Critique

Published on août 12th, 2017 | by Jean-François Madamour

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[CRITIQUE] OFFICE de Johnnie To

[CRITIQUE] OFFICE de Johnnie To Jean-François Madamour

Johnnie come home

Summary: Date de sortie 9 août 2017 (1h 59min) / De Johnnie To / Avec Chow Yun-Fat, Sylvia Chang, Eason Chan / Genres Comédie, Comédie musicale, Romance / Nationalité Hong-kongais

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Hong-Kong. Ton univers impitoya-able. 2008. Le jeune idéaliste Lee Xiang et la surdouée Kat Ho font leurs débuts chez Jones & Sunn, une multinationale sur le point d’entrer en bourse. Alors que la banque Lehman Brothers fait faillite aux États-Unis, la tension commence à se faire sentir au sein de l’entreprise. Lee Xiang et Kat Ho vont petit à petit découvrir le monde extravagant et outrancier de la finance…

Amour, gloire et bling-bling. Une comédie musicale gentiment satirique sur le krach boursier de 2008 en 3D. Improbable projet chaos de Johnnie To que cette adaptation d’une pièce de théâtre fantaisiste de la Thaïlandaise Sylvia Chang (Design for living), prétendant stigmatiser, dans l’environnement superficiel d’une firme de cosmétiques, le capitalisme qui dévaste tout sur son passage. Une sorte de satire pop et enchantée, qui semble a priori se situer dans la filmo du Johnnie-Johnnie entre Sparrow et La vie sans principe (brodant déjà sur la crise financière). Sur le papier, c’est sympathique. Mais pourquoi avoir commis une babiole aussi rétro – pour ne pas dire ringarde -, désincarnée, bavarde, peu fluide et finalement à côté de la plaque? La question se pose: les vieux démons de Johnnie To seraient-ils de retour?
Ceux qui adulent son cinéma oublient hélas souvent que s’il sait mettre en scène les gunfights comme personne, le maître du polar hong-kongais n’est pas à un nanar près dans sa filmographie. Comme à la grande époque d’avant-The Mission (son grand hit qui l’a fait connaître dans l’Hexagone). Toujours aussi prolifique, il tournait alors naguère des comédies romantiques d’une niaiserie achevée à la manière d’un fonctionnaire, sans se soucier de la direction d’acteurs, ni même de la mise en scène. Inconsciemment, Office rappelle cette désinvolture dans l’exécution: rien ne préoccupe plus Johnnie To que l’envie de faire des mouvements de caméra au détriment même de la logique. C’est joli, c’est sûr, mais ça ne fait jamais avancer le schmilblick enseveli depuis le début sous un vernis kitsch du genre rédhibitoire. Du coup, malgré l’originalité, on n’oublie jamais de s’ennuyer devant cet étalage de virtuosité totalement vaine.

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Ours plumitif.



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