Fissa

Published on mai 22nd, 2018 | by Jeremie Marchetti

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[CRITIQUE] MANIFESTO de Julian Rosefeldt

[CRITIQUE] MANIFESTO de Julian Rosefeldt Jeremie Marchetti

Summary: Date de sortie 29 novembre 2017 (1h 38min) / De Julian Rosefeldt / Avec Cate Blanchett, Cate Blanchett,Cate Blanchett, Cate Blanchett... / Genres Drame, Expérimental /

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On l’aime bien Cate. Facilité d’adaptation bien connue (oh une dépressive chez Woody Allen! Oh une méchante chez Spielberg! Oh Bob Dylan chez Haynes!), petit air de bourgeoise hautaine comme on aime, voix grave d’un autre temps. SI A L’AMORE comme elle disait. Alors on se dit qu’un film avec Cate Blanchett dont tous les rôles (ou presque) sont incarnés par Cate Blanchett, pourquoi pas. C’est chaos, c’est rigolo, c’est yolo. Sauf que le résultat n’est, surprise, aucunement un véhicule à Oscars: Manifesto a été pensé à l’origine comme une installation, tournée en peu de temps et destinée donc aux musées d’art moderne. Sa vraie place donc. Nous observons donc la Cate en 13 costumes différents, énonçant des citations venu d’artistes divers, dans des situations qui ne s’y prêtent évidemment pas en guise de décalage surréaliste. Le tout en l’honneur de l’art, mot clef de ce manifeste caméléon.
Dans ce défilé glam/pas glam, voilà Cate clodo putride, Cate ouvrière prolo, Cate Cruella d’enfer, Cate en deuil, Cate Tradeuse, Cate instit’, Cate façon Maman Duquesnoy, Cate gothos en roue libre, Cate marionnettiste ou encore Cate speakerine taillant la bavette avec Cate journaliste. Alors bien sûr au chaos, on aurait bien aimé voir la même chose avec Jennifer Jason Leigh, Tilda Swinton ou Zaza Huppert, parce que oui, elles en sont toutes capables elles aussi. Le spectacle aurait-il été plus drôle? Plus captivant? Peut-être. Mais ça n’aurait nullement empêché la vacuité de la chose, aussi passionnante qu’un cours de philo où le professeur lit le bouquin coincé entre ses pattes. Nous voilà cerné avec la désagréable impression d’assister à un sketch loupé du SNL, rarement amusant alors qu’il prie pour l’être à chaque instant (du moins on l’imagine), pas loin d’un délire camp à moitié assumé. Seule consolation chaos: l’ultime segment où Cate lit à des enfants le fameux dogme de Lars Von Trier et quelques citations de penseurs et de réalisateurs du cinéma. Mais de là à se farcir le carnaval pédant qui le précède, n’exagérons rien.

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Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



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