Critique

Published on avril 9th, 2018 | by Alexis Roux

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[CRITIQUE] DANS LA BRUME de Daniel Roby

[CRITIQUE] DANS LA BRUME de Daniel Roby Alexis Roux

Et tu redeviendras poussière…

Summary: Date de sortie 4 avril 2018 (1h 29min) / De Daniel Roby / Avec Romain Duris, Olga Kurylenko, Fantine Harduin / Genre Science fiction/ Nationalités français, Québecois

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Fog. Dans un futur proche, un séisme relâche dans l’atmosphère de la capitale française une mystérieuse brume, fatale pour quiconque l’inhale. Mathieu et Anna (Romain Duris et Olga Kurylenko) se retrouvent forcés de laisser seule leur fille Sarah (Fantine Harduin) dans leur appartement, bientôt envahi par le nuage toxique. Atteinte d’une maladie respiratoire, la jeune fille est en effet condamnée à rester enfermée dans un caisson stérile, où l’air entrant est filtré en permanence. Problème : marchant sur batteries, le caisson risque bien vite de tomber en panne…

Film-concept. Il aura suffi de deux films sortant à peu de temps d’intervalle (La Nuit A Dévoré Le Monde de Dominique Rocher et celui-ci) pour faire s’interroger bon nombre de cinéphiles: le cinéma de genre français est-il en train de renaître? Une question que Dans La Brume laisse malheureusement en suspens, car si le film jouit d’un pitch savoureux (d’ailleurs issu lui-aussi de l’esprit de Dominique Rocher), il n’a ni le poids ni l’éclat des grands films cultes. La faute à de trop nombreuses erreurs facilement évitables, notamment dans sa narration. Le film recycle quasiment tous les ingrédients du film apocalyptique dans sa forme la plus classique, se privant du coup de la moindre véritable nouveauté. Reste alors quelques idées visuelles bien trouvées – le film contient quelques plans-séquences assez impressionnants, notamment celui qui couvre une attaque de chien –, un rythme effréné et surtout un tandem d’acteurs convaincants. On se prend très vite d’affection pour ce couple recomposé par la force des choses et on partage volontiers leurs peurs et leurs angoisses. Difficile en revanche d’apprécier le personnage de leur fille qui, là encore, ressemble à beaucoup d’autres personnages du même acabit, et dont l’interprète peine à sonner toujours juste.
Ce qu’il manque au final à Dans La Brume pour véritablement décoller, c’est un regard perçant et aiguisé, celui d’un réalisateur capable de transcender le scénario pour aller chercher, au-delà de l’entertainment à la française, une profondeur inattendue. Et si le film esquisse entre les lignes une réflexion sur l’évolution de l’homme et son environnement (on voit aisément dans ce brouillard mortel une anticipation pessimiste du problème de la pollution des grandes villes), il la résout maladroitement dans une fin trop abrupte. Reste alors un film de divertissement pas désagréable à regarder et qui, par son concept fort et son envie assumée de spectaculaire, tape du poing sur la table du cinéma français, sans pour autant y laisser la moindre trace durable.

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Mènera une belle et longue vie de cinéma. Synthwave addict. Ira manger une part de tarte au Double R Diner dans l'au-delà.



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