Critique

Published on août 11th, 2017 | by Jean-François Madamour

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[CRITIQUE] QUE DIOS NOS PERDONE de Rodrigo Sorogoyen

[CRITIQUE] QUE DIOS NOS PERDONE de Rodrigo Sorogoyen Jean-François Madamour

Effroi

Summary: Date de sortie 9 août 2017 (2h 06min) / De Rodrigo Sorogoyen / Avec Antonio de la Torre, Roberto Álamo, Javier Pereira / Genres Policier, Thriller Nationalité espagnol

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Il fait chaud. Madrid, été 2011. La ville, plongée en pleine crise économique, est confrontée à l’émergence du mouvement des «indignés» et à la visite imminente du Pape Benoît XVI. C’est dans ce contexte hyper-tendu que l’improbable binôme que forment Alfaro et Velarde se retrouve en charge de l’enquête sur un serial-killer d’un genre bien particulier. Les deux inspecteurs, sous pression, sont de surcroît contraints d’agir dans la plus grande discrétion. Une course contre la montre s’engage alors, qui progressivement les révèle à eux-mêmes: sont-ils si différents du criminel qu’ils poursuivent?

Le noir est une couleur chaude.Surprise surprise: un thriller qui sort le 9 août (l’une des pires dates pour sortir un film en salles) ne rime pas forcément avec nanar-honteux-fond-de-tiroir resservant sans aucune pudeur la liste intégrale des lieux les plus communs du genre, avec des rebondissements tellement téléphonés que, de bonne humeur, on en rirait volontiers. Par sa noirceur asphyxiante, ce film-là n’a qu’un seul dessein: éteindre le soleil. Sa force, sans doute pas neuve mais toujours aussi efficiente, c’est de considérer que les deux flics et le serial-killer (qui quand même viole et assassine des mamies!) partagent la même crasse existentielle, la même appétence dérangeante pour la violence. Et dans ce climat étouffant, de créer un inconfort durable voire persistant.
Surtout, on sait gré à Rodrigo Sorogoyen de nous épargner la sempiternelle stylisation de la violence qui, de Scorsese à NWR, a donné lieu ces dernières décennies à de nombreux épigones sans envergure. Par chance, enfin, ce n’est pas un énième film de petit malin! Les figures ont beau être familières, c’est sec, nihiliste, poisseux et pas poseur, comme on aime. Avec un peu de curiosité, vous pourriez même retrouver par intermittences devant Que Dios Nos Perdone le petit frisson animant les grands thrillers américains des années 90 que sont Se7en de David Fincher et Le Silence des Agneaux de Jonathan Demme. C’est dire si on n’a pas fini de parler de son auteur qui, s’il continue à mettre son style au diapason de ses thèmes et confirme les promesses placées en lui, pourrait s’imposer comme l’un des plus intéressants du nouveau cinéma espagnol.

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Ours plumitif.



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