CHAOS 2.0

Published on janvier 6th, 2018 | by François Cau

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CHAOSRAMA épisode 41

Les choses vues de la semaine ne perdent pas leurs bonnes habitudes en 2018 et se classent toujours de la pire à la meilleure, non sans une certaine abnégation à même de séduire une frange un peu triste de l’électorat hamoniste.

Overdrive d’Antonio Negret

OK, l’expérience Scott Eastwood est un échec complet, autant arrêter tout de suite, ça n’a pas de sens. Je veux dire, quand Kaaris joue mieux que toi en anglais, il est temps de plier les gaules, prendre du recul, partir pendant minimum 34 mois dans un endroit reculé sans médias, sans connexion Internet. S’entraîner à faire plus de quatre ricochets successifs. Ecouter le vent frémir dans les palétuviers. Respirer, putain. Revenir. Jouer dans une merde, parce qu’on ne se refait plus. Recommencer.

Hitman & Bodyguard de Patrick Hughes

Franchement, la dynamique relationnelle entre Salma Hayek et Samuel L. Jackson, couple le plus improbable du monde et fier de l’être, valait totalement la peine d’être filmée. Pour le reste, tout verse beaucoup trop dans les clous de la comédie d’action random limite méta comme il en pullule un petit peu moins au vent mauvais ces derniers temps. Ryan Reynolds peut être drôle, mais pas suffisamment pour faire tenir un film debout.

Calls saison 1

La Creepy Pasta est-elle l’avenir du cinéma d’horreur ? Une série sans images n’est-elle pas de la fiction radio, au fond ? Un petit malin peut-il à lui seul renouveler des récits éculés avec pour seule force son high concept ? Ne serait-il pas temps que la dictature du twist cesse enfin son règne de terreur ? Le Studio Bagel sauvera-t-il le cinéma de genre français ? Calls mérite-t-elle d’être vue / entendue ? Réponses, dans l’ordre : c’est bien possible / pas vraiment vu qu’il y a quand même deux trois effets visuels sympas / et bah écoutez pour le coup oui / mais si grave PUTAIN / rien n’est moins sûr mais bon courage les gars / et oui, définitivement, oui.

A Gray State de Erik Nelson

Que les choses soient claires : le documentaire ne résout nullement un quelconque mystère autour de la mort du protagoniste et de sa famille. Sa visée se révèle autrement plus ardue : s’éloigner du sensationnalisme (le montage d’un blockbuster indépendant conspirationniste) pour défricher la profonde tristesse à l’œuvre sur toutes les strates de cette histoire désespérée. Du traumatisme d’un réenlisté de force à son passage à l’acte (pardon camarades complothéoriciens, « supposé » passage), le parcours dessiné exhale surtout une profonde détresse, un déni, une colère. Il autorise le deuil que le complot confisque.

Que dios nos perdone de Rodrigo Sorogoyen

A quelques incompréhensibles errements scénaristiques près, un polar rugueux hautement recommandable, incarné avec une force peu commune à même de soulever des montagnes d’incrédulité. Rodrigo, considère-toi surveillé, petit chenapan.

Une vie violente de Thierry de Peretti

Le polar politique français le plus cinématographiquement stimulant depuis Le Grand Jeu de Nicolas Pariser, avec tous les défauts des œuvres commando (figurants qui regardent la caméra, dialogues pas toujours très heureux) mais surtout les énormes qualités. Il y a dans Une vie violente un équilibre hypnotique entre l’apparente sécheresse de la mise en scène et la précision du dispositif scénaristique, un élan dingue pour suivre ses personnages au bout de leurs parcours cabossés. De Peretti pourrait filmer le bilan de compétence d’Hugo Clément à sa 33e année chez Konbini et rendre l’expérience fascinante visuellement et moralement.

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Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



One Response to CHAOSRAMA épisode 41

  1. ChatonPute says:

    Chaosrama est non seulement super bien écrit mais aussi par une personne de bon goût visiblement !
    Merci pour la découvete Que dios nos perdone.

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