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Published on décembre 11th, 2015 | by François Cau

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Communiqué CHAOS du collectif Péremptoire

AAAAAAQuoi de moins chaos que l’association Promouvoir, aka le bully moralisateur et procédurier de la Commission de Classification? Face à ses multiples attaques sur notre cinéphilie, le temps est venu de réagir.

André Bonnet, l’avocat zélé de l’association Promouvoir, évoque en interview le cas de cette pauvre enfant à l’âge indéfini, affectée de maux de ventre après avoir vu La Vie d’Adèle. Sa mère a dû aller la chercher à l’école trois fois, une histoire pas possible. Ça m’a rappelé les cauchemars que j’ai fait après être allé voir Highlander 2 tout seul. Ouais, Highlander 2. Ceux après le Zombie de Romero, L’Au-delà de Fulci ou le seul et unique Face à la Mort que j’ai osé louer (le 2, avec le visage explosé sur la jaquette). Je me suis souvenu de ma perplexité juvénile devant les téléfilms érotiques de la 5, de mon effroi devant mon premier porno. Et je m’en suis sorti, putain. Je suis devenu ce bloc d’imperméabilité face aux images qui n’a eu besoin de ne prendre qu’une seule douche en position fœtale après A Serbian Film.

ADELE

Je ne sais pas ce qu’est devenue la jeune spectatrice de La Vie d’Adèle, j’ignore même si elle existe vraiment, je lui souhaite en tout cas une bonne convalescence. Je sais ce que c’est, ma grande, les images restent, elles te troublent, tu ne peux même plus écouter deux secondes de Follow Rivers sans être prise de hauts-le-cœur, mais ça s’arrange. It gets better, je te le jure. Tu t’en sor-ti-ras. Deux conseils cependant : essaie de t’aventurer le moins possible sur le web, et si d’infortune tu en venais à recroiser des images aussi traumatisantes, petite astuce transmise de génération en génération chez les professionnels de la profession, ARRÊTE DE REGARDER.

Ce qui est bien avec Promouvoir et son porte-parole d’avocat, c’est que ces gens vivent dans la France d’avant. Plus précisément, ils vivent en 1975, quand les cinémas érotiques et pornographiques squattaient un bon tiers des écrans français avant que la loi X ne marginalise cette chienlit trotsko-sodomite sans dieu. Pourquoi c’est bien ? Parce qu’ils ne connaissent pas les jeux vidéos, les comics ou les mangas – par pitié, que personne ne leur en parle -, et n’ont qu’une vague idée du potentiel de nuisance d’Internet. Ils sont intimement persuadés que le cinéma peut changer le monde, ce qui serait charmant s’ils n’essayaient du coup de le faire taire, persuadés que, dans l’ombre, un complot sourd pour rendre les avis de la Commission de Classification les plus permissifs possible.

Là où ça devient pénible, c’est que l’association ne s’intéresse qu’à des films essentiellement marginaux, à l’exception de La Vie d’Adèle. La Palme d’Or 2013 a atteint le million d’entrées, soit autant que Bananes Mécaniques de Jean-François Davy 40 ans plus tôt. Coïncidence ? Oui, totalement. Quand on écoute André Bonnet, les films visés par Promouvoir sont partout, tout le temps, à l’affiche de toutes les salles de tous les cinémas de France. Les rares gamins à être passés entre les gouttes sont forcés d’y aller plusieurs fois d’affilée sous la pression sociétale, attachés à leur siège, les yeux écarquillés par des dispositifs à la Orange Mécanique. La Vie d’Adèle aurait ainsi pour vocation première de convertir les âmes sensibles au saphisme, sans qu’on ne leur laisse le choix – une analyse du film partagée par Alain Soral, dont le nom de baptême est… Alain Bonnet. Coïncidence ? Allez savoir, au stade où nous en sommes.

La lecture de la société française par l’association Promouvoir est celle d’une dictature libertaire, où tout le monde cherche à jouir sans entraves dans la pupille de son voisin. Au collectif Péremptoire, nous pensons au contraire vivre dans une France plutôt très à droite, où nos films les plus dérangeants, déjà suffisamment ostracisés, sont attaqués sous de pernicieux prétexte jusqu’à ce que mort commerciale s’ensuive. Si ça peut rassurer André Bonnet, j’ai vu Nymphomaniac 2 dans une salle pourrie, projeté dans le mauvais format, et la seule personne vaguement choquée par le film fut un petit vieux venu se rincer l’œil (je l’ai reconnu du temps où j’étais caissier dans un autre cinéma, il venait voir tous les Larry Clark trois ou quatre fois).

keski

C’est donc pour un nécessaire équilibre des forces que le collectif Péremptoire exige l’interdiction aux moins de 18 ans du film de Philippe de Chauveron Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu?. Déjà parce qu’on nous a rapporté l’histoire d’un enfant qui aurait souffert de puissantes démangeaisons dorsales suite à une vision du film. Ensuite, parce que nous aurions tous pu assister à une séance avec une jeune pousse du 3e millénaire, vous savez, cette progéniture hagarde et susceptible de ressentir un puissant stress post-traumatique au moindre téton dévoilé, préservée dans une bulle vidée de toute contradiction politique. Dès lors, comment lui expliquer rationnellement les ressorts comiques du film?

– Mais… qu’est-ce que… pourquoi…
– Tu sais, Jean-Edern, certaines personnes pensent vraiment que les Asiatiques sont forts en calcul / que les Arabes sont des voleurs qui passent leur temps à fumer du shit / que les Juifs aiment l’argent.
– Ah… et… c’est drôle ?
– Je ne sais pas, Jean-Edern. Je ne sais plus…

Tout comme Promouvoir, nous préférons interdire plutôt qu’avoir une discussion avec un enfant.

Rejoignez-nous dans ce combat en signant la pétition.

Amour et compassion cependant.

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Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



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