Critique

Published on août 31st, 2017 | by François Cau

36

[CRITIQUE] JEANNETTE de Bruno Dumont

[CRITIQUE] JEANNETTE de Bruno Dumont François Cau

Overdose de glycine

Summary: Sortie le 6 septembre 2017 (1h49) avec Lise Leplat Prudhomme, Jeanne Voisin, Lucile Gauthier… Genre : comédie musicale ? Nationalité : oh so française

0


Il était une bergère. En l’an de grâce 1425, la jeune Jeanne parle à Dieu, lequel lui répond en riffs heavy metal dans sa tête. A peine calmée par un duo de nonnes smurfeuses, la petiote s’en va baguenauder dans les bois et assiste à une apparition forestière d’assez mauvais aloi costumier. Ellipse, devenue adolescente, celle qui ne veut plus qu’on l’appelle Jeannette se déplace désormais comme Regan dans L’Exorciste, sur la même fucking plage avec les mêmes fucking moutons. Son oncle rappeur danseur de tecktonik s’inquiète un peu, j’ai envie de dire tu m’étonnes.

L’équivalent cinématographique du rap de Christophe Barbier. Le forcené Bruno Dumont se retranche un peu plus dans le bunker de la création atypique et s’auto-radicalise à tel point que ça force presque le respect – presque. Ses abominables P’tit Quinquin et Ma Loute nous avaient démontré qu’il ne comprenait rien à la comédie, qu’il ne voulait rien y comprendre au-delà d’une surface malaisante qui le plaçait à mille coudées « auteuristes » au-dessus de ce genre si peu noble pour son grand esprit, le voici désormais prêt à s’attaquer au concept même de comédie musicale. Soit, pour Nono, l’équation pas très complexe image + musique + danse, le texte (de Charles Péguy) n’ayant plus aucune espèce d’importance si ce n’est celle de béquille pseudo-rythmique. Dès ses premières tentatives dans le genre qu’il honore de sa curiosité, rien ne tient si ce n’est l’énergie de ses éternels comédiens amateurs / chair à canon, placés comme à chaque fois en première ligne de ses « expérimentations » so brechtiennes, so bressoniennes pour absorber les coups à sa place. La musique se greffe n’importe quand, n’importe comment. Chaque interprète se débarrasse de son texte avec la précipitation mécanique d’un écolier en pleine récitation qu’il ne comprend pas parce que son professeur, pédagogue frustré reconverti en sadique par faiblesse de volonté, ne veut surtout pas qu’il le comprenne. L’habituel mépris du réalisateur pour ses personnages s’y fait plus vicieux, moins évident, il transparaît néanmoins avec une immense douleur dans chaque phrase hachée, dans chaque mouvement raté a priori chorégraphié par Philippe Decouflé hashtag name-dropping hashtag tu ne peux pas comprendre, gros, c’est du spectacle mort-vivant.

Manque de bol, tout comme la comédie (les mauvais esprits étendront l’axiome au cinéma en général), la comédie musicale s’accommode très mal de l’approximation, même sous couvert de « performance », « d’audace ». Il est des gnostiques du 7e art comme Xavier Beauvois pour prétendre que la technique s’apprend en dix minutes et que le reste, ça s’appelle la grâce. Disons, pour rester pudique, que Bruno Dumont manque fâcheusement de grâce. Jeannette n’est qu’un objet théorique, à peine plus tolérable que Ma Loute tout simplement parce qu’on y crie moins. Dans la pratique, il ne témoigne d’aucun effort de greffe, de réflexion, de mise en scène. Dumont semble y balancer des éléments au hasard, en  espérant une harmonie miraculeuse – du moins faut-il l’espérer parce que si l’objet a été réfléchi, ça le rendrait encore plus terrifiant. Comme dans Ma Loute, la plus grande réussite artistique du film est imputable à Guillaume Deffontaines, son directeur de la photographie. Sur le fond, dans son « traitement » de la ferveur mystique féminine, Jeannette pourrait dans l’absolu se rapprocher d’Hadewijch, histoire de souligner un peu plus l’immonde dégueulasserie de ce dernier – heureusement que la pucelle d’Orléans n’a pas été confrontée à l’Islam, dites donc.

Non, Jeannette n’est pas chaos. Il est entropie pure.  Vous n’aimez pas Dumont ? il ne vous aime pas non plus, et ses films, chemins de croix pour cinéphiles masochistes, sont là pour le prouver.

Spread the chaos

Tags:


About the Author

Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



36 Responses to [CRITIQUE] JEANNETTE de Bruno Dumont

  1. Antoine says:

    Minable votre article. En sent la haine en vous. Calmez-vous je sais pas, c’est qu’un film… Ha bravo… C’est intéressant de voir où en est la critique de cinéma aujourd’hui… Niveau 4 ans. Plus débile tu meurs.

