Critique

Published on avril 9th, 2018 | by Thierry Conte

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[CRITIQUE] ABRACADABRA de Pablo Berger

[CRITIQUE] ABRACADABRA de Pablo Berger Thierry Conte

Surprise sans surprise

Summary: Date de sortie 4 avril 2018 (1h 33min) / De Pablo Berger / Avec Maribel Verdú, Antonio de la Torre, José Mota / Genres Comédie dramatique, Fantastique, Thriller / Nationalités espagnol, français

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Magie magie. Carmen est mariée à Carlos, un conducteur de grue macho, fan de foot, qui ne lui prête plus guère attention. Après une séance d’hypnose dont il est le cobaye pendant un mariage, Carlos devient le parfait époux. Quelque chose a changé!

Tant d’efforts pour si peu de galvanisation, il y aurait de quoi enrager. Autant le dire tout de suite: on avait adoré Blancanieves, le précédent long métrage de Pablo Berger, qui racontait l’histoire d’une simili-Blanche Neige rencontrant une troupe de nains toreros et confrontée à une méchante belle-mère. Film muet et tourné en noir et blanc, dynamité par la musique et des effets de montage, ce pastiche poétique emballait franchement. Les espérances sur le film suivant étant fortes, la déception ne pouvait qu’avoir lieu. Primo parce qu’avec cette affaire d’hypnose cocasso-fantastique qui raconte comment le corps d’un mari macho est possédé par l’esprit d’un tueur en série suite à une séance d’hypnose et qui prétend dénoncer en creux une société machiste dans le Madrid actuel, Berger ne ravive pas le miracle et, sous couvert de jouer les inclassables mélangeurs de genres (comédie, horreur…), finit hélas par se prendre les pieds dans le tapis, sans trouver un équilibre réellement satisfaisant entre dimension fantastique espérée et satire sociale attendue. C’en est même probant en comparant juste Blancanieves et Abracadabra. Alors que le premier donnait l’illusion d’un cinéaste-cinéphile revisitant les origines du cinéma de façon moderne et virtuose, réactualisant l’amour des freaks à la Tod Browning et imposant une sensibilité propre, Abracadabra nous le présente soudain comme un cinéaste-pantouflard à l’humour fatigué et fatigant courant après l’humour dévastateur d’un Alex de la Iglesia (auquel on pense beaucoup). Le plus grand paradoxe de la part de Berger, c’est que nous sommes ici sur les rails de la comédie fantastique ibérique, à la fois exotique et vaguement insolente, plutôt vive pour faire l’affaire pour séduire en Espagne (les idiosyncrasies sont nombreuses) comme à l’étranger mais ce n’est jamais assez pour provoquer notre enthousiasme délirant. Et c’est franchement dommage pour l’abattage de ses sympathiques comédiens plutôt bons (Maribel Verdu déjà dans Blancanieves, Antonio de la Torre, Jose Mota). Bref, c’est jamais honteux, non, mais jamais remarquable.

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Je me lève, je respire, je vis, je dors, je ris, je pleure cinéma. Donc je le critique. Avant au PLUS. Maintenant sur CHAOS REIGNS. Pour toujours.



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