Critique

Published on janvier 5th, 2018 | by Thierry Conte

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[CRITIQUE] EL PRESIDENTE de Santiago Mitre

[CRITIQUE] EL PRESIDENTE de Santiago Mitre Thierry Conte

Double jeu

Summary: Date de sortie 3 janvier 2018 (1h 54min) / De Santiago Mitre / Avec Ricardo Darín, Dolores Fonzi, Erica Rivas / Genre Drame / Nationalités argentin, espagnol, français

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L’ivresse du pouvoir. Au cours d’un sommet rassemblant l’ensemble des chefs d’état latino-américains dans un hôtel isolé de la Cordillère des Andes, Hernán Blanco, le président argentin, est rattrapé par une affaire de corruption impliquant sa fille. Alors qu’il se démène pour échapper au scandale qui menace sa carrière et sa famille, il doit aussi se battre pour conclure un accord primordial pour son pays.

Trop de leurres nuit aux spectateurs. Tout commence calmement puis à mi-parcours, la machine s’emballe, digresse, dérive. Curieux film que El Presidente qui, dans sa première partie, raconte de manière très classique, avec une précision documentaire et une ampleur cinématographique incontestables, la préparation d’un sommet et ce dans la résidence présidentielle. Ce sont les préliminaires. Puis une déflagration dans un immense hôtel isolé de la cordillère des Andes donne naissance à un autre film, bousculant toutes les habitudes, redistribuant les cartes du pouvoir, instillant un climat ouaté un peu déstabilisant. L’idée consiste à superposer le collectif (comment une figure politique, récemment élue, doit se montrer éloquente) et l’intime (sa fille qui l’a rejoint dans la cordillère fait montre d’un déséquilibre psy qui pourrait entacher sa respectabilité). La perspective de traduire toutes les tensions (diplomatique, politique, familiale…) à la manière d’un film fantastique voire horrifique, un peu à la manière d’un cauchemar éveillé, n’est pas inintéressante. Mais, avec un sérieux papal n’autorisant pas la désinvolture, Santiago Mitre ouvre des chemins multiples tout en donnant parfois l’impression de se, et nous, perdre en route. La faute à une intrigue décidément trop lâche, en plusieurs parties, amorcées de manière inégalement inspirante et développées de façon trop frustrante pour satisfaire le spectateur. Le rythme s’en ressent et, malgré la conviction de Ricardo Darin, on reste sur sa faim. Restent un vrai plaisir de cinéma à plonger dans ces méandres intrigantes (si bien qu’on ne sait pas exactement comment le raconter, en profondeur) et un tempérament incontestable de cinéaste qui trace son chemin tel un super-héros du cinéma d’auteur, en tentant, en bricolant, en se plantant et, au final, en fuyant toutes les cases dans lesquelles on cherche à le ranger.

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Je me lève, je respire, je vis, je dors, je ris, je pleure cinéma. Donc je le critique. Avant au PLUS. Maintenant sur CHAOS REIGNS. Pour toujours.



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