Critique

Published on novembre 7th, 2017 | by Thierry Conte

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[CRITIQUE] A BEAUTIFUL DAY de Lynne Ramsay

[CRITIQUE] A BEAUTIFUL DAY de Lynne Ramsay Thierry Conte

Attention au marteau

Summary: Date de sortie 8 novembre 2017 (1h 25min) De Lynne Ramsay / Avec Joaquin Phoenix, Ekaterina Samsonov, Alessandro Nivola / Genres Thriller, Drame / Nationalités britannique, français, américain

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Old Boy 2 le retour. La fille d’un sénateur disparaît. Joe, un vétéran brutal et torturé, se lance à sa recherche. Confronté à un déferlement de vengeance et de corruption, il est entraîné malgré lui dans une spirale de violence…

Film profondément étrange, et donc profondément séduisant. En sortant de la salle, on ne sait pas trop quoi penser de A Beautiful Day de Lynne Ramsay. Pas étonnant tant le film dérange en même temps qu’il rassure, déroute en même temps qu’il séduit. Et s’il provoque ces sentiments contradictoires en même temps, c’est aussi grâce à son acteur monstre Joaquin Phoenix, à la fois là et pas là, présent et imparfait, ours et fantôme. Il est impec revenu des enfers en ancien militaire dont les premiers traumatismes remontent à une enfance placée sous le sceau de la violence. Rapidement dépassé par les événements lorsqu’il doit exfiltrer une adolescente d’un réseau de prostitution, il se retrouve entre le marteau et l’enclume, son instinct de survie freinant malgré lui sa descente aux enfers – le marteau symbolisant la sauvagerie qui hante le personnage de Phoenix: prolongement du bras punitif de son père, l’outil est devenu son arme favorite de vengeur urbain.
Vu le synopsis, on a quand même un peur du Bronson movie bas du front mâtiné de Old Boy saumâtre. Mais on a confiance en les investigateurs d’un pareil projet: étant donné que l’acteur n’a jamais été mauvais dans un film (ou alors, éclairez-nous), il demeure cette promesse, ce gage de qualité du mec taiseux qui a l’art d’être intense avec un minimum d’effets. Et connaissant le caractère de sa réalisatrice dont on avait aimé les premiers films radicaux et onirico-erratiques (Ratcatcher, Le Voyage de Morvern Callar), on peut se dire que potentiellement ces deux-là pouvaient faire des étincelles. Miracle: c’est le cas. Affublé d’une longue et épaisse barbe poivre et sel, avançant d’un pas lent quasi spectral, Joaquin glace le sang. Le film lui doit beaucoup mais il ne lui doit pas tout. A Beautiful Day ne se résume pas à une perf d’acteur super bien dirigé. Le cul entre deux chaises (le trash et le arty, la psychologie sommaire et le montage elliptique misant sur l’intelligence de celui qui regarde), le film de Lynne Ramsay s’en tire malgré tout bien, échappant aux détestables, par le bon regard de sa réalisatrice, par l’art de son montage et par sa capacité expérimentalo-sensorielle à créer un univers sonore impactant. Les plus sourcilleux diront que ça reste du Lodge Kerrigan aux petits pieds (Keane, Clean, Shaven), ça n’en reste pas moins du bon cinéma chaos.

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Je me lève, je respire, je vis, je dors, je ris, je pleure cinéma. Donc je le critique. Avant au PLUS. Maintenant sur CHAOS REIGNS. Pour toujours.



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