  2. Antoine says:

    « Chaque interprète se débarrasse de son texte avec la précipitation mécanique d’un écolier en pleine récitation qu’il ne comprend pas parce que son professeur, pédagogue frustré reconverti en sadique » « spectacle mort-vivant » « chemins de croix pour cinéphiles masochistes » « immonde dégueulasserie » Voici les points principaux. Ce sont des acteurs non-professionnels âgés de 11 et 15 ans, s’ils ne maîtrisent pas Péguy à la lettre, c’est normal… De plus en quoi Dumont est-il un sadique ? Et en quoi suis-je un cinéphile « maso » si j’ai bien aimé le film ? J’ai été touché par la beauté, la grâce et l’harmonie du spectacle justement… C’est honnête et sans prétentions. Dumont semble bienveillant avec ses acteurs, la petite semble bien s’amuser sur les dunes, et le rappeur aussi… Bien sûr, ça peut faire sourire mais de là à dire que c’est immonde et dégueulasse, faut être soi-même barré dans sa tête… Vous n’êtes jamais allé au spectacle de fin d’année de votre nièce, fille ou petite sœur ? Je vous imagine bien dans la salle des fêtes du village vous lever soudainement et crier « c’est dégueulasse! C’est horrible! ».

    • François Cau says:

      Si je puis me permettre, l’expression « immonde dégueulasserie » qualifie le film Hadewijch, pour son discours que j’ai trouvé effroyablement maladroit, pour employer un euphémisme.

      Pour le reste, sur les comédiens amateurs, vous me reprochez ironiquement pile ce que je reproche à Dumont. Je n’ai rien contre la fragilité de jeu en général, ça peut donner des instants sublimes, mais chez Dumont, c’est l’impression contraire qui m’assaille. Ses films sont désagréables, misanthropes, irais-je même jusqu’à dire, ce qui peut tout autant donner des résultats sublimes, mais sa façon de filmer, d’écrire, d’insister me dérange dans le mauvais sens. Je n’y vois que de l’exploitation de faiblesse malsaine, didactique, pesante. Pour tout dire, j’étais ravi de lui découvrir dans Jeannette un regard limite bienveillant sur ses deux interprètes principales, impression vite estompée, malheureusement.

      • Antoine says:

        Dans Twentynine Palms, par exemple, il est vrai qu’on peut y voir un côté légèrement misanthrope et dérangeant -à la limite-… Personnellement, je ne suis pas fan de tous ses films. Mais j’apprécie grandement « Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc », aussi bien que « Ma Loute » ou même la série ‘P’tit Quinquin » car l’ancien professeur de philosophie prend soin de ses acteurs… C’est drôle, frais, et agréable à regarder (merci à Guillaume Deffontaines en effet). Ce qui est abominable et malsain pour moi, ce sont les comédies françaises du genre « Wrong Cops » qui exploitent la misère intellectuelle sans gêne, sans adresse, sans beauté, et avec un fond très douteux… Mais c’est un autre débat.
        Pour en revenir à Jeannette, le regard bienveillant persiste jusqu’à la fin je trouve. Gardez en tête le début sinon. D’ailleurs, dans la version projetée à Cannes, c’est encore plus perceptible.

  3. Lucie says:

    Je suis tombée par hasard sur votre article parce que j’ai adoré Jeannette et qu’au vue de mes recherches sur le Net , google vous a fait apparaitre ….. Dommage ….. Vos écrits sont complètement inintéressants ……J’aime beaucoup ce que fait Bruno Dumont et il touche en plein coeur les gens qui en ont un …….

  4. JEAN says:

    J’ habite les Hauts de France et vous devriez vous renseigner avant de vomir sur le travail d’ une équipe . Si vous lisez la Voix du Nord , le journal de notre région , vous verrez que les petites filles n’ont pas 11 ans mais 8 ans lors du tournage qui a eu lieu en 2016 sur nos belles plages de la côte d’Opale et qu’une personne était présente pour expliquer la signification des phrases aux petites filles qui sont magnifiques dans ce film !!!!! Continuez à vomir Monsieur moi je préfère les gens qui Font que les gens qui Défont ! Bravo Mr Dumont !!!!!

    • François Cau says:

      Ah mais alors ça change… absolument rien, en fait. Ce n’était pas une supputation sur la méthode, mais une impression sur le résultat. Je n’ai pas évoqué l’âge des petites filles, donc je ne vois pas à quoi vous faites allusion, et oui, la côte d’Opale est sublime, quand je parle de fucking plage, c’est pour souligner le statisme de la dramaturgie.

      Personnellement, j’habite en haute montagne, et je vous encourage fortement à critiquer tous les films coproduits par la région Auvergne-Rhône-Alpes, ils en ont besoin. Pas la peine de lire le Dauphiné Libéré pour autant.

