Critique

Published on septembre 12th, 2017 | by Jean-François Madamour

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[CRITIQUE] BARRY SEAL: AMERICAN TRAFFIC de Doug Liman

[CRITIQUE] BARRY SEAL: AMERICAN TRAFFIC de Doug Liman Jean-François Madamour

Putain 2 heures!

Summary: Date de sortie 13 septembre 2017 (1h 55min) / De Doug Liman / Avec Tom Cruise, Sarah Wright, Domhnall Gleeson / Genres Biopic, Thriller, Policier / Nationalité américain

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Faut-il encore espérer quelque chose de Tom Cruise au cinéma? L’histoire vraie de Barry Seal, un pilote arnaqueur recruté de manière inattendue par la CIA afin de mener à bien l’une des plus grosses opérations secrètes de l’histoire des Etats-Unis. Based on a true story donc, comme on dit.

Pilotage automatique. Trois ans après le déjà peu emballant Edge of Tomorrow, la star Tom Cruise retrouve le faiseur Doug Liman pour un long métrage palpitant comme une émission de débat présenté par Sophie Davant. Le récit est basé sur les exploits incroyables mais vrais de Barry Seal, un pilote arnaqueur recruté par la CIA afin de mener à bien l’une des plus grosses opérations secrètes de l’histoire des États-Unis. L’argument, dément, suffit presque à donner envie de se rendre dans une salle de cinéma et de bouffer un Esquimau: dans les années 1980, Barry Seal était un ancien pilote de la TWA, devenu trafiquant de drogue. Il a par la suite été recruté par la Drug Enforcement Administration (DEA) afin de lui fournir des renseignements. Et comme toujours dans les histoires bigger than life, on rebondit façon feuilleton. Mais alors, pourquoi on ne se passionne guère davantage pour toutes ces pérégrinations? Parce que Doug Liman n’est pas un cinéaste qui donne envie de tomber de son siège et que, par-dessus tout, il n’est pas Coppola ni Scorsese, encore moins un grand.
Bien sûr, s’il tente quelque chose formellement en mélangeant les époques, en superposant l’intime (les séquences domestiques, les apartés face caméra…) et l’épique (les séquences aériennes, les crashs miraculeusement évités), Doug Liman exécute tous ces pirouettes en enchaînant les plans tel un fonctionnaire, en pensant au film suivant. Et, face à cet enchevêtrement de plans éteints, le spectateur, lassé du manque de confiance à son endroit, n’oublie jamais de trouver le temps long (plus de 2 heures quand même). Le comble pour un récit édifiant qui joue volontiers de la connivence avec lui. Reste Tom Cruise, toujours une énigme, qui assure le spectacle avec une énergie infectieuse, tout en gesticulations autoparodiques et en digressions gaguesques (il perd une dent ah ah!, il montre ses fesses à ses enfants oh oh!), trimballant en sourdine une fatigue inhérente à son image publique: la star fatiguée de ressembler à elle-même. Inutile de préciser que Cruise a intégralement supervisé ce projet pour y trouver un peu de lui-même et c’est pour cette raison qu’au cinéma, à travers les plans, on en apprend toujours plus sur lui. C’est tout un art. Un art de haut vol.

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Ours plumitif.



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