Critique

Published on avril 13th, 2017 | by Baptiste Liger

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[CRITIQUE] BOULE ET BILL 2 de Pascal Bourdiau

[CRITIQUE] BOULE ET BILL 2 de Pascal Bourdiau Baptiste Liger

Kill Bill

Summary: Summary : date de sortie : 12 avril 2017 (1h20) / De Pascal Bourdiaux / Avec Franck Dubosc, Mathilde Seigner, Jean-François Cayrey, Charlie Langendries, Nora Hamzawi, Lionel Malempré, Albane Masson, Elliot Goldberg, et la voix de Manu Payet... Genre : comédie / Nationalité : franco-belge

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Aux abois. C’est le bonheur: voilà le problème. Tout va bien dans la famille du jeune Boule (Charlie Langendries), au grand dam de son père. Auteur de B.D., ce dernier (Franck Dubosc) est mis à l’épreuve par sa nouvelle éditrice (Nora Hamzawi), considérant ses dernières planches comme ringardes et sans intérêt car trop joyeuses. Le créateur se dit alors que, pour éviter d’être viré, il doit trouver l’inspiration dans un quotidien moins idyllique et devenir un artistes maudit. Au début, cela fait rire la mère de Boule (Mathilde Seigner), aimante, dévouée et faisant bien la cuisine. Mais l’ambiance, à la maison, se dégrade, d’autant que le roux garçonnet voit d’un mauvais œil l’arrivée d’un nouveau voisin: Wilfried (Elliot Goldberg), le fils d’un gendarme, qui se la joue avec son berger allemand et son side-car et, qui, surtout, se rapproche un peu trop de la petit Charlotte (Albane Masson), chérie secrète de Boule. Avec son fidèle compagnon à quatre pattes, le cocker Bill, il va tenter d’arranger la situation, quitte à également faire appel à son fidèle pote Pouf, à la tortue Caroline et au chat Caporal…

Pathé pour chiens. La comédie animalière ne compte certes pas parmi les genres ayant donné le plus grand nombre de chefs-d’oeuvre, pas plus que la comédie familiale à enfants – alors la réunion des deux… Et force est de constater que le film à chien ne s’avère en général un tant soit peu intéressant que lorsqu’il se la joue sombre – Dressé pour tuer, Antartica, Cujo ou (dans le registre animé) The Plague dogs et Charlie valent infiniment mieux que la saga Beethoven ou Quatre bassets pour un danois (pour ne pas citer les pires). Nombre de cinéastes se sont cassés les dents sur l’écueil de l’anthropomorphisme, de la direction d' »acteurs » impossible – malgré le talent des dresseurs -, et la « vraisemblance » de l’intrigue. Mais, semble-t-il, de tout cela, on s’en moque en France.
Souvenez-vous de Hercule et Sherlock: imaginez au début des années 90 des producteurs aussi bourrés que des étudiants rennais faire le pari idiot de tourner un film avec Christophe Lambert, Richard Anconina et des chiens – le tout par le brave Jeannot – Les Dents de la mer 2ème partie – Szwarc! Et, là, le réveil façon Very bad trip
Le projet Boule et Bill ne peut même pas se targuer de cette hypothétique blague idiote qui tourne mal, mais juste du cynisme du cinéma français commercial abusant du tax shelter belge sous prétexte culturel d’un axe Paris-Bruxelles du neuvième art. Les blockbusters Astérix, Lucky Luke and co ne sont-ils pas la réponse de Gaumont-Pathé-UGC aux Avengers en Imax? La comparaison entre les colosses de Stan Lee et, en l’espèce, les petits héros de Jean Roba pourrait sembler hors de propos. Or, il suffit de quelques plans de Boule et Bill 2 pour comprendre le problème. Et il est formel. Comment, en 2017, l’exploitation d’une « licence » peut-elle se résumer pour ses spectateurs à des champs/contrechamps (tout sauf poétiques) sur un gosse et son toutou dont on tente coûte que coûte de nous faire croire qu’il a la voix de Manu Payet? Les prises de vue réelles peuvent-elles fonctionner sur le spectateur qui aura justement vu, dans le même film, quelques bidouillages numériques (pas très réussis)?
L’existence de films à la Comme chiens et chats, montrant des animaux qui parlent « réellement » grâce aux effets spéciaux, rend complètement à côté de la plaque le procédé à la Vidéo-gags période Bernard Montiel. Surtout avec des dialogues quelque part entre les galéjades de Nicolas Canteloup et la trilogie Allô maman, ici bébé. Certains objecteraient que le film joue la carte disons « vintage », avec ses décors et looks années 60-70. Mais, à côté, la stylisation des épisodes déjà pas glorieux du Petit Nicolas et de L’Élève Ducobu ont des airs burtoniens grande époque!
Dès lors, à quoi bon s’acharner à dézinguer un scénario d’une faiblesse inouïe – qui, ironie involontaire, parle justement du manque d’inspiration d’un créateur -, et dont chaque gag est plus paresseux que le précédent? Les comédiens semblent d’ailleurs à peine s’amuser, sauf lors de quelques petits clins d’œil aux Bronzés font du ski (« vous êtes en train d’uriner sur ma voiture ») ou à Camping (souvenez-vous des fesses de Mathilde Seigner…). Une fois encore, Franck Dubosc n’aura pas trouvé le grand rôle qu’il mérite – enfin, il le savait, ayant déjà donné dans le premier volet… En lieu et place du duo Alexandre Charlot-Franck Magnier, c’est le yesman Pascal Bourdiaux (réal d’Un gars, une fille, à qui l’on doit le pas si honteux Fiston, mais aussi le méga-naze Le Mac) qui fait le boulot sans la moindre inspiration, laissant à sa monteuse Audrey Simonaud le soin de rendre l’ensemble un minimum présentable.
On espère que Boule et Bill 2 aura permis à des intermittents du spectacle en galère d’avoir pu faire leurs heures sans se fouler et aura donné malgré tout envie à quelques gamins de découvrir les chouettes albums de Jean Roba. Qui, même un peu datés, ne jouent évidemment pas la carte du réalisme et n’en sont dès lors que plus crédibles. Au fait, quelqu’un aurait le DVD de Top dog à me passer?

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