  5. JEAN says:

    Continuez à vomir Monsieur moi je préfère les gens qui Font que les gens qui Défont ! Bravo Mr Dumont !!!!!

  6. MAX says:

    LE MONDE / Par Murielle Joudet

    A l’inverse de la comédie musicale américaine, qui a toujours été ­fa­çonnée dans les ­règles de l’art, la comédie musicale française est traversée par un ­ama­teurisme revendiqué, se soustrayant à l’obligation d’exactitude, de synchronicité parfaite, de ­numéros musicaux réglés au millimètre. C’est, semble-t-il, dans cet héritage que s’inscrit Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc, de Bruno Dumont, film ­musical qui adapte deux textes de Charles ­Péguy : Jeanne d’Arc, pièce de théâtre qu’il a écrite à 23 ans, et Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc, ­rédigé en 1910, quand il avait 37 ans.

    Tourné dans le Nord, avec des acteurs non professionnels sélectionnés dans les environs, le film se compose de deux parties, l’enfance et l’adolescence de Jeanne. Il y a, à l’origine même du projet, la volonté du cinéaste d’organiser ­la rencontre entre des éléments ­totalement hétérogènes et a pri­ori discordants : le lyrisme ­in­candescent de Péguy, les chorégraphies de Philippe Decouflé et la musique du compositeur Igorrr, matière grumeleuse que des corps amateurs, enfants et adolescents, doivent porter sur leurs frêles épaules.

    Avec nous, le film capte et s’émeut de la fragilité des corps, aux gestes encore peu assurés, de ces voix parfois vacillantes en bout de phrase, de ce souffle qui se reprend pour tenter d’être à la hauteur du texte, à la manière d’écoliers récitant une poésie au ­tableau. Il suffit de voir la première scène, d’une beauté inouïe, absolument nouvelle : la petite Jeannette marche dans la Meuse et, du fond du plan, s’avance vers nous, se poste droit devant la caméra en chantant. Sa concentration, son sérieux et son regard planté dans la caméra se muent en ferveur. Dans le soin qu’elle met à bien faire, le corps de la petite fille ­rejoint celui du personnage.

    Le choix du son direct, rare dans la comédie musicale, accentue l’idée d’une ligne du texte pure, éblouissante, sur laquelle viendraient s’agréger les impuretés du monde alentour : gaucherie d’un enfant, maladresse naturelle de ses gestes, bêlement d’un mouton qui casse subitement le ­sérieux de la scène, chutes et ­gamelles en tout genre. Par les ­vibrations de l’amateurisme, le texte surgit, se fait entendre. La maîtrise n’est là que pour faire ­advenir la non-maîtrise, le tournage fait apparaître le monde.
    Le goût de Bruno Dumont pour les acteurs non professionnels, pour les enfants (P’tit Quinquin), c’est le goût de l’innocence qu’il a mis en scène dans Ma Loute, un jeu de massacre entre acteurs professionnels et amateurs. Si la grâce advient, elle surgit de ce qui rate, de ces « manques d’être », comme il le dit lui-même. Ce qui relie ­Du­mont au cinéma, c’est moins une politique qu’une mystique du présent et du tremblement.

    Jeannette est une petite fille dans la tourmente, hantée par le mal, torturée par l’ardeur de sa charité et par la révolte qui l’habite, comme privée d’enfance, trop tôt un corps politique. « Je n’aurais ­jamais cru que la mort de mon âme fût si douloureuse. » Sa jeunesse n’est qu’une longue ­attente avant de pouvoir enfin quitter Domrémy pour Orléans, une ­attente lancinante que le réalisateur appuie par le choix de filmer dans très peu de décors, par de longues séquences, provoquant un sentiment de surplace que vient exacerber la musique.

    Ici, on n’emporte avec soi nul ­refrain entêtant, on est plus proche d’une sorte de litanie mise en musique. Les mélodies et les airs sont confiés aux acteurs eux-mêmes, chantant par-dessus la musique d’Igorrr, qui glisse de l’électro-pop au metal.

    Le Monde / Par Muriel Joudet

  7. MAX says:

    On n’oubliera plus ces deux comédiennes inconnues qui incarnent les deux âges de Jeanne : Lise Leplat Prudhomme, craquante, ou la belle brune Jeanne Voisin au prénom prédestiné. Avec une frugalité de moyens rappelant les Straubs, les premiers Guiraudie ou le Rohmer d’Astrée et Céladon, Bruno Dumont retrouve une certaine enfance de l’art du cinéma, se réapproprie une icône indûment hypothéquée par le FN et la réinvestit avec une indéniable fraîcheur contemporaine. La démarche n’est pas sans scories mais procède d’une radicalité à prendre ou à laisser. On prend.

