Critique

Published on septembre 12th, 2017 | by Anthony Radureau

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[CRITIQUE] LE REDOUTABLE de Michel Hazanavicius

[CRITIQUE] LE REDOUTABLE de Michel Hazanavicius Anthony Radureau

Pastiche chuintant

Summary: Date de sortie 13 septembre 2017 (1h 47min) / De Michel Hazanavicius / Avec Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo / Genres Comédie, Biopic, Romance, Drame / Nationalité français

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God-art. Paris 1967. Jean-Luc Godard, le cinéaste le plus en vue de sa génération, tourne La Chinoise avec la femme qu’il aime, Anne Wiazemsky, de 20 ans sa cadette. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient. Mais la réception du film à sa sortie enclenche chez Jean-Luc une remise en question profonde.

Le jour où le facétieux ermite de Rolle a basculé. Ce jour où il a fait son adieu au langage commun. Michel Hazanavicius, qui a au moins le mérite de s’aventurer en des terres originales (passer de The Artist à The Search était quand même bien casse-gueule), adapte très librement Un an après, l’ouvrage autobiographique d’Anne Wiazemsky (petite-fille de François Mauriac qui fut épouse et actrice fétiche de Godard entre 1967 et 1970) et brosse un portrait prétendument irrévérencieux voire consciencieusement subversif du réal d’A bout de souffle au tournant de sa carrière: alors couronné de succès, le metteur en scène de la Nouvelle Vague, qui anticipe et participe activement à mai 68, connaît une violente remise en question artistique après l’échec de son film pro-Mao La chinoise. En réaction, il dédaigne le cinéma «traditionnel» pour rejoindre les marges du cinéma militant tendance maoïste au sein du groupe Dziga Vertov.
Quelques jolies et touchantes idées jalonnent Le Redoutable, comme lorsque Hazanavicius recrée une scène de Vivre sa vie, un excellent Godard réalisé en 1962, où Anna Karina regardait au cinéma La passion de Jeanne d’Arc de Dreyer. Cette fois, c’est Jean-Luc et Anne qui sont dans la salle et leurs dialogues s’apposent aux images de ce film muet de 1927. Anne, en pleurs comme Jeanne d’Arc, réalise alors qu’elle n’est plus en phase avec JLG. N’empêche: on attendait plus et mieux que cet assemblage de saynètes inégal et épuisant. Puis, s’attaquer, comme Hazanavicius veut le faire, à un personnage aussi complexe que Godard, décrit ici comme une personnalité odieuse (ce que Agnès Godard nous confirmait il y a peu dans Visages, Villages), c’est passionnant. Mais n’en produire qu’un pastiche pop, sans conséquence et autocentré (ah, nous, les cinéastes faisons souffrir nos actrices d’épouses), ça l’est moins. Reste Louis Garrel qui, en Godard, chuinte et aphorise ad hoc. Il mérite bien ses 5 étoiles.

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