Critique

Published on décembre 6th, 2017 | by Jean-François Madamour

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[CRITIQUE] BIENVENUE À SUBURBICON de George Clooney

[CRITIQUE] BIENVENUE À SUBURBICON de George Clooney Jean-François Madamour

Palme du film inutile de 2017

Summary: Date de sortie 6 décembre 2017 (1h 44min) / De George Clooney / Avec Matt Damon, Julianne Moore, Noah Jupe / Genres Policier, Comédie / Nationalité américain

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Bienvenue à Suburbicon. Suburbicon est une paisible petite ville résidentielle aux maisons abordables et aux pelouses impeccablement entretenues, l’endroit parfait pour une vie de famille. Durant l’été 1959, tous les résidents semblent vivre leur rêve américain dans cette parcelle de paradis. Pourtant, sous cette apparente tranquillité, entre les murs de ces pavillons, se cache une réalité tout autre faite de mensonge, de trahison, de duperie et de violence…

Tendance gros bunker. George Clooney cinéaste aura donc été une promesse non tenue. Si Confessions d’un homme dangereux (2002) avait fait illusion en son temps, ses films suivants auront déçu tous nos espoirs de fulgurante trajectoire de réalisacteur à la Warren Beatty. Il ne reste plus rien à attendre du tout de Clooney après le visionnage de ce polar timoré qui se déroule dans une Amérique raciste des années 50. C’est adapté d’un scénario des frères Coen mais on passe 1h45 à voir Clooney singer les Coen, sans un gramme d’ambition pour lui comme pour le spectateur. Principalement parce qu’on voit dès la première minute là où il veut en venir, avec cette idée pas neuve du tout de nous parler du passé pour mieux parler du présent. On veut bien que l’idée de ce Suburbicon (au fond aussi pataud que son titre) ait mûri en écoutant les discours de campagne électorale de Donald Trump sur «la construction de murs et les minorités», mais que nous révèle-t-il de réellement subversif sur le rêve américain faisandé? Rien. Avec une paresse de chaque plan, Clooney déroule sans heurts, ni aspérités deux histoires parallèles dans une petite banlieue blanche de la fin des années 50, rêve américain des classes moyennes, abordable et supposé parfaitement sûre. Ainsi, une famille blanche va être engloutie dans un enchaînement tragi-comique de crimes. Une famille noire, la première à venir s’installer dans ce paradis terrestre, va subir immédiatement les harangues inquiétantes d’une population prête à la lyncher. Et le seul souffle d’optimisme dans cette Amérique qui n’a jamais abordé pleinement ses préjugés racistes nés de l’esclavage, où des Blancs ont encore l’impression de perdre leurs privilèges consiste à voir les petits garçons des deux familles jouer ensemble au baseball. Niveau cui-cui la praline et politiquement correct à balles-deux, on atteint les cimes. Alors, certes, Matt Damon a bien la possibilité de jouer le méchant sous l’apparence d’un Américain Coenien, moyen, binoclard, bedonnant. Mais ce genre contre-emploi souffre de désuétude – en gros, comme si Clavier jouait un méchant dans une comédie française – et tout le monde s’en bat l’œil.

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