    Les Inrocks / Serge Kaganski

  8. MAX says:

    C’est un beau cadeau que nous fait Arte à quelques jours de la rentrée scolaire, en diffusant Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc de Bruno Dumont qui sortira en salles le 6 septembre prochain. Cette déconcertante comédie musicale sur l’enfance de Jeanne d’Arc, adaptée de Jeanne d’Arc et Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc de Charles Péguy, est co-produite par la chaîne de télévision, et avait été sélectionnée à la Quinzaine des Réalisateurs lors du dernier festival de Cannes. Si le réalisateur de L’Humanité, Camille Claudel et Ptit Quinquin nous a habitués à la fois à une certaine radicalité et aux ruptures de ton les plus insolites, son nouveau film est probablement le film le plus audacieux et le plus totalement décalé de sa filmographie.

    On y suit en effet une petite fille, Jeannette, qui garde ses moutons et s’interroge (souvent en chantant) sur le monde dans lequel elle vit : où est donc le Seigneur dont tout le monde attend le retour ? Pourquoi Dieu n’exauce-t-il pas les prières ? Comment lutter contre le mal universel dont sont même complices les hommes de bien ? Comment sauver tous les êtres à la fois, quand la guerre et la misère font rage ? Des questions d’ordre religieux mais aussi humaniste et même politique dont la profondeur abyssale tranche avec la jeunesse et la naïveté de celle qui les pose dans un langage bien trop précis et recherché pour son âge.

    Toute la dialectique de Péguy (car tout le texte est de lui) est ainsi incarnée par un dialogue aussi charmant qu’intense entre la petite Jeanne et son amie Hauviette, la première étant dans une grande douleur qui la conduit à la rébellion, tandis que la seconde, sage et raisonnable, affirme sa totale soumission à Dieu.

    On peut être un peu gêné par la démarche sans concession de Dumont (qui ajoute à ce mélange déjà hétéroclite la musique électro-baroco-heavy metal d’Igorrr et les chorégraphies endiablées de Philippe Decouflé), mais en réalité, si l’on s’abandonne à cette oeuvre sidérante par sa puissance d’évocation et sa beauté quasi mystique, c’est une réussite totale. Une oeuvre en état de grâce, telle que l’on n’en avait peut-être jamais vu, et dont la singularité envoûtante rime avec la plus grande simplicité stylistique. Décor naturel, son direct, comédiennes à la fragilité bouleversante, mise en scène dépouillée… tout ramène au texte et à la force des idées qu’il véhicule.

    Un pari forcément gonflé à l’époque d’un cinéma de la surenchère et du spectaculaire à tout prix, bien que le film ne s’interdise ni les effets (les fameuses « voix »), ni l’humour plutôt tendre et le décalage permanent entre la solennité des propos et le contexte dans lequel ils s’inscrivent. L’oncle de Jeannette s’improvise ainsi rappeur tandis que la religieuse à qui elle demande conseil est incarnée par des sœurs jumelles qui tombent la cornette pour révéler une chevelure flamboyante qu’elles agitent en cadence sur fond de hard rock. Déconcertant, osé, iconoclaste… et complètement épatant. De par l’intelligence du propos d’une part, et par la fulgurance artistique du geste formel d’autre part. Comme si le cinéaste avait réussi à combiner l’exigence intellectuelle forte d’une poésie habitée avec la simplicité désarmante d’une âme d’enfant et la fantaisie d’une interprétation musicale et chorégraphique débridée et joyeuse.

    Bruno Dumont lui-même parle d’un « opéra cinématographique » (qui lui seul serait capable de rendre justice aux mots de Péguy), et c’est vrai qu’il y a quelque chose de cet ordre, monumental et écrasant, dans cette Jeannette réjouissante, et quoi qu’il en soit unique en son genre. Il ne faut donc la louper sous aucun prétexte !

  9. MAX says:

    Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc. Ce soir sur Arte à 22 h 50. Après le succès de P’tit Quinquin, le réalisateur livre avec son nouveau film une œuvre inclassable, entre réflexion philosophico-religieuse et comédie musicale.

