CHAOS 2.0

Published on décembre 23rd, 2017 | by François Cau

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CHAOSRAMA épisode 39

A Noël dernier, je t’ai donné mon cœur, pour celui-ci, voilà une sélection de choses pas très ragoûtantes vues cette semaine, classées de la pire à la « meilleure ».

Rattrapage de Tristan Séguéla

Le redoutable réalisateur de 16 ans ou presque baisse encore d’un cran, avec pour excuse cette fois-ci le cadre d’un festival de musique électronique, odieux prétexte au déploiement d’un montage ronge-crâne entrecoupé de césures rythmiques à l’hémistiche de la tolérance narrative – voir la scène quasi finale de l’oral de philo, interminable moment de gêne douloureuse. La comédie française en est néanmoins arrivée à tel un point de non-retour qu’il faut bien reconnaître un semblant de complémentarité plutôt sympatoche entre les quatre comédiens et un taux de racisme de seulement 0,5 sur l’échelle d’A bras ouverts. Ça n’a l’air de rien, mais en 2017, c’est une belle perf.

Bright de David Ayer

Après Suicide Squad, il semble assez évident que Will Smith et David Ayer ont décidé de saborder leur carrière ensemble, entre bros de très mauvais goût. Sinon, pourquoi mettre en images le script infâme de cet irrattrapable tocard de Max Landis, avec ses dialogues clichés à se fouetter le dos en cadence sur le refrain de I’m A Scatman, et son univers idiot, qui n’arrive tellement pas à exister qu’il se retrouve obligé d’expliquer ses codes grotesques en permanence ? Le terme Bright, dans la cosmogonie relou du film, désigne des élus capables de jouer de la baguette magique pour contrecarrer le Dark Lord, un grand méchant battu 2000 ans en arrière. En anglais, l’adjectif signifie également malin, intelligent, ce qui en fait le vainqueur par KO du titre le plus involontairement ironique de l’année.

Annabelle 2: la Filiation du Mal de Guillaume Galienne

Connaissez-vous Anthony LaPaglia ? Un excellent acteur australien, absolument monstrueux dans le méconnu Lantana, sur qui votre mère avait un petit crush inavouable à chaque diffusion de FBI Portés Disparus. Ces derniers temps, Anthony baby se traînait, nonchalant, dans des trucs comme Revenger de Walter Hill, que vous n’avez toujours pas vu malgré une double recommandation de mauvais aloi sur ce même site. Ici, il cachetonne, tristoune, avant de crever aux deux tiers du film après s’être fait péter tous les doigts par une méchante, méchante poupée. Pardon, spoiler, mais on s’en fout : Anthony se transforme peu à peu en Sad Tonio. Empêchons-le d’aller jusqu’au bout du renoncement, nions ce film, son titre exact, son réalisateur, son principe-même.

La Tour sombre de Nikolaj Arcel

Il y a une scène plutôt drôle dans laquelle Idris Elba, en plein coltar dans un bus newyorkais, regarde deux teenagers glousser sur leur téléphone portable. Il les toise avec son petit regard dans les vapes et leur sort son expression totem, « Tu as oublié le visage de ton père ». Le film est pire que nul, anodin (alors qu’il s’agit tout de même de l’adaptation tant attendue de l’œuvre la plus emblématique de Stephen King), mais cette réplique me reste. Un peu comme quand l’inénarrable Jean-Marie Pallardy m’avait dit au téléphone qu’il viendrait avec le même bombers rouge et le même pull Lacoste en V rose pour les raccords de la deuxième session d’interview, que je lui avais répondu, pris au dépourvu, « c’est gentil », et qu’il m’avait interrompu en disant « Je t’arrête tout de suite : c’est pas gentil, c’est professionnel ». « Tu as oublié le visage de ton père », « C’est pas gentil, c’est professionnel ». Emparez-vous de ces expressions, répandez-les, par esprit de Noël.

Sleepless de Baran Bo Odar

Un remake de Nuit Blanche par le réalisateur de la série Dark, avec un Scoot McNairy délicieusement badass et une baston correcte entre Michelle Monaghan et Jamie Foxx, autant d’éléments à la solidité circonstanciée, à même de garantir une ferme seconde place dans le classement hebdomadaire. Et l’oubli absolu dans les trois mois.

Atomic Blonde de David Leitch

Transposer le délire John Wick en pleine Guerre Froide avec une Charlize Theron complètement agressive-agressive, une BO nostalporn et un plan-séquence de malade ? On y a tous tellement cru. On est tous faibles. On a tous foi en des promesses non tenues mais cette naïveté nous fait encore tenir debout, nous donne envie de croire en 2018 et en Bad Boys 3, notamment. Et vous savez quoi ? Je nous aime pour ça. Venons là que je nous embrasse sauvagement contre un arbre comme si c’était 2002 et qu’on écoutait de la techno en forêt.

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Défendra L’Amour Braque sur un champ de bataille.
Mourra donc bêtement.



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