulcien/cronenbergien se marie assez bien dans une scène d’opération bien cracra, où l’héroïne fouille ses entrailles pour retirer une excroissance en bois et mieux se marquer d’un sceau brûlant. Fêtes des fluides jusque dans un final où une villa design se transforme en labyrinthe gore où ça glisse et ça dérape. Si l’on accepte les incohérences et le taux d’improbabilité au niveau 12 (sur une échelle de 5), Revenge en donne pour son argent. De là à plafonner les 1h50…

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Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



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