    Une petite fille court sur la lande. Elle danse, elle tape de ses pieds nus le sable de la dune, elle lève son regard vers le ciel. Elle n’implore pas Dieu, mais le tance vertement, comme une quasi-mise en accusation : comment a-t-il pu ainsi abandonner les hommes ? Comment peut-il laisser commettre, en son nom, les crimes les plus atroces ? Comme être humain, doit-on regarder ces horreurs en continuant son petit bonhomme de chemin, ou prier pour qu’elles s’arrêtent ? Jeanne (Lise Leplat Prudhomme) entrevoit une troisième solution : se battre pour « tuer la guerre ». Tel est le point de départ de ce nouveau film du réalisateur Bruno Dumont, Jeannette. Il y raconte l’enfance de Jeanne d’Arc, en pleine guerre de Cent Ans. Il a imaginé son film à partir de deux textes assez arides de Charles Péguy, Jeanne d’Arc et le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc. Jeanne souffre de l’état du monde. Elle donne son pain à deux enfants affamés dont les parents sont morts, parle avec son amie Hauviette, avec sœur Gervaise, curieusement. À tous, elle pose la question du chemin à suivre, et aucune des réponses données ne lui convient. Ni le fait de continuer son labeur, et de plier l’échine, ni le fait de prier n’empêcheront les guerres. Elle finit par voir l’archange Michel et deux saintes, en pleine forêt, qui lui donnent la réponse : elle doit se battre. Et cette réponse, Jeannette l’avait en elle depuis le début.

    Bruno Dumont ne se contente pas de calquer le texte de Péguy. Ses personnages déclament, mais surtout chantent et dansent, sur une chorégraphie de Philippe Decouflé et une musique d’Igorrr. Leur rage et leur impuissance passent par leurs mouvements et par la musique, mi-orgue, mi-batterie, plus proche du rock et de la pop que de la messe. La scène où Jeannette et les deux sœurs Gervaise entrent dans une danse frénétique est carrément un morceau d’anthologie. Car c’est cela toute la magie du film : les partis pris de Bruno Dumont, un décor minimaliste, des comédiens non professionnels, et une comédie musicale sur Jeanne d’Arc auraient pu tourner court et même au ridicule. Or, ce qui ressort, dès les premières images, c’est à la fois une impression de force, très ancrée dans un réel qui transcende les époques et le temps, et une incroyable poésie.
    Jeannette, une enfant impuissante à changer la vie et la sauvagerie des hommes

    Présenté en mai dernier à la Quinzaine des réalisateurs, au Festival de Cannes, ce film, qui sortira en salles le 13 septembre, a ému les critiques par sa beauté formelle, son esthétisme original et sa simplicité. On pourrait ajouter qu’il trouve un écho assez formidable dans notre époque : Jeannette est une enfant, impuissante à changer la vie et la sauvagerie des hommes. Car Jeannette est une petite fille. Une bergère, au bas de l’échelle sociale. Rien ne la prédestine alors à devenir une guerrière, si ce n’est sa révolte. Qui se soucie d’une fillette, en 1425, à Domremy ? Bruno Dumont est tombé sous le charme de ce personnage vu par Péguy à la fin du XIXe siècle. « Péguy, qui était socialiste et athée, a écrit sur Jeanne d’Arc d’un point de vue politique plutôt que religieux. » Avec toutes les contradictions de Péguy, « croyant et non croyant, royaliste et non royaliste, nationaliste et non nationaliste. Par sa dualité, Jeanne d’Arc est très proche de lui, car elle est en même temps une sainte et une guerrière. Je pense qu’elle répond aussi à la question de l’identité française. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de réponse : c’est une diversité ». Et au final, sa petite Jeannette résonne comme un vrai hymne à toutes les enfances fracassées par la guerre et son cortège de misères.

    Roger Arpajou.

    • François Cau says:

      « All of the above would be more amusing, even endearing, if Daumont hadn’t chosen to hire in IGORR to compose the music, a dismal sludge of heavy metal thrashing and faux operatic trills that all sounds the same after half an hour but must be endured for 90 minutes more. One can never quite tell with Dumont if he’s deadly serious about all this or laughing up his sleeve. That’s sort of what makes his work fascinating, although in this instance, viewer patience is severely tested. »

      Leslie Felperin, The Guardian

    • Vincent Raymond says:

      Quand on fait un copier-coller, on précise, au moins par correction, la source. En l’occurrence, ici :

      http://www.humanite.fr/television-la-jeannette-de-dumont-danse-et-enchante-641184

      L’autrice de l’article se nomme Caroline Constant, Roger Arpajou est le photographe de plateau du film. Mais le fin exégète (ou thuriféraire ?) de Bruno Dumont devrait le savoir…

      • MAX says:

        Excellent article de Caroline Constant Monsieur Vincent Raymond

      • MAX says:

        Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc. Ce soir sur Arte à 22 h 50. Après le succès de P’tit Quinquin, le réalisateur livre avec son nouveau film une œuvre inclassable, entre réflexion philosophico-religieuse et comédie musicale.

