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Published on mars 20th, 2017 | by CHAOS REIGNS

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LE CINÉMA GRINDHOUSE EST-IL CHAOS?

Dans les années 60-70, les Grind House étaient des petits cinémas de quartier qui diffusaient toute la nuit des films d’exploitation (blaxploitation, sexploitation, kungfuxploitation, nunsploitation), certaines compagnies de productions allant jusqu’à faire des double films spécialement pour l’événement. Quentin Tarantino les a régulièrement remis au goût du jour jusqu’au pastiche (Boulevard de la mort) avant que ledit genre redevienne pollué par de nombreux ersatz. Pour autant, voici une sélection de films rares et potentiellement chaos qui convoquent l’esprit Grindhouse et qui attisent notre curiosité, après les interventions de nos invités Nicolas Winding Refn et Frank Henenlotter…

NICOLAS WINDING REFN
L’année dernière, Nicolas Winding Refn présentait une hallucinante collection de 316 affiches de films oubliés du «cinéma d’exploitation» (sale, interdit, dérangeant, érotique, violent; tout ce qu’on aime) des années 1960/70 et continuait sa noble ambition d’ériger le mauvais goût en art majeur.

Nicolas, avez-vous vu les films érotiques et violents dont vous reproduisez les affiches?
Nicolas Winding Refn: Non, la plupart des films sont perdus, j’ai dû en voir 5 en tout. Je crois que 40% des films sont quand même disponibles chez Something Weird Video. Mais le reste, c’est-à-dire les 60%, sont perdus à jamais. J’ai appris que The Nest of the cuckoo birds (1965), que l’on pensait perdu, a récemment été retrouvé. Une fois que je quitte la France, je pars à sa recherche, en espérant le voir et découvrir quelque chose d’unique comme lorsque j’avais découvert les films d’Andy Milligan. Je sais que pas grand-monde n’approuve son cinéma mais moi, j’aime vraiment beaucoup. Ses films ne sont pas bons mais ils sont uniques et ça rappelle à n’importe quel esthète que rien ne peut être de bon goût. Pour finir sur Milligan, j’aimais beaucoup qu’il se batte avec sa sexualité au moment de filmer. Il est mort dans les années 80 du sida sans obtenir la moindre reconnaissance, son parcours me bouleverse un peu. Il y a tellement de cinéastes que je trouve sous-estimés comme Curtis Harrington, le réalisateur de Night Tide (1963), avec Dennis Hopper, qui mériterait une reconnaissance.

Est-ce que vous vous souvenez d’affiches de films que vous découvriez au video-club et que vous trouviez stimulantes?
NWR : Je me souviens des Evil Dead ou de films complètement tarés comme les Face à la mort. Bon sang, les Face à la mort… Quand vous étiez jeune et que vous alliez au video-club c’était une époque où vous aviez envie de vous perdre en regardant un film qui surpasse votre sauvage imagination. Bien entendu, ça ne correspondait jamais à vos fantasmes mais vous espériez toujours, secrètement. Il y a toujours un film dégénéré de cette période, à découvrir. C’est pourquoi vous ne devez jamais oublier votre passé. Votre passé est aussi intéressant que votre futur.

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FRANK HENENLOTTER
Le réalisateur de Basket Case a vu beaucoup beaucoup beaucoup de films Grindhouse chaos. La preuve.

Quelles ont été vos grandes découvertes au moment où vous avez créé la collection «Something weird video»?
Frank Henenlotter: Tout ce qui tient de la sexploitation. Je n’ai pas grandi avec ses films et en fouillant dans les archives, j’ai découvert des choses hallucinantes. Pour commencer, ces films n’étaient pas réalisés par des cinéastes mais par des mecs qui louaient une caméra et qui se persuadaient que des filles seraient prêtes à montrer leurs seins. Ils ne faisaient pas ça pour l’art mais pour le vendre. Et puis, c’est rudimentaire. L’intrigue d’une sexploitation est simple, ça consiste à montrer des nichons à l’écran. Il y avait à chaque fois quelque chose qui me faisait halluciner et j’avais envie de demander aux gens autour de moi s’ils hallucinaient eux-aussi devant ces films. Je pense par exemple à un film homophobe de Floride qui disait du mal des homos mais qui, en même temps, s’avérait quelque peu attiré par le personnage masculin joué par un acteur efféminé. Dans une scène, il se faisait violer à l’arrière d’une voiture et perdu sur la route, il se trouvait près d’un culte démoniaque qui le rejetait parce qu’il avait été violé par des homos et que grosso modo ça pouvait les contaminer. Clairement, le mec qui a fait ce film avait un problème. Le personnage masculin s’échappait du culte comme une femme s’échappant dans les marchéages dans les films d’horreur. Sauf qu’ici, c’est un mec se roulant dans la boue dans un petit short blanc. Non seulement l’acteur l’a fait délibérément mais le cinéaste a pris plaisir à le filmer. Ce qui est très bizarre pour un film anti-gay. Et évidemment, dans le groupe satanique, figure une lesbienne repentie. Ce sont les joies de l’exploitation. Je prie pour retrouver d’autres films comme ça.

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Retrouvez dans les pages suivantes les films Grindhouse chaos

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