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Published on mars 5th, 2018 | by Jeremie Marchetti

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[LE CHOC DE LA SEMAINE] LES AFFAMÉS de Robin Aubert

Dans un village, les choses ont changé. Certains habitants ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils se mettent à attaquer leurs familles, leurs amis, leurs voisins… Une poignée de survivants s’enfoncent dans la forêt pour leur échapper. Par le fruit d’un immense hasard, les deux plus surprenants films de zombie vus depuis longtemps sont francophones: alors que le parisien La nuit a dévoré le monde débarque ce mercredi dans les salles, le québecois Les affamés investit tout en douceur Netflix, après un passage remarqué au dernier Festival de Gérardmer, où il est reparti avec le prix du jury (ex-æquo avec Les bonnes manières). Niveau timing, c’est ad hoc. Ce qui est curieux aussi, c’est de voir les deux énergumènes approcher le thème du zombie avec un mélange de distance et d’humour très éloigné des standards américains, puisque le continent s’échine à nous servir du macchabées ambulants à toutes les sauces, même les plus indigestes. Si le premier long de Dominique Rocher s’avère sans doute plus adroit et surprenant en bien des points (et non ce n’est pas du chauvinisme!), il serait dommage de zapper cette excursion horrifique venue du pays de la poutine, dont les derniers grands titres du genre remontent à 5150 rue des Ormes et Martyrs (eh oui!). Ce qui frappe dans le troisième long-métrage de Robin Aubert, ce n’est pas forcément son scénario opposant quelques âmes errantes, dont Marc André Grondin qui a fini de ressembler à Gaspard Ulliel et l’égérie Dolanienne Monia Chokri à contre-courant, à des contaminés voraces dans la forêt canadienne, mais bien son atmosphère teintée d’une aura fantastique bienvenue. Campagne de plomb et cris enragés au loin: entre quelques mises à morts bien juicy, Aubert se sert de son décor comme un personnage à part, un gigantesque fantôme de maisonnettes désolées et d’arbres drus. On se surprend à être tiraillés entre la peur – la vraie – et une mélancolie bizarroïde, avec ces silhouettes raides comme des piquets hantant les champs et les portails des maisons, constellant le film d’images bizarres et obsédantes. Le tout se décrispant à l’occasion avec un running-gag tordant, se servant du jumpscare de la seule manière valable: pour stimuler le rire et non l’effroi. Si on aime voir un tant soit peu des zombies hurleurs se faire défoncer sur fond de Marjo et une supériorité de personnages féminins (pour une fois), on peut regretter une histoire se débinant vers une issue plus classique, faisant davantage ressembler le métrage à un épisode de The Walking Dead en moins puant. Les saillies visuelles finales, tirant presque vers le trip surréaliste, manquent presque de déboulonner l’ensemble. Mais l’expérience, attachante et assez troublante, en vaut la chandelle. [Les Affamés, disponible sur Netflix]

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Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



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