        Une petite fille court sur la lande. Elle danse, elle tape de ses pieds nus le sable de la dune, elle lève son regard vers le ciel. Elle n’implore pas Dieu, mais le tance vertement, comme une quasi-mise en accusation : comment a-t-il pu ainsi abandonner les hommes ? Comment peut-il laisser commettre, en son nom, les crimes les plus atroces ? Comme être humain, doit-on regarder ces horreurs en continuant son petit bonhomme de chemin, ou prier pour qu’elles s’arrêtent ? Jeanne (Lise Leplat Prudhomme) entrevoit une troisième solution : se battre pour « tuer la guerre ». Tel est le point de départ de ce nouveau film du réalisateur Bruno Dumont, Jeannette. Il y raconte l’enfance de Jeanne d’Arc, en pleine guerre de Cent Ans. Il a imaginé son film à partir de deux textes assez arides de Charles Péguy, Jeanne d’Arc et le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc. Jeanne souffre de l’état du monde. Elle donne son pain à deux enfants affamés dont les parents sont morts, parle avec son amie Hauviette, avec sœur Gervaise, curieusement. À tous, elle pose la question du chemin à suivre, et aucune des réponses données ne lui convient. Ni le fait de continuer son labeur, et de plier l’échine, ni le fait de prier n’empêcheront les guerres. Elle finit par voir l’archange Michel et deux saintes, en pleine forêt, qui lui donnent la réponse : elle doit se battre. Et cette réponse, Jeannette l’avait en elle depuis le début.

        Bruno Dumont ne se contente pas de calquer le texte de Péguy. Ses personnages déclament, mais surtout chantent et dansent, sur une chorégraphie de Philippe Decouflé et une musique d’Igorrr. Leur rage et leur impuissance passent par leurs mouvements et par la musique, mi-orgue, mi-batterie, plus proche du rock et de la pop que de la messe. La scène où Jeannette et les deux sœurs Gervaise entrent dans une danse frénétique est carrément un morceau d’anthologie. Car c’est cela toute la magie du film : les partis pris de Bruno Dumont, un décor minimaliste, des comédiens non professionnels, et une comédie musicale sur Jeanne d’Arc auraient pu tourner court et même au ridicule. Or, ce qui ressort, dès les premières images, c’est à la fois une impression de force, très ancrée dans un réel qui transcende les époques et le temps, et une incroyable poésie.
        Jeannette, une enfant impuissante à changer la vie et la sauvagerie des hommes

        Présenté en mai dernier à la Quinzaine des réalisateurs, au Festival de Cannes, ce film, qui sortira en salles le 13 septembre, a ému les critiques par sa beauté formelle, son esthétisme original et sa simplicité. On pourrait ajouter qu’il trouve un écho assez formidable dans notre époque : Jeannette est une enfant, impuissante à changer la vie et la sauvagerie des hommes. Car Jeannette est une petite fille. Une bergère, au bas de l’échelle sociale. Rien ne la prédestine alors à devenir une guerrière, si ce n’est sa révolte. Qui se soucie d’une fillette, en 1425, à Domremy ? Bruno Dumont est tombé sous le charme de ce personnage vu par Péguy à la fin du XIXe siècle. « Péguy, qui était socialiste et athée, a écrit sur Jeanne d’Arc d’un point de vue politique plutôt que religieux. » Avec toutes les contradictions de Péguy, « croyant et non croyant, royaliste et non royaliste, nationaliste et non nationaliste. Par sa dualité, Jeanne d’Arc est très proche de lui, car elle est en même temps une sainte et une guerrière. Je pense qu’elle répond aussi à la question de l’identité française. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de réponse : c’est une diversité ». Et au final, sa petite Jeannette résonne comme un vrai hymne à toutes les enfances fracassées par la guerre et son cortège de misères.
        CAROLINE CONSTANT

  10. MAX says:

    Il ne faut pas se moucher du coude pour entreprendre d’adapter au cinéma la figure de Jeanne d’Arc. C’est qu’il y a des calibres, toutes époques et tous acabits. Méliès et DeMille, Dreyer et Rossellini, Bresson et Rivette, pour n’en nommer que quelques-uns. La Jeanne sidérante que vient de révéler, à Cannes, Bruno Dumont n’en sera pas moins inoubliable.

    A l’échelle de la petite planète locale, le film, qui a déboulé dimanche 21 mai à la Quinzaine des réalisateurs, a fait l’effet d’une météorite survolant tout ce qu’on a déjà pu voir.

    Il se trouve que l’auteur de ce film, défrichant depuis vingt ans une œuvre bressonienne, rageusement menée dans le Nord en compagnie des laissés-pour-compte du libéralisme triomphant, a inauguré depuis quelques années une révolution copernicienne qui, de film en film, ne cesse de cueillir les spectateurs par son inspiration, sa truculence, sa folie créatrice.

    Après P’tit Quinquin, comédie policière surréaliste à se rouler par terre, après Ma Loute, film d’époque anarcho-farcesque mélangeant des stars bankables et des gueules cassées de l’ANPE locale, voilà que Dumont débarque aujourd’hui avec l’ovni Jeannette.
    Improbable rencontre

    Soit une comédie musicale inspirée au plus près du texte par deux œuvres de Charles Péguy (Jeanne d’Arc en 1897 puis Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc en 1910), chorégraphiée par Philippe Decouflé et mise en musique par Igorrr. D’emblée, constatons l’improbable rencontre que celle a priori suggérée par ces trois noms. Péguy, homme d’engagement total, figure problématique par excellence, patate chaude du politiquement correct, qu’on ne sait trop à quel saint vouer.

    Socialiste libertaire et catholique fervent, dreyfusard militant et nationaliste intransigeant, homme de justice et tempérament de feu, styliste de génie et littérateur anti-moderne, brouillé avec la Terre entière, tombé au champ de bataille le 5 septembre 1914 à Villeroy. Philippe Decouflé, artiste impur et total, touchant au cirque et au mime, à la musique et à la vidéo, au strip-tease et à la marionnette. Igorrr (Gautier Serre), musicien hors norme, pratiquant un mélange guttural d’électro, de heavy metal et de musique baroque.
    C’est à la naissance d’une vocation rebelle que nous invite à assister Bruno Dumont

    Tout ceci s’assemble, sous la caméra de Dumont, autour de non-professionnels qui chantent en direct sur le plateau les textes de Péguy – exploit rarissime au cinéma – lequel plateau n’est autre que cette lande maritime battue par les vents telle que l’affectionne le réalisateur. L’action, divisée en deux parties, commence en 1425 avec l’enfance de Jeanne d’Arc. C’est à la naissance d’une vocation rebelle que nous invite à assister Dumont, à l’avènement d’une conscience qui se révolte contre le Mal, qui est à cette époque l’aliénation de la France et de son peuple, trahis pas les clercs, à la puissance anglaise.

    Une série de dialogues merveilleusement habités confronte Jeannette à sa bonne amie Hauviette, que soutient la foi simple du catéchisme, et à Madame Gervaise, une nonne (que Dumont, facétieux et saugrenu comme il sait l’être, multiplie par deux jumelles), qui lui oppose les vertus de la résignation théologique. Puis une Jeanne adulte, plus résolue et brûlante que jamais, met à exécution ses desseins, trompant son père avec la complicité de son oncle, le film finissant à son départ.

    Une beauté très particulière, une puissance très étrange, proche et lointaine à la fois, hiératique et sauvage, ressort de ces scènes composées comme des vitraux ouverts aux quatre vents, sur lesquels le spectateur est invité à lire une Histoire qui charme son regard et pénètre son cœur. Ces vertus tiennent dans un mélange qu’on s’est bêtement résigné à croire impossible entre culture savante et culture populaire.

    Autant de courts-circuits entre la langue de Péguy et la musique rock qui la met sur orbite, entre l’écriture musicale élaborée et les voix façonnées par la soupe anglo-saxonne qui les porte, entre la gaucherie des gestes et la sophistication chorégraphique qui en joue, entre le primitivisme des décors et la poésie maniériste qui fait y léviter les personnages. De ces collisions admirables, les acteurs sortent transfigurés, touchant, pour le coup, à ce qu’en religion comme en cinéma on appelle la grâce.
    Ce film est d’abord une production télévisuelle qui trouvera sa place cet automne sur la grille d’Arte

    A l’instar de Péguy, Dumont signe une sorte de « Mystère cinématographique », inventant avec cette Jeannette ce que le philosophe Gilles Deleuze, fervent lecteur de Péguy et fin connaisseur de cinéma, désignait chez l’écrivain comme un « langage auroral ».

    Tel est le sentiment qu’inspire le film. Une impression d’absolue nouveauté, une épiphanie stylistique. Aussi, un précis de fermeté et de dignité pour des temps aussi empoisonnés que les nôtres, une démonstration que l’esprit souffle où il veut. Il resterait à préciser que ce film, comme il en fut de P’tit Quinquin, est d’abord une production télévisuelle qui trouvera sa place cet automne sur la grille d’Arte. Sa vocation cinématographique, à l’image de son modèle, ne fait pourtant aucun doute.

    Jacques Mandelbaum

    • François Cau says:

      If only the music and lyrics were more memorable, then “Jeannette” might have delivered on its potential. But Dumont has a stiff, fixed-camera style that deprives the story of its transcendence (even as it suggests a playful riff on Pasolini’s “The Gospel According to Matthew,” Jarman’s “Sebastiane” and other auteur-driven religious retellings). The director has half-protected himself from criticism by relying on Péguy’s text, though his play was meant to be performed in this manner.

      Peter Debruge, Variety

  11. MAX says:

    Moi je ne suis pas « critique » mais toi apparemment tu n’as plus de réparti ….J’ ai encore plein d’articles en Français et ….Oh …. En Anglais aussi ……Mais tu ne m’intéresse plus maintenant ! ah ah ! Bye Bye tu es pitoyable ……………………….

    • François Cau says:

      Je répondrais si les arguments changeaient. J’ai posté des articles anglophones pour souligner qu’en dehors du landernau critique français, la réception est plus nuancée.

      Effectivement, tant de répartie me laisse coi. Salut, l’artiste !

  12. MAX says:

    bye bye le Frustré !

  13. Yann says:

    Bonjour à tous, je ne comprends pas ce déchainement d’avis négatifs, voire de haine à l’encontre de M. Cau qui fait son travail et qui le fait bien. J’ai vu Jeannette, et sans crier au chef d’œuvre, j’ai trouvé ce film intéressant. Je ne suis pas forcément d’accord avec ce que vous avez écrit M. Cau, mais vos arguments sont tout à fait recevables et votre critique est bien construite.
    L’art étant par essence subjectif, la critique l’est aussi, et cela n’empêche pas de respecter les avis de chacun. Quel est l’intérêt de citer toutes ces critiques de presse positives du film ? Si tous ces journalistes ont aimé le film, tant mieux ! Ça ne prouve pas pour autant que M. Cau a tort. Si ces journalistes aiment le film, il a parfaitement le droit, lui, de ne pas l’aimer. Alors, Max, puisqu’il faut vous nommer, si vous n’êtes pas d’accord avec la critique, assumez mais dîtes-le avec vos mots.
    Bon courage à vous pour la suite, M. Cau. Soyez assuré que je continuerai à vous lire.

    • MAX says:

      Toutes mes félicitations Yann vous êtes 6 maintenant !

      • François Cau says:

        Maaaaaaaax !!! Comment ça va, vieille branche ? Bien ou bien ? Je t’en prie, fais comme chez toi, prends une tisane, défonce un meuble, copie-colle un article, c’est toujours avec plaisir !

        • Vincent Raymond says:

          Don’t feed the trololo !
          Il est capable de chanter une nouvelle fois les louanges de Jeannette.
          Tiens, à propos de chanson : un bonus track mériterait d’être dans le film, parce que ça vaut bien du Péguy Il s’agit de l’adaptation française de Houria Belhadji d’une chanson extraite d’un film que je ne nomme pas tout de suite pour laisser la divine surprise. C’est cadeau :

          « L’hiver s’installe doucement dans la nuit
          La neige est reine à son tour
          Un royaume de solitude
          Ma place est là pour toujours

          Le vent qui hurle en moi ne pense plus à demain
          Il est bien trop fort
          J’ai lutté, en vain

          Cache tes pouvoirs, n’en parle pas
          Fais attention, le secret survivra
          Pas d’états d’âme, pas de tourments
          De sentiments

          Libérée, Délivrée
          Je ne mentirai plus jamais
          Libérée, Délivrée
          C’est décidé, je m’en vais
          J’ai laissé mon enfance en été
          Perdue dans l’hiver

          Le froid est pour moi le prix de la liberté.

          Quand on prend de la hauteur
          Tout semble insignifiant
          La tristesse, l’angoisse et la peur
          M’ont quittées depuis longtemps

          Je veux voir ce que je peux faire
          De cette magie pleine de mystères
          Le bien, le mal, je dis tant pis, tant pis

          Libérée, Délivrée
          Les étoiles me tendent les bras
          Libérée, Délivrée
          Non, je ne pleure pas
          Me voilà !
          Oui, je suis là !
          Perdue dans l’hiver

          Mon pouvoir vient du ciel et envahit l’espace
          Mon âme s’exprime en dessinant et sculptant dans la glace
          Et mes pensées sont des fleurs de cristal gelées.

          Non je ne reviendrai pas
          Le passé est passé !

          Libérée, Délivrée
          Désormais plus rien ne m’arrête
          Libérée, Délivrée
          Plus de princesse parfaite
          Je suis là !
          Comme je l’ai rêvé !
          Perdue dans l’hiver

          Le froid est pour moi le prix de la liberté. »

          On s’y croirait, hein ? Frozen, c’est aussi le Nord.

          Allez en paix.

  14. BSN says:

    Le film est stable et instable ; honnête et d’une grande fraicheur ; assez chaud à rentrer dans le film, il faut allez 5/7 minutes et après, nique sa mère les patatis et patata, il faut se laisser aller tout simplement. C’est un film qui possède plein de paradoxe, qui est comme un diamant un peu cradigue. On en reparle dans 10 ans, hein ? Mais sinon, je ne comprends pas temps de haters sur ta critique, on vois bien que les gens (et critique hardcore) sont bien déglingo, wow . Tu as pas aimé, c’est dommage, c’est la vie, tant pis.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑

error: Chaos